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Le franco-allemand RIOT veut devenir le Linux des objets connectés

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Le système d'exploitation open source RIOT, issu de la recherche académique en France et en Allemagne, a l'ambition de devenir le système d'exploitation de référence des objets connectés.

"Le software est le maillon manquant de la chaine de l'internet des objets". Le diagnostic d'Emmanuel  Baccelli, chercheur à l'Inria, est sans appel. Pour grandir, le monde des objets connectés va devoir se doter de systèmes d'exploitation (OS) universels. Le spécialiste fait le parallèle avec le segment des smartphones pour étayer son argumentation : "Jusqu'en 2007-2008, il ne se passait rien, ou presque. Chacun avait son petit OS, Nokia, Sony, Ericsson, ça avançait à pas de fourmi. Puis tout à coup, deux grands acteurs ont proposé du hardware innovant, mais surtout un OS et une API simple pour que n'importe qui puisse programmer dessus. C'est une vraie révolution qui a changé le marché !"

Un tel big bang est possible pour l'internet des objets, assure le spécialiste, et cette conviction a un nom : RIOT. Emmanuel Baccelli fait partie des créateurs de ce système d'exploitation open source, aux côtés de chercheurs et de hackers. Il a été conçu spécifiquement pour l'internet des objets. Un "Linux" des objets connectés, en quelque sorte.

une interface de programmation très proche de celle de Linux

RIOT ("R" pour "real time" et "IOT" pour "internet of things"), porté depuis janvier 2013 par une communauté open source, a été créé avec le soutien de l'Inria et des universités de Hambourg et de Berlin. L'idée est de bâtir un système d'exploitation adapté à tout type d'objet connecté, quelles que soient leurs caractéristiques techniques. "La plupart des objets déployés jusqu'à présent n'ont pas vraiment d'OS, ou alors le code est très frustre, très dépendant du hardware. C'est du sur mesure, fabricant par fabricant, produit par produit. Au contraire, RIOT peut tourner sur une large gamme d'objets", explique le chercheur. L'OS est capable fonctionner sur des architectures 16 et 32 bits, avec des processeurs ou microcontrôleurs, et se montre très économe en mémoire.

Sur des objets limités à quelques kilooctets de mémoire et ne pouvant donc pas utiliser Linux, RIOT offre des caractéristiques dignes d'un système d'exploitation moderne : capacités temps réel, efficacité énergétique, connectivité réseau IPv6, et une interface de programmation très proche de celle de Linux.

L'arrivée d'OS tels que RIOT, apportant adaptabilité et facilité de programmation, ainsi que les progrès du matériel permettent d'envisager de connecter n'importe quel objet du quotidien beaucoup plus facilement.

RIOT dans la mêlée

Lors du dernier Cebit, rendez-vous de référence de l'électronique à Hanovre, une montre connectée équipée du système d'exploitation open source, en lien avec un processeur Texas instruments, a été dévoilée. L'équipe de RIOT travaille à sceller des alliances avec des industriels. "On a de bons contacts", précise Emmanuel Baccelli, qui juge que RIOT a toutes les cartes en mains pour devenir l'OS favori des constructeurs d'objets connectés, et des développeurs d'applications. "Nous avons les bonnes caractéristiques techniques, la bonne vision du réseau". Ne reste plus qu'à transformer ces belles promesses pour réellement permettre à RIOT (qui signifie "émeute" en anglais) d'en découdre avec les géants de la high tech.

Sylvain Arnulf

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