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Le futur du web sera sexuel ou ne sera pas

Vu ailleurs Insolite Frustrés de tous les pays, réjouissez-vous ! Les technologues travaillent pour vous. Si on en croît deux publications récentes, les prochaines révolutions multiplieront les occasions de soulager votre libido. Avec deux lignes de force : les technologies amélioreront l'expérience utilisateur, de sorte que de plus en plus l'œil ne sera plus le seul organe stimulé. La personnalisation devrait aussi monter en puissance.   
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Le futur du web sera sexuel ou ne sera pas
Avec les innovations qui s'annoncent, l'érotisme façon dix-huitième siècle semble un très vieux souvenir. © Wikimédia Musée du louvre

Le sexe a été un moteur puissant de l’adoption des technologies de l’image. Tous ceux qui ont eu la chance de lire Testament à l’anglaise de Jonhattan Coe (Gallimard, collection Folio) le savent : sans l’érotomanie d’un des personnages persuadés du potentiel du magnétoscope en raison de sa fonction pause qui offrait de "se rincer mieux l’œil". Le rôle du Minitel rose n’est plus à prouver (on peut relire la théorie de l’information d’Aurélien Bellanger, toujours chez Gallimard) dans le développement de la télématique à la française. 3615 Ulla a fait pour l’informatisation des foyers peut-être plus que tous les plans informatiques réunis. Idem pour Internet où diffusion de films pornographiques et rencontres plus ou moins sérieuses, plus ou moins communautaires assurent un trafic conséquent.

 

Rien d’étonnant donc si le très sérieux Fast Company vient de consacrer un article sur les cinq tendances du sexe version high tech, fort élégamment sous-titré how you will f***k in 15 years. Pour ceux qui ne maîtrisent pas la langue américaine, cela donne en français comment vous b……z  dans 15 ans. Il s’agit d’une vision féminine de la question, puisque l’on doit ce texte à Louise Fredbo-Nielsen, futurologue

 

La première tendance qu’elle identifie concerne toutes les avancées technologiques visant à reproduire une sensation aussi proche que possible de celle éprouvée lors de torrides corps à corps. A cet effet le Kiss Transmetter promet de torrides baisers même en l’absence de partenaire. Pour le dire autrement, simuler ne sera plus synonyme d’ennuis devant la contemplation d’un plafond trop blanc, forcément trop blanc.

 

Jamais sans mon sextoy sur mesure

Autre piste débroussaillée par la revue californienne : le sex toy réalisé par vos soins grâce aux imprimantes 3D. Fini la production de masse. L’avenir est à la personnalisation des jouets les plus intimes et peut-être sous l’effet d’une baisse du coût à leur multiplication.

 

On retrouve aussi les potentialités ouvertes par les univers virtuels. Un casque sur la tête et vous voilà plongé dans un monde de sensualité numérique. Le pied (digital forcément) ! En attendant l’arrivée du robot qui réalise tous vos fantasmes, la version 4.0 de la poupée gonflable d’antan.

 

Derrière cette explosion de possibilités pour vivre une sexualité permanente se cache mal une société d’individus de plus en plus incapable de vivre une frustration. Face au risque de refus opposé par l’autre, la technologie et son solutionnisme promettent des plans B, avec une sexualité toujours possible mais mécanisée. L’histoire dira si la frustration n’était pas finalement le combustible indispensable du désir. Ni ce que deviendra le plaisir le jour où le désir aura disparu…

 

L’article de Fast Company peut être consulté ici

 

Après avoir répété que les Barbares attaquent, Nicolas Collin a publié avec Laetitia Vitaud un article sur son blog, réclamant davantage de sexe dans les start-ups. Cet article très complet revient sur l’histoire du lien entre sexe et technologie et sur les développements à venir. Il peut être lu ici

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