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Le gouvernement français ouvre deux fronts pour contrer Netflix

Après Arnaud Montebourg, qui veut faire d'Orange l'alternative française à Netflix, Aurélie Fillipetti évoque des pistes pour contrer le géant américain de la vidéo dans une interview au Figaro.

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Le gouvernement français ouvre deux fronts pour contrer Netflix
Le gouvernement français ouvre deux fronts pour contrer Netflix © Fondapol - Flickr - C.C

Après la carotte, le bâton. A défaut d'avoir convaincu Netflix de s'installer en France et de participer au financement de la création (le service sera finalement lancé à l'automne depuis le Luxembourg, puis via les Pays-Bas dès 2015), la ministre de la culture tente de mettre des bâtons dans les roues du nouvel acteur américain. Le gouvernement français veut travailler sur deux fronts, a confirmé Aurélie Fillipetti au Figaro.

assurer la "souveraineté culturelle et numérique" de la France

Faire émerger une alternative française à Netflix : c'est l'objectif que s'est fixé le gouvernement. Alors qu'Arnaud Montebourg souhaiterait voir Orange prendre la tête de cette fronde (fidèle à sa stratégie de renforcement des télécoms français face aux géants américains du web), Aurélie Fillipetti n'évoque pas un acteur en particulier mais veut travailler à assurer la "souveraineté culturelle et numérique" de la France. Interrogée par Le Figaro, la ministre insiste sur "l'importance de promouvoir et développer l'excellence des acteurs hexagonaux dans le domaine de la vidéo à la demande". Elle souhaite aussi "faciliter l'accès des internautes aux offres légales, en travaillant sur leur visibilité et leur disponibilité", en créant un portail des plate-formes qui contribuent à la création française. Les opérateurs français sont aussi invités à regrouper leurs sites de VOD et de catch-up TV dans une plate-forme commune (comme Hulu aux Etats-Unis), alors qu'aujourd'hui, TF1, M6 et France Televisions, pour ne citer qu'eux, font sites à part.

On note que la ministre emploie la même rhétorique et les mêmes outils que dans sa lutte contre le piratage musical (avec son label "PUR", le portail offrelégale.fr) : preuve que dans son esprit, Netflix est désormais un acteur "pirate" à combattre. Mêmes maux, mêmes remèdes, donc, et sans doute même absence de résultats, puisque la panoplie anti-piratage n'a pas encore fait la preuve de son efficacité.

Modifier la chronologie des médias

Consciente que les acteurs français de la filière auront du mal à se regrouper (il existe déjà une profusion de sites de VOD hexagonaux, comme CanalPlay, AlloCiné, Vodkaster, et même un nouveau projet porté par le patron de Numericable Patrick Drahi), la ministre veut leur faciliter la tâche en créant une chronologie des médias sur mesure. Les plate-formes contribuant au financement des œuvres audiovisuelles françaises et européennes disposeraient d'un accès plus rapide aux catalogues de films, pas les sites comme Netflix opérant depuis l'étranger. Les sites "vertueux" pourraient accéder aux films en VOD 24 mois après leur sortie, contre 36 actuellement, ce qui leur donnerait un net avantage concurrentiel sur leur nouveau rival.

Reste à savoir si ce type de dispositif serait conforme aux règles de la concurrence en Europe, et accepté par les professionnels du cinéma. Tous n'ont pas intérêt à lutter contre Netflix, le site finançant déjà des "créations originales" françaises. La chronologie des médias relevant d'un accord inter-professionnel, il sera difficile de trouver le juste compromis.

Sylvain Arnulf

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