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Le logiciel européen souffre de la désaffection des marchés des capitaux

Analyse Document L’horizon s’éclaircit pour le logiciel européen révèle la dernière édition du "Truffle 100 Europe". Bénéficiant de la dynamique du cloud, le secteur se heurte toutefois à la désaffection croissante des marchés des capitaux. Les fonds d’investissement remplacement de plus en plus la Bourse. Avec pour conséquence de pénaliser le développement à long terme des éditeurs.
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Le logiciel européen souffre de la désaffection des marchés des capitaux
Le logiciel européen souffre de la désaffection des marchés des capitaux

L’horizon s’éclaircit pour le logiciel européen. Du moins pour le moment. C’est la première conclusion du "Truffle 100 Europe", le classement des 100 premiers éditeurs de logiciels en Europe réalisé par le fonds de capital-risque Truffle Capital, le cabinet d’études de marché IDC et le centre français d’expertise en logiciels CXP.

 

En 2014, le chiffre d’affaires en édition de logiciels a augmenté de 5,2% à 44,4 milliards d’euros, contre seulement +2,7% en 2013. "C’est cinq fois la croissance économique en Europe, remarque Bernard-Louis Roques, directeur général et cofondateur de Truffle Capital. C’est remarquable pour un secteur qui a atteint sa pleine maturité."

 

Percée du modèle SaaS

Avec les services, le chiffre d’affaires du Truffle 100 a bondi de 8,3% à 62,2 milliards d’euros, contre +2,7% en 2013. Ce regain de dynamise s’explique par la percée du cloud computing ou plus exactement du modèle de vente de logiciels en tant que services (SaaS pour Software as a service).

 

Ce modèle représente environ 8% des revenus en 2014. "C’est encore très peu, mais le chiffre progresse très vite, note Bernard-Louis Roques. Il devrait représenter le tiers du chiffre d’affaires total en 2020-2022. La cannibalisation du modèle traditionnel par le cloud reste encore faible puisque les ventes de licences continuent à croitre."

 

L’autre bonne nouvelle tient dans la résilience du secteur face aux risques de cette migration. "On redoutait l’effet ciseau avec une augmentation des investissements et une baisse de la rentabilité, explique le patron de Truffle Capital. Nos craintes se sont révélées fausses. Le secteur a réussi à passer sans problèmes cette phase critique, à maintenir son niveau d’investissement tout en améliorant sa rentabilité."

 

Le secteur a investi 7 milliards d’euros en R&D, en hausse de 1% par rapport à 2013. Il a continué à se développer de façon autonome, sans fusions-acquisitions. La vague d’acquisitions d’éditeurs européens par des acteurs américains, qui dégorgent de réserves financières en dehors des Etats-Unis, n’a pas eu lieu comme pronostiqué.

 

Moins d'éditeurs cotés en bourse

Mais un problème persiste pour le logiciel européen : celui de l’accès aux marchés des capitaux. En 2007, 85% des éditeurs du Truffle 100 étaient cotés en bourse. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 54%. Une baisse significative qui s’explique par des sorties à la suite de rachat, fusion ou LBO. "Le problème c’est qu’il n’y plus assez d’introductions en Bourse pour compenser les sorties de la cote, se plaint Bernard-Louis Roques. C’est un gros problème qui témoigne de la désaffection des investisseurs pour le logiciel, contrairement à ce qui se passe outre-Atlantique."

 

Les éditeurs européens sont contraints de faire appel aux fonds d’investissement comme en témoigne l’entrée de Bridgepoint chez l’éditeur français eFront ou d’Apax Partners chez l’éditeur néerlandais Exact. "C’est un gros problème, car ce mode de financement ne garantit pas l’indépendance et le développement à long terme de l’éditeur, estime Bernard-Louis Roques. Une société cotée en bourse peut attirer des investisseurs et financer ses acquisitions par émission d’actions. Un fonds d’investissement entre dans une société dans la perspective d’en sortir 5 ou 6 ans après. Il cherche à en améliorer la rentabilité pour la rendre plus attractive pour le futur acquéreur."

 

Réponse pays par pays

Le fondateur de Truffle Capital propose d’orienter l’épargne vers les entreprises à forte croissance. La réponse s’envisage pays par pays. En France, l’un des moyens de remédier au problème serait de mobiliser une partie de l’assurance-vie à cet effet. Un autre moyen serait d’étendre la portée des FCPI (fonds communs de placement en innovation) comme le propose la loi Macron 2.

 

 

  Truffle Europe 2015

 

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