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Le logiciel français est-il assez bien testé ?

Depuis 2009, le nombre de testeurs de logiciels certifiés par le Comité français des tests logiciels double chaque année, pour atteindre 1350 en 2012. Est-ce suffisant, vu le rôle clé de ce métier ? 
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Le logiciel français est-il assez bien testé ?
Le logiciel français est-il assez bien testé ? © D.R.

Comment assurer la qualité des logiciels ? La question est au cœur des débats de la cinquième journée française des tests logiciels, organisée ce mardi 26 mars 2013 à Paris par le Comité français des tests logiciels (CFTL). L’une des réponses réside dans le renforcement du rôle et des compétences du testeur des logiciels. "Depuis 2005, cette fonction constitue un métier à part entière en France, explique Bernard Homes, Président du CFTL et patron-fondateur de Tessco, une société de formation dans ce domaine. Mais le métier, formalisé dès la fin des années 1980, existe depuis 2002 dans le monde anglo-saxon." Le test était réalisé par les développeurs.

35000 testeurs de loigiciels en France

Le teste logiciel consiste à corriger les défauts que le développeur de logiciel n’a pas pu déceler lors de la phase de développement. Pour cela, il s’appuie sur des outils proposés par des sociétés comme IBM, HP ou Borland et surtout sur des méthodes. L’objectif est d’éviter des anomalies de fonctionnement du logiciel dans sa phase d’exploitation. Le cabinet Pierre Audoin Consultants estime à 35 000 le nombre de testeurs de logiciels en France aujourd’hui. Mais Bernard Homes pense que le chiffre atteint en réalité 100 000 si on tient compte de tous ceux qui consacrent une partie de leur travail au test de logiciel, soit 10% du nombre de développeurs de logiciels.

Ce métier prend de l’importance tant chez les éditeurs que chez les utilisateurs. "Les entreprises utilisatrices veulent s’assurer que les logiciels qu’elles achètent ne vont pas perturber leur process critiques lorsqu’ils seront mis en production, explique le président du CFTL. Peut-on admettre que Pôle Emploi ou d’autres services importants s’arrêtent de fonctionner à cause d’anomalies logicielles ?" D’où le rôle croissant accordé à la certification par le CFTL des testeurs.

15% des testeurs certifiés

Depuis 2009, le nombre de testeurs certifiés double chaque année pour atteindre 1350 en 2012 : 1100 au niveau de base et 250 au niveau avancé. Cette évolution s’explique par la complexité croissante des logiciels mais aussi par le rôle critique dans des domaines toujours plus nombreux, des téléphones portables aux réseaux de communication, en passant par les transports, la défense ou l’électroménager. C’est pourquoi des entreprises comme Thales, Alcatel-Lucent, Safran, Amadeus, SFR, Orange, Bouygues, ABB ou Continental comptent dans leur personnel des testeurs certifiés. Bien qu’en développement, "le nombre de testeurs certifiés reste encore faible : au plus 5000 sur les 35 000 testeurs recensés par Pierre Audoin Consultants", déplore Bernard Homès.

L’un des objectifs de la journée est de démystifier les méthodes agiles utilisées dans le test des logiciels. L’objectif est d’être pragmatique. "L’idée n’est plus de vérifier que le logiciel répond à toutes les exigences critiques, mais d’identifier les exigences les plus risquées sur lesquelles il faut concentrer le test", explique Bernard Homès . On revient à des considérations d’efficacité et de coût.

Ridha Loukil

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