Le ministère des Armées s'arme d’une plateforme d’IA générative multiservices

S'inscrivant pleinement dans la stratégie ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense annoncée il y a un an par le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, cette plateforme de services IA doit soulager les différents services au quotidien.

Sebastien Lecornu, ministre des Armées
"La maîtrise de l’IA de défense est un outil indispensable de souveraineté. La France prend les devants pour en être l'un des leaders européens et mondiaux", a affirmé le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, à l'occasion du sommet pour l'action sur l'IA.

L'armée avance ses pions sur l'échiquier de l'intelligence artificielle. Les équipes du centre d’expertise données et IA du Secrétariat général pour l’administration (SGA) ont développé une plateforme de services d'IA, en collaboration avec l’état-major des armées et la direction générale de l’armement.

Soulignons que l'ensemble des services se sont mobilisés pour aboutir à cette plateforme : la direction générale du numérique, la direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information, l’agence du numérique de défense et l’Agence ministérielle pour l'intelligence artificielle de défense (AMIAD) ont en effet participé à la mise en service de GenIAl.intradef.

Un déploiement progressif, l'humain reste au coeur des décisions

Après une phase d'expérimentation de plusieurs mois, la plateforme est progressivement déployée au sein des armées, directions et services du ministère, précise le ministère des Armées. Ses premières fonctionnalités correspondent aux outils les plus répandus sur le marché, à savoir un agent conversationnel, des outils de synthèse, de traduction et de transcription. Un outil permet également de convertir des contenus textuels extraits d’une image en un fichier texte.

Guillaume Vimont, chef du centre d’expertise données & IA du SGA, se veut rassurant : "Cet outil du quotidien ne remplacera pas l’humain. L’agent reste l’unique acteur de ses décisions". La palette d'outils IA doit surtout aider à alléger les tâches répétitives et chronophages. "L’objectif consiste à réallouer le temps économisé au profit des étapes critiques du processus d’état-major qui nécessitent un plus fort investissement en réflexion", assure quant à lui Olivier Aguillon, chef du C2Lab IA à l’Etat-major des armées – Stratégie numérique des armées.

Un LLM signé Mistral ?

Derrière l'agent conversationnel pourrait se cacher un modèle signé Mistral AI, l'Amiad et la start-up ayant amorcé un rapprochement stratégique dans le domaine de l'intelligence artificielle de défense. On apprend que le modèle a notamment été fine-tuned pour correspondre au mieux au secteur et notamment mieux manipuler le vocabulaire propre au ministère. D’autres fonctionnalités sont en cours de développement et seront déployées cette année.

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