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Le MIT a conçu un algorithme pour prédire l'efficacité de "l'insuline intelligente" chez les diabétiques

Une équipe de chercheurs du MIT a développé un algorithme capable de prédire l'efficacité ou non de "l'insuline intelligente", traitement qui se calerait automatiquement sur les besoins d'une personne diabétique. Ces médicaments n'ont pas encore dépassé le stade des essais cliniques et l'objectif des scientifiques est justement d'éviter toute fabrication inutile.   
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Le MIT a conçu un algorithme pour prédire l'efficacité de l'insuline intelligente chez les diabétiques
Le MIT a conçu un algorithme pour prédire l'efficacité de "l'insuline intelligente" chez les diabétiques © MIT

Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont développé un algorithme capable de prédire l'efficacité de "l'insuline intelligente" chez les humains et les rongeurs. Cette découverte pourrait considérablement faciliter la recherche des traitements pour le diabète. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Diabetes Journal le 9 mars 2020.

"L'insuline intelligente" ou "Glucose Responsive Insulin" (GRI) est une insuline de nouvelle génération qui agit automatiquement en fonction du taux de glucose dans le sang. Si le taux de sucre augmente, l'insuline est libérée en plus grande quantité et si le taux baisse, l'hormone est distribuée en plus petite quantité. La personne diabétique n'a besoin de prendre son traitement qu'une fois par jour et ne risque plus d'être en hypoglycémie. Actuellement, aucune GRI n'a été approuvée pour l'utilisation sur l'humain et le seul essai a été abandonné pour absence de résultat.

Eviter la conception inutile de médicaments

Face à cette problématique, l'équipe de scientifiques a conçu un modèle informatique capable de prédire le comportement de différents types de GRI. L'objectif est d'éviter la conception de médicaments qui ne dépasseront jamais la phase des essais cliniques.

Les chercheurs se sont appuyés sur un premier modèle développé en 2017. Via des équations, il décrit comment le glucose et l'insuline se comportent dans différentes parties du corps telles que les vaisseaux sanguins, les muscles et le tissu adipeux (graisse). "Nous pouvons transformer tout type de GRI en équations mathématiques, puis nous l'insérons dans notre modèle pour faire des prédictions très précises sur la façon dont elle fonctionnera chez l'Homme", expliquait à l'époque Michael Strano, chercheur en génie chimique.

Mais les scientifiques ont réalisé que le modèle serait beaucoup plus performant s'il pouvait également utiliser les données issues de tests sur les animaux et ainsi jouer avec deux variables. Les chercheurs ont découvert qu'environ 13% des GRI réalisables fonctionneraient correctement chez les humains et les rongeurs, tandis que 14% devraient agir seulement sur l'humain.

Comprendre les échecs 

Les scientifiques ont également testé le modèle sur des GRI dont les essais cliniques avaient échoué. Ils ont créé des équations représentant les caractéristiques chimiques d'une "insuline intelligente" produite par le laboratoire Merck en 2014. "Grâce à notre outil, on peut comprendre pourquoi le médicament n'a pas fonctionné", explique Michael Strano. L'équipe de scientifiques imagine que leur modèle pourrait s'appliquer à de nombreux traitements qui pourront, une fois dans le corps humain, moduler leur puissance en fonction des besoins de la personne.

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