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Le navigateur Vivaldi s'enrichit d'un client mail, d'un calendrier et de la traduction automatique

Se plaçant à contresens du web tel que l'envisage Google, le navigateur Vivaldi intègre désormais un client mail, un système de calendrier hautement personnalisable et une fonctionnalité de traduction automatique indépendante et anonyme.
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Le navigateur Vivaldi s'enrichit d'un client mail, d'un calendrier et de la traduction automatique
Le navigateur Vivaldi s'enrichit d'un client mail, d'un calendrier et de la traduction automatique © Vivaldi

Le navigateur alternatif Vivaldi a sorti le 9 juin sa version 4.0. Une mise à jour majeure qui incorpore au navigateur un client email, un calendrier et une fonctionnalité de traduction automatique. Des évolutions demandées par les utilisateurs, mais qui contribuent aussi à différencier un peu plus Vivaldi de l'offre de Google.

Une alternative à Google Traduction
"Beaucoup de gens nous demandaient un service de traduction automatique", nous confirme Jon Stephenson von Tetzchner, qui dirige Vivaldi et fut auparavant cofondateur d'Opera. "Nous avons cherché des solutions et sommes tombés sur Lingvanex, dont la qualité est excellente. Et nous hébergeons le service nous-même en Islande, donc c'est une solution privée. Nous ne créons pas de profils utilisateurs."

Un commentaire en référence au changement récent des conditions d'utilisation de Google Traduction, qui historise désormais toutes les requêtes qui lui sont faites. Bien qu'étant basé sur Chromium, la version open source de Google Chrome, Vivaldi promeut une autre vision du web : hautement personnalisable, valorisant les "power users", et sans surveillance des utilisateurs.

Retour vers le futur
L'intégration d'un client email et d'un calendrier nous a évoqué Netscape Navigator et le navigateur Mozilla, prédécesseur de Firefox, qui se sont retrouvés alourdis par ces ajouts à l'époque au point de nuire à leur usage. Questionné par nos soins sur ce sujet, Jon Stephenson von Tetzchner n'est pas inquiet. Il faut dire que Chrome est de base particulièrement gourmand en ressources. Pour le dirigeant, il s'agit avant tout de répondre à un besoin qui n'est plus adressé aujourd'hui.

"Nous avions un client mail inclut dans Opera par le passé et cela avait un grand intérêt. La réalité c'est qu'il y a de moins en moins de clients email alors qu'ils ont des avantages significatifs par rapport aux interfaces webmails. Cela permet de recevoir des emails de multiples services via un seul programme, d'avoir ses emails en local et d'effectuer des recherches sur d'importantes quantités de messages ou contacts plus rapidement. Et surtout nous ne lisons pas vos emails. De plus cela permet de changer d'adresse principale sans pour autant couper complètement un autre service, par exemple Gmail. C'est donc une façon de se détacher progressivement de 'Big Tech' si on le souhaite".

Le logiciel dispose d'un système de marqueurs, de filtres, et permet de trier ses emails rapidement avec une grande précision en les stockant dans une base de données. Pas question pour autant de faire du machine learning pour prioriser les messages. "Ce n'est pas la machine qui choisit de ce que vous voyez ou pas", assène Jon Stephenson von Tetzchner.

Un système de calendriers personnalisables
Le calendrier de son côté a aussi été pensé pour résoudre certains points irritants selon ses concepteurs, avec par exemple la possibilité d'afficher tous les évènements d'une journée sur l'écran résumant le mois, sans avoir à multiplier les clics, en sortant du carcan de la traditionnelle grille dans laquelle chaque jour est un carré de même taille. "Il est aussi possible de rajouter ou de modifier un évènement sans avoir de pop-up, c'est plus proche d'une feuille de tableur", ajoute Jon Stephenson von Tetzchner. Il s'agit là encore d'optimiser l'interface au maximum.

Il permet de combiner plusieurs calendriers (locaux, en ligne) ou même d'avoir plusieurs instances avec plusieurs calendriers. A noter que si Vivaldi est compatible avec Google Calendar, il ne l'est pas pour le moment avec Microsoft Exchange. L'équipe de Vivaldi restant très à l'écoute de sa communauté, cela pourra être ajouté à l'avenir si le besoin s'en fait sentir. "Nous allons continuer à améliorer le navigateur en permanence pour qu'il soit plus rapide et flexible tout en apportant de nouvelles fonctionnalités", indique le dirigeant.

Justement, et la communauté dans tout ça ? Six ans après son lancement, Vivaldi a 2,5 millions d'utilisateurs. "Il nous en faudra quelques uns de plus avant de dégager des profits," admet Jon Stephenson von Tetzchner. Mais l'équipe de Vivaldi est satisfaite de la progression de ce challenger face à la concurrence des géants américains. "Nos utilisateurs adorent Vivaldi, et c'est comme ça que nous grandissons, uniquement grâce leurs recommandations."

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