Le numérique en campagne : Alain Juppé veut créer le Doctissimo de l'Etat

Chaque semaine Renaissance Numérique décortique pour L'Usine Digitale les propositions et petites phrases relatives au numérique des candidats déclarés à la présidentielle 2017 (ou à l'une de ses primaires).

Cette semaine, le think tank analyse la prise de position d'Alain Juppé en matière d'e-santé, thématique de son programme numérique présenté le 29 septembre 2016.

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Le numérique en campagne : Alain Juppé veut créer le Doctissimo de l'Etat
Alain Juppé veut créer le Doctissimo de l'Etat

Dans son programme numérique, paru la semaine dernière et présenté aux acteurs de la tech, Alain Juppé ouvre un chapitre sur la e-santé dont il veut saisir les opportunités économiques, lever les blocages et affirmer la France comme leader dans le secteur.

Si les autres candidats à la Primaire de droite et du centre parlent également de e-santé comme d'une opportunité économique et un gain d'efficacité pour le système de santé, Alain Juppé, quant à lui, met particulièrement l'accent sur le passage à une démocratie sanitaire amplifiée par les outils numériques et donc une vision orientée vers le patient.

Créer une version publique et "certifiée" de Doctissimo ?

Au coeur de ce dispositif, une plateforme d'informations au public sur les sujets de santé, qui se différencierait principalement, selon le programme du candidat, par le fait que les informations y seraient "certifiées". Pour le candidat, l'enjeu est double : la transparence, avec l'accès à une information brute, à la différence des seuls classements élaborés en fonction des critères des médias se prêtant à l'exercice ; et d'autre part des conseils de santé et de prévention pour le maintien en bonne santé.

En d'autres termes, pour Alain Juppé, il est nécessaire de recréer un Doctissimo qui aurait pour facteur différenciant la fiabilité et la certification de l'information proposée. Si l'on considère cependant les expériences passées où la puissance publique a souhaité dépasser les acteurs privés en place, comme Quaero, le projet de moteur de recherche porté à l'Europe, on reste sceptique sur les capacités de la puissance publique à dépasser l'offre existante.

L'empowerment des citoyens par la modernisation du droit d'alerte

Le tournant qu'opère également Alain Juppé dans sa vision du système de soin de demain, repose sur l'empowerment du patient : sa capacité à être un acteur à part entière du système de santé. Ainsi, pour rendre la prévention et les traitements plus efficaces, il propose de moderniser le droit d'alerte par la création d'une plateforme numérique dédiée. Alors que le droit d'alerte actuel ouvre la possibilité aux seules associations agréées de saisir la Haute Autorité de Santé (HAS), Alain Juppé propose de l'élargir en ouvrant accès à cette plateforme (numérique et téléphonique) à "tous les Français". L’ensemble des citoyens et des usagers du système de santé qui peuvent donc s’ériger en tant que lanceurs d’alerte.

Cette proposition ambitieuse manque tout de même de certaines précisions et des questions restent en suspens pour donner lui donner plus d'envergure : quels critères pour rendre effective une saisine de la HAS par les citoyens ? Quel rôle joueront les associations de patients dans cette nouvelle démarche ? Quels types d'interpellations seront ouverts aux citoyens ?

Si des précisions doivent être fournies, notamment sur le sujet du financement de ces outils, il reste que le virage participatif pris par Alain Juppé dans son programme va plus loin en termes de propositions et d'outils déployés que celui des autres candidats.

Les avis d'experts et points de vue sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n’engagent en rien la rédaction.

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