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Le numérique en campagne : Nicolas Sarkozy veut empêcher les indépendants de tuer le salariat

Chaque semaine Renaissance Numérique décortique pour L'Usine Digitale les propositions et petites phrases relatives au numérique des candidats déclarés à la présidentielle 2017 (ou à l'une de ses primaires). Cette semaine le Think Tank commente les propos de Nicolas Sarkozy (LR) sur "la concurrence déloyale" que représente selon lui l'économie collaborative pour le salariat.

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Le numérique en campagne : Nicolas Sarkozy veut empêcher les indépendants de tuer le salariat
Le numérique en campagne : Nicolas Sarkozy veut empêcher les indépendants de tuer le salariat © CC - World Economic Forum

Nicolas Sarkozy, lors d'un discours devant les salariés du groupe Holder de Marcq-en-Baroeul le 21 septembre, a défendu le "monde ancien" menacé par "la concurrence déloyale" du "monde nouveau", entendez celui de l’économie collaborative et plus largement, de l’économie numérique. Il dénonce la menace de la fin du salariat et des métiers classiques, prend la défense des hôteliers et des taxis face aux plateformes de l’économie collaborative et attaque les entreprises américaines de la tech sur leur optimisation fiscale : "Je suis pour ce monde nouveau, mais avec une concurrence loyale, pas déloyale", affirme-t-il.

 

Ce discours de la défense d’un monde traditionnel contre celui d’une "modernité" qui se passerait de règle mérite certainement que l’on s’y arrête afin de rétablir, face aux propos de Nicolas Sarkozy et cette vision binaire, certains faits sur l’économie numérique.

 

La fin "des métiers classiques" ?

"Parfois, j'entends des émissions avec des gens très sentencieux, qui disent que demain il n'y aura plus de salariat, plus de métiers classiques, a déclaré l'ancien président. Il y a un monde nouveau, tant mieux pour le monde nouveau, mais le monde ancien, il ne veut pas mourir."

Afin de ne pas entrer dans une réponse "sentencieuse" qui décrirait la fin du salariat par la croissance de l’économie à la demande, favorisée par l’organisation collaborative que permettent les plateformes numériques, il convient de rappeler dans les faits quelques réalités du travail qui évolue :

-        En 2016, les pluri-actifs soit ceux qui combinent plusieurs activités professionnelles, représentent 16% des actifs en France ;

-        En Europe, le nombre de travailleurs indépendants explose : outre-Manche, 40% des emplois créés depuis 2010 sont des postes d'indépendants.

 

Par ailleurs, la "fin des métiers classiques" ne signifie pas nécessairement la fin du travail, ou la mort du "monde ancien", selon les termes du candidat. Cette théorie de la menace numérique sur l’emploi n’est pas nouvelle et plusieurs institutions, comme l'OCDE ou France Stratégie, ont minimisé le lien de causalité entre numérique et chômage : seulement 9 % des emplois présentent un risque élevé d’automatisation en moyenne. Par ailleurs, selon le contrat d'études prospectives (CEP) que vient de réaliser le Syntec Numérique, plus de 36000 emplois pourraient être créés dans la filière durant les 5 prochaines années.

 

une réflexion sur l'emploi indépendant

Face aux chiffres démontrant l’ampleur du phénomène sur la transformation du travail à l’ère du numérique, il semble difficile de faire l’économie de la question de l’emploi au-delà du cadre salarial ! Une position ancrée vers l’avenir opterait davantage sur des réflexions sur l’emploi indépendant afin de renforcer son assise sociale et l’accompagnement de ces travailleurs pour un accès à la santé, au logement et à des droits à la retraite plus complets.

 

Les avis d'experts et points de vue sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n’engagent en rien la rédaction.

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3 commentaires

Michel Volle
02/10/2016 17h03 - Michel Volle

1) mettre dans un même sac l'économie collaborative et l'optimisation fiscale, c'est mélanger deux choses très différentes ; 2) les innovations ont toutes été accusées d'introduire une concurrence déloyale ; 3) le travail indépendant n'a rien de nouveau : que l'on pense aux professions libérales ; 4) il reste à voir si les règles qui s'appliquent aux professions libérales (fiscalité, assurances sociales, retraites, etc.) peuvent convenir aux nouvelles formes de travail indépendant, ou s'il faut les adapter.

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Jean-Philippe Déranlot
02/10/2016 13h47 - Jean-Philippe Déranlot

1/ propos étonnant de la part de celui qui a créé le statut d'auto-entrepreneur 2/ ce point de vue ne serait-il pas purement électoraliste : le poids des salariés - en France - étant aujourd'hui plus important que celui des professions libérales. 3/ nos élus n'ont pas conscience que les professions libérales non réglementées sont des électrons libres non reconnus par les chambres consulaires à commencer par les CCI, professions qui ont de + en + besoin d'être prises en compte

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woody
27/09/2016 14h23 - woody

"une réflexion sur l'emploi indépendant": Excellente CONCLUSION! Les travailleurs independants n'ont peut-etre pas d'autres solution pour simplement VIVRE.

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