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"Le numérique est au coeur des préoccupations de tous les DRH" observe Jeanne Renard d'Endenred

Entretien Jeanne Renard est directrice des ressources humaines du groupe Edenred. Elle a, à ce titre, commande à Ipsos un baromètre sur les usages du numérique dans le monde professionnel. Elle en commente les principaux résultats et explique comment le numérique modifie les RH au sein de son entreprise.
mis à jour le 12 juin 2015 à 18H19
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Le numérique est au coeur des préoccupations de tous les DRH observe Jeanne Renard d'Endenred
"Le numérique est au coeur des préoccupations de tous les DRH" observe Jeanne Renard d'Endenred

L’Usine Digitale : Quels sont les résultats les plus étonnants de cette étude sur le numérique dans le monde professionnel ?

Jeanne Renard : 80 % des salariés des pays européens qui ont répondu ont une vision positive du numérique. C’est une bonne nouvelle, alors qu’on a souvent tendance à voir le côté négatif des outils digitaux, comme le respect de la vie privée, le stress… En outre, les réponses sont relativement homogènes d’un pays à l’autre. On n’a pas un pays qui accepterait le digital et d’autres qui n’en voudraient pas. C’est une véritable lame de fond sociétale.

Cela confirme l’intuition qui nous avait conduits à nous intéresser cette année au numérique pour notre baromètre qui traite toujours un thème autour du bien-être au travail. Nous vivons la transformation digitale dans nos produits, dans nos relations. Le numérique étant au cœur des préoccupations des DRH, nous voulions avoir des données sur la manière dont il est perçu par les salariés.

 

Globalement, les salariés sont plutôt critiques par rapport aux entreprises, pas assez équipées, pas assez rapides. Comment l’analysez-vous ?

Une chose est certaine, le niveau d’équipement personnel est plus élevé que celui de l’entreprise. C’est devenu un phénomène de société. Les particuliers changent de plus en plus souvent d’ordinateurs, de smartphones, de terminaux… Ils veulent avoir le dernier cri. Les équipements Wi-Fi, la 4G se développent à grande vitesse.

Face à cela, la prudence de l’entreprise, qui doit prendre en compte l’exigence de sécurité informatique, peut susciter de l’impatience. Il faut expliquer cet écart.

 

Récemment une DRH nous confiait que ce décalage pouvait poser des problèmes d’attractivité, voire de rétention des talents pour certaines entreprises. Partagez-vous cette impression ?

Cela peut avoir un effet sur les jeunes collaborateurs éventuellement. Par exemple, ne pas avoir accès aux réseaux sociaux pour eux, c’est comme si on avait interdit l’usage du téléphone pour la génération précédente. C’est juste impensable.

Une autre conséquence concerne la marque employeur. Aujourd’hui, les candidats viennent à un entretien en ayant cherché des informations sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques. De façon symétrique, nous recrutons de plus en plus via LinkedIn.

 

Votre entreprise se numérise, avec notamment une dématérialisation croissante des chèques cadeaux, une de vos activités. Côté RH, quelles conséquences cela a-t-il ?

Aujourd’hui, dans les entretiens de recrutement, nous testons l’appétence des candidats par rapport au digital, à la technologie. Pour certains postes, ce n’est pas rédhibitoire de ne pas aimer ça, mais à l’inverse, le goût pour les nouveautés est un vrai gros plus.

 

Ipsos a identifié dans son étude 4 grandes familles de salariés selon leur rapport au numérique. Qu’en est-il dans votre entreprise ? Comment gérez-vous des personnes qui pour certaines voudraient que cela aille beaucoup plus vite et d’autres profondément indifférentes ?

L’approche d’Ipsos est vraiment très intéressante : ils ont appliqué aux RH les techniques de la segmentation utilisée en marketing, créant des groupes en fonction des attentes. Pour notre part, nous sommes encore en réflexion. Nous travaillons sur l’ensemble des populations. Je n’ai pas d’actions différenciées selon les segments.

 

Retrouvez le dossier sur les CDO

 

L’Usine Nouvelle vient de faire un numéro consacré aux chief digital officer (CDO). En comptez-vous un au sein de votre équipe ?

Pour le moment, non. Tout le monde travaille de façon collective. Le directeur de la stratégie et de l’innovation ou le DSI sont impliqués. Pour ma part, je m’occupe de formation, de coaching pour accompagner le changement, instiller une culture compatible avec le numérique, avec davantage de prise de risques.

Nous avons une forte présence internationale. Aussi je dois m’adapter. Par exemple, nos équipes au Brésil ont monté depuis longtemps une digital academy. Il faut accélérer et coordonner toutes ces initiatives.

Propos recueillis par

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