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"Le numérique est un levier de changement plus mobilisateur qu'un projet 6sigma", observe Géraud Fontanié

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Le cabinet de conseil en ressources de management Eurosearch & Associés publie pour la quatrième fois un baromètre sur les besoins des entreprises en la matière. Bonne nouvelle : une part croissante d'entreprises envisagent de recourir à un recrutement externe pour affronter les nouveaux défis qui les attendent. A commencer par la transformation numérique qui est une des priorités des directions générales pour les prochains mois. Géraud Fontanié, partner du secteur industriel, a accepté de commenter pour nous ces résultats.  

Le numérique est un levier de changement plus mobilisateur qu'un projet 6sigma, observe Géraud Fontanié
"Le numérique est un levier de changement plus mobilisateur qu'un projet 6sigma", observe Géraud Fontanié

L'Usine Digitale : C'est la quatrième édition de votre baromètre semestriel sur le recrutement de cadres dirigeants. Que vous apprend-t-elle ?

Géraud Fontanié : D'après ce baromètre, il y a une stabilité apparente entre juin 2014 et 2015. Toutefois cela masque une évolution, puisque nous observons une baisse des entreprises déclarant envisager une mobilité interne (passant de 40 à 35 %). A l'inverse, la part d'entreprises ayant des intentions de recrutement externe est en nette progression, que ce soit des recrutements ou un recours à des managers de transition. Cette dernière solution traduit un besoin urgent.

 

Ce résultat signifie-t-il que les entreprises n'ont plus en leur sein les compétences dont elles ont besoin pour relever de nouveaux défis ?

C'est surtout le signe que les entreprises ont sollicité au maximum les compétences internes et qu'elles ont besoin maintenant d'aller chercher ailleurs.

A la base de cette évolution, la confiance dans les affaires est plus forte aujourd'hui qu'il ya un an, d'où ces besoins de recrutement pour répondre au retour anticipé de davantage de croissance. Cette croissance attendue de la demande est tirée par le commerce international et par les nouvelles technologies. Nous le voyons quotidiennement dans notre activité de cabinet de recrutement.

Pour revenir à votre question, quand nous recevons un directeur général ou un drh qui nous consulte, nous lui demandons systématiquement s'il n'y a pas au sein de l'entreprise les compétences nécessaires. Et de plus en plus, on nous répond négativement.

 

D'où viennent ces besoins en numérique ?

L'étude que nous faisons réaliser s'intéresse surtout aux entreprises de taille intermédiaire (E.T.I.). Le numérique est un levier pour changer l'entreprise. C'est un levier plus mobilisateur et positif que de mettre en place un projet 6sigma ou de lean management, qui sont, par ailleurs, nécessaires. Le numérique donne une vision positive de la transformation de l'entreprise qui a parfois été vécue de façon angoissante.

 

Comment les entreprises envisagent la transformation digitale, en mettant un peu de numérique partout ou en créant un poste de responsable digital, le fameux CDO ?

Nous observons que pour initier la transformation digitale, il faut une volonté qui vient de la direction. Aujourd'hui, les actionnaires jouent aussi un rôle moteur car ils considèrent qu'en l'absence de transformation digitale, il y a un risque pour la pérennité de l'entreprise.

Une fois cette prise de conscience faite, une majorité d'entreprises souhaite engager un expert du numérique. 65 % des personnes que nous avons interrogées déclarent vouloir créer une équipe spécifique. 41 % sont prêtes à créer une nouvelle fonction au sein du Codir pour incarner le digital.

 

Où est le vivier de compétences à même de porter ces projets dans les ETI ?

Les entreprises spécialisés dans le numérique et les grands groupes sont en moyenne en avance. Les cadres qui y travaillent peuvent aujourd'hui prendre des responsabilités rapidement. C'est une chance exceptionnelle. Comparé aux fonctions plus classiques où il faut attendre d'avoir 50 ou 55 ans pour obtenir certains hauts postes, il y a une véritable fenêtre d'opportunités.

 

Les candidats que vous voyez dans vos missions sont-ils de qualité ?

Outre leur très bon niveau technique, les candidats que nous rencontrons sont passionnés et ont des qualités d'engagement et d'innovation. Je suis très optimiste sur la capacité de l'économie française à réussir sa transformation digitale, à en faire un atout stratégique.

 

Toutefois, il faut reconnaître qu'un écart peut exister dans les savoir-être. La manière de se comporter ou de s'habiller chez certaines entreprises du numérique seront difficiles à transposer dans une ETI industrielle. Le choc culturel peut être rude. Il ne faut pas s'arrêter à ces considérations car ces jeunes ont une capacité d'évangélisation, d'entraînement des équipes telles qu'il serait dommage de s'en priver pour des raisons mineures. Chacun devrait faire un pas vers l'autre.

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