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Le numérique français tente une percée au SXSW 2014

La France était présente officiellement pour la première fois au festival SXSW à Austin, Texas, avec le "French Tech Club". Bilan d'une première édition, qui tente de fédérer la communauté du numérique français sur la scène internationale.

mis à jour le 13 mars 2014 à 12H45
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Le numérique français tente une percée au SXSW 2014
Le numérique français tente une percée au SXSW 2014 © French Tech Club

La France s'est lancée pour la première fois au SXSW, le festival texan qui est devenu un rendez-vous incontournable des professionnels du multimédia, avec le premier French Tech Club, le pavillon français officiel du festival. L'Usine Digitale a rencontré sur place l'un des entrepreneurs à l'origine du projet, Cédric Giorgi, pour un bilan de la première édition.

Le secteur public au secours du French Tech Club

Cédric Giorgi, le fondateur de Cookening, Anthony Gongora, de Sounderbox et Louis Montagne, fondateur de AF83, ont fait des pieds et des mains pour organiser une présence officielle de la France au SXSW, après s'être pris "une claque" en constatant en 2013 l'absence française et le fait que "si tu n'es pas là, tu n'existes pas", selon Cédric Giorgi. Après des mois de lobbying, la difficulté d'intégrer des partenaires privés au projet s'est avérée évidente : "sur des timing serrés, les grosses boîtes de la tech, pas que francaises, n'y ont pas vu leur intérêt (...) Orange, Renault, Air France, Dassault Systèmes, Criteo... sont des entreprises qui auraient un intérêt à venir mais on ne les a pas rassurées sur notre organisation car c'était tard, il fallait agir hyper vite, mais ce sera pour l'année prochaine", explique Cédric Giorgi. "On voulait faire un gros pôle avec Deezer, Dailymotion, Orange... Mais ça s'est fait trop tard", ajoute Anthony Gongora.

Le secteur public a finalement répondu présent, avec Ubifrance, la French Tech, l'Inpi, Invest in France, et les régions notamment. L'événement était donc soutenu à 80% par le secteur public et à 20% par le privé, avec le groupe La Poste. Un mal typiquement français ? Pourtant, à terme, "on voudrait que ce soit du 50/50" explique Cédric Giorgi.

[Actualisation 13 mars 2014 - 12h40 : Dassault Systèmes était présent au SXSW pour présenter son programme Passion For Innovation et notament le projet Mr & Mme Rêve avec Marie-Claude Pietragalla. Mais l'entreprise n'y était pas avec le French Tech Club car elle s'était engagée avec l’organisateur du SXSW bien avant que le French Tech Club ne la contacte nous a affirmé un porte-parole.]

Objectif visibilité réussi...

"Ce qui est très compliqué au SXSW, c'est de faire venir les gens, c'est beaucoup plus compliqué qu'on le pensait, il y a une concurrence de malade, au même moment tu peux être à 100 endroits différents", admet Cédric Giorgi. Pourtant, ce premier pas a permis de faire parler de la "French Tech", qui pourrait ensuite bénéficier de la même réputation que la délégation allemande et son pavillon qui attire les foules.

"On a amélioré l'image de la France dans ce petit milieu. C'est comme Hollande qui va à San Francisco, Criteo qui fait son IPO.. Petit à petit, on améliore l'image de l'écosystème French tech (...) pour ceux qui sont sceptiques c'est très important, car nous tous [les entrepreneurs], on en bénéficie derrière." Le lieu était aussi un point de ralliement pour les Français et un objet de fierté, ce qui était l'un des objectifs : fédérer la communauté française derrière ses innovateurs. Au total, Cédric Giorgi estime la fréquentation du lieu à plus de 2 000 personnes sur les trois jours qu'ont duré l'événement, pour un objectif à terme de 10 000 visiteurs environ.

...Mais un manque de préparation ciblée

Pourtant, Cédric Giorgi et Anthony Gongora ne manquent pas d'idées sur les améliorations à apporter en 2015. En anticipant davantage, ils espèrent organiser des démonstrations de grosses entreprises françaises, "par exemple Renault et une voiture connectée (...) ou Withings qui vient faire un show room de tous ses objets connectés", explique Cédric Giorgi.

La communication sur le lieu doit aussi être plus ciblée en amont pour amener les bonnes personnes, notamment aux démos des start-up. "Il faut avoir des stars qui restent ici. Le lounge Paypal, ils ont Guy Kawasaki, Robert Scoble, Brian Solis..." Selon Anthony Gongora, "en préparant beaucoup plus tôt, on peut améliorer notre visibilité (...) il nous a manqué du budget pour faire un truc plus sensationnel et faire du lobbying pour faire venir des gens plus "clés" sur l'événement". De même en France, "il faut faire du lobbying aussi car on n'a pas pu toucher l'ensemble de la communauté digitale française", ajoute-t-il. Pourtant, les deux entrepreneurs sont encouragés par cette première édition réussie au regard de leur temps de préparation extrêmement court. Un premier pas pour le numérique français, qui nécessitera plus d'investissement de l'ensemble de la communauté pour vraiment faire briller la French Tech en 2015.

Nora Poggi

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