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Le paradoxe français du numérique

Si les particuliers ont largement intégré les usages internet, les entreprises ont, elles, du mal à opérer leur mutation digitale. Nos Trophées des industries numériques prouvent que rien n’est perdu.
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Le paradoxe français du numérique
Le paradoxe français du numérique © La French Tech

La France, terre de paradoxes ? La cinquième économie mondiale doute de son potentiel, au point de développer un paradoxe numérique. Les Français sont champions européens des usages internet, des écosystèmes de start-up ultradynamiques se développent un peu partout sous le label de la French Tech, l’État s’est hissé au quatrième rang mondial en matière d’e-gouvernement selon le rapport bisannuel "United nations e-government survey 2014" de l’ONU. Pourtant, les entreprises tricolores seraient des cancres de la transformation numérique, à en croire l’étude "Du rattrapage à la transformation : l’aventure numérique, une chance pour la France", publiée en septembre par le cabinet Roland Berger, avec le pôle de compétitivité francilien Cap Digital et le soutien de Google.

Roland Berger a imaginé un indicateur original, l’indice de transformation numérique (ITN) qui mesure la maturité numérique des entreprises. Calculé sur un panel de quelque 505 entreprises de plus de 50 salariés, cet ITN s’élève tout juste à 33/100. Un résultat pas très surprenant, puisque seulement 57 % des sondées ont identifié les nouvelles technologies comme un axe stratégique, 36 % ont formalisé une stratégie digitale, 10 % sont présentes sur un média social et 11 % vendent en ligne... Faut-il s’en inquiéter ? Les dossiers sélectionnés pour les Trophées des industries numériques, décernés pour la première fois cette année par "L’Usine Nouvelle" et "L’Usine Digitale", constituent autant de contre-exemples. Tous témoignent d’une transformation numérique réussie !

Présidé par Olivier Mathiot, le PDG de PriceMinister (groupe Rakuten), le jury des Trophées des industries numériques en décernera dix le jeudi 16 octobre, à Paris. Les 27 dossiers sélectionnés apportent des réponses concrètes aux doutes et aux interrogations des chefs d’entreprise qui n’ont pas encore tenté l’aventure numérique. Dans l’étude de Roland Berger, 62 % des entreprises sondées invoquent une question de coût. On ne peut que leur conseiller de calculer à nouveau leur retour sur investissement en s’inspirant du succès commercial de l’abribus connecté de JCDecaux, du service de devis en ligne de Renault et du prototypage en ligne de cartes électroniques par Altrics, les trois dossiers en lice pour notre trophée du Service digital.

Un levier de croissance incontournable

La moitié des entreprises sondées (52 %) parle de résistance au changement ? L’étude démontre pourtant que les salariés des entreprises les plus avancées en matière de transformation numérique seraient 50 % plus satisfaits que ceux des entreprises les moins avancées. Les directions des ressources humaines qui sont encore peu convaincues des nouvelles attentes et des nouveaux comportements engendrés par le numérique n’ont qu’à juger de la stratégie 2.0 de L’Oréal pour promouvoir ses métiers, de la panoplie déployée par Orange pour former ses équipes, ou des programmes diffusés sur le web par Airbus pour communiquer avec ses 13 00 ingénieurs ! Trois projets – que du lourd ! – en lice pour notre trophée RH digitales.

Un tiers (29 %) des interrogées a déploré un manque de volonté managériale ? C’est là, sans doute, l’un des arguments les moins recevables. Selon Roland Berger, les sociétés les plus en avance en matière de mutation digitale auraient une croissance six fois supérieure aux entreprises à la traîne ! Frédéric et Julien Lippi (entreprise familiale éponyme), Rafi Haladjian (Sen.se) ou Jacques-Antoine Granjon (vente-privee.com), nominés pour le Trophée du Boss digital, ne peuvent peut-être pas tous prouver ce facteur de croissance, du moins du point de vue des résultats de leur entreprise. Les uns et les autres n’en restent pas moins persuadés que le levier numérique est désormais incontournable.

Faut-il s’attarder aux risques de sécurité invoqués par 26 % des sondées ? Les plus récalcitrantes peuvent s’inspirer de la filière aéronautique et du succès de sa plate-forme de supply chain BoostAeroSpace, qui unifie les outils de collaboration entre donneurs d’ordres et fournisseurs. Enfin, que penser de l’absence d’offre adaptée (14 % des sondées) ? L’argument ne tient pas face aux trois entreprises innovantes sélectionnées pour notre trophée de la Start-up digitale : Dataiku fait parler les données, FabShop professionnalise les fab labs et Upgraduate importe les moocs (les cours en ligne ouverts) dans les entreprises. On l’aura compris, le numérique n’est plus une option : opérer la transformation digitale de l’économie est une obligation.

"L’étude de Roland Berger estime qu’il y a 0,5 point de PIB à prendre en s’alignant sur les meilleures pratiques numériques", souligne Axelle Lemaire, la secrétaire d’État chargée du Numérique. Une étude du cabinet McKinsey évalue à 110 milliards d’euros la valeur ajoutée du numérique dans l’Hexagone. D’ici à 2020, la France pourrait accroître de 100 milliards d’euros par an la part de ce secteur dans son PIB, à la condition que les entreprises accélèrent leur transformation. Les entreprises doivent chercher à "offrir une expérience client unifiée cross canal, revoir les modalités de conception pour rendre les usages plus collaboratifs, comme le fait Airbus par exemple, ou en forgeant de nouvelles alliances avec les écosystèmes", juge Axelle Lemaire.

Exactement ce que les nominés aux Trophées des industries numériques semblent si bien réussir.

Aurélie Barbaux

Trophées, mode d'emploi

Pour leur première édition, les Trophées des industries numériquesde "L’Usine Nouvelle" et de "L’Usine Digitale" récompensent des pionniers du numérique qui n’en font pas qu’un outil, mais ont compris sa participation à la transformation inéluctable de l’entreprise. La rédaction a sélectionné 27 projets ou personnalités parmi une centaine de candidats, soit trois nominés pour chacune des neuf catégories (innovation, conception, start-up, service, marketing, supply chain, usine, RH et boss). Vingt-sept histoires exemplaires, preuve que l’industrie se numérise bel et bien. Le 16 octobre, le jury présidé par Olivier Mathiot, le PDG de PriceMinister, ne devra choisir qu’un lauréat par catégorie. Un dixième trophée viendra couronner l’industriel numérique de l’année.

 

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