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Le partage de données entre WhatsApp et Facebook dans le viseur de la Cnil irlandaise

Vu ailleurs Comme le RGPD l'exige, la Cnil irlandaise vient de partager ses conclusions sur l'affaire WhatsApp-Facebook à ses homologues pour parvenir à un accord, voté à la majorité simple. Le contentieux remonte à 2018 lorsque la filiale et sa maison-mère s'étaient accordées pour s'échanger des données. Cette problématique n'est pas sans rappeler la future mise à jour de WhatsApp qui a soulevé une levée de boucliers et dont l'entrée en vigueur a finalement été repoussée. 
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Le partage de données entre WhatsApp et Facebook dans le viseur de la Cnil irlandaise
Le partage de données entre WhatsApp et Facebook dans le viseur de la Cnil irlandaise © Sam Azgor – Flickr – C.C

La Data Protection Commission (DPC), l'équivalent de la Cnil en Irlande, a envoyé un projet de décision à ses homologues européens concernant le partage des données entre WhatsApp et Facebook, révèle Techcrunch.

Le sujet ne date pas de la récente controverse sur la nouvelle politique de confidentialité de la messagerie, dont l'entrée en vigueur est finalement retardée de trois mois, mais aura sans aucun doute des conséquences sur cette dernière.

Les autorités doivent s'accorder
Si la DPC prend le temps d'envoyer ses conclusions, dont le contenu reste confidentiel, c'est parce que le Règlement général sur la protection des données (RGPD) l'y oblige. En effet, l'article 60 de ce texte dispose que les autorités de protection des données de chaque Etat membre doivent se mettent d'accord et voter à la majorité simple le projet de décision, avant qu'il ne devienne définitif.

L'affaire WhatsApp-Facebook remonte à 2018 et concerne le respect des articles 12 à 14 du RGPD qui définissent la manière avec laquelle les informations doivent être fournies aux personnes concernées dont les données sont traitées. A cette époque, la Cnil irlandaise s'inquiétait déjà de la transmission des données des utilisateurs de WhatsApp vers Facebook, rendue possible grâce à une mise à jour de 2016.

La DPC amoindrit le partage des données
Après plusieurs mois de procédure, la DPC avait finalement conclu que les données personnelles des Européens ne pouvaient pas faire l'objet d'une transmission entre la messagerie et sa maison-mère ni pour "améliorer l'expérience avec les produits Facebook" ni pour proposer des "publicités Facebook plus ciblées sur sa plateforme".

Par conséquent, si WhatsApp veut modifier ces règles il devra impérativement s'entendre avec la DPC. C'est d'ailleurs ce que la messagerie précise dans sa politique de confidentialité : "si, à l'avenir,  nous décidons de partager de telles données avec les Entités Facebook à ces fins, nous conclurons d'abord un accord avec le commissaire irlandais chargé de la protection des données (…)".

Les préoccupations sont similaires
Presque trois ans plus tard, les préoccupations sont donc exactement les mêmes et inquiètent toujours autant. Sollicité par Techcrunch, le commissaire adjoint à la DPC Graham Doyle a confirmé que cette future mise à jour, révélée il y a quelques semaines, avait provoqué de nouveau l'envoi de "nombreuses questions" issues de personnes inquiètes pour leurs données personnelles. 

Face à ces préoccupations, WhatsApp a finalement décidé de retarder l'entrée en vigueur de sa nouvelle politique au 15 mai 2021. "En attendant, WhatsApp lancera des campagnes d'information pour clarifier le fonctionnement de la protection de la vie privée et de la sécurité sur sa plateforme", a détaillé le commissaire.

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