Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Le PDG de Teads explique comment il va dépenser les 43 millions d'euros qu'il a obtenus

mis à jour le 02 août 2016 à 08H47
Twitter Facebook Linkedin Google + Email
×

Vidéo Entretien Teads, pépite française de la "ad-tech", a annoncé lundi 1er août avoir obtenu une ligne de financement de 43 millions d’euros auprès d’un syndicat bancaire composé de BNPP, Bank of China, HSBC, Banque palatine et Bpifrance. La start-up officie comme SSP, autrement dit une plateforme publicitaire qui se place du côté de l'offre. A cette occasion, Pierre Chappaz, le PDG de Teads.tv a répondu à nos questions.

Le PDG de Teads explique comment il va dépenser les 43 millions d'euros qu'il a obtenus
Le PDG de Teads explique comment il va dépenser les 43 millions d'euros qu'il a obtenus © Teads

Pourquoi ce choix d’une ligne de financement plutôt que de lever des fonds ?

Pierre Chappaz : La ligne de financement n’induit pas d’échange de capital. Teads a des actionnaires stables. Ainsi, nous évitions de diluer les actionnaires. Teads est une société solide, rentable depuis 4 ans maintenant.

 

Qu’allez-vous faire de ces 43 millions d’euros ?

Nous allons vraisemblablement faire des acquisitions. Nous regardons de près une ou deux cibles potentiels dans le secteur. Ce sont  des gens de la ad-tech, comme nous, mais qui ont développé des technologies complémentaires. Le but de ces opérations est d’enrichir les services offerts aux éditeurs et aux marques qui utilisent nos technologies.

 

Nous utiliserons aussi cette somme pour notre extension en Asie du Sud-Est. Nous sommes déjà très présents au Japon. La prochaine étape est l’ouverture d’un hub à Singapour qui nous servira de base pour nous implanter en Asie du Sud-Est. Pour cela, nous avons recruté Christian Guinot, qui présidait MEC (groupe M) en Chine. Nous préparons notre entrée en Chine l’année prochaine. C’est le dernier grand marché où ne sommes pas encore.

 

Vous êtes très présents aux USA...

Nous nous sommes lancés il y a trois ans et c’est devenu très vite notre premier marché. Nous travaillons avec de nombreux grands éditeurs des Etats-Unis, parmi lesquels Forbes, Mashable, Condé Nast, le Washington Post…

 

Vous proposez une place de marché pour les éditeurs qui peuvent soit y commercialiser directement leur inventaire, soit passer par votre intermédiaire. Quel est l’intérêt de cette deuxième option ?

Notre métier c’est la publicité video. Sur ce marché, la question centrale est le transfert des budgets de la télévision vers Internet. Nous offrons aux marques la possibilité de toucher des audiences importantes. Par exemple, en France, nous représentons 40 millions de visiteurs uniques, soit 88% du reach. Ces données Mediamétrie nous placent devant YouTube ou Facebook.

 

En parlant de Facebook, l’entreprise de Mark Zuckerberg vient d’indiquer qu’elle croissait très vite sur le marché de la publicité mobile. Et vous ?

Aujourd’hui, la majorité de l’audience des sites médias est mobile. 60% de notre inventaire est aujourd’hui sur le mobile. Cela représente environ 40% de nos revenus. La croissance est très forte et a été très rapide. L’an dernier, le mobile ne représentait que 10% de nos revenus. Nos formats publicitaires sont particulièrement bien adaptés au mobile, encore mieux qu’au desktop.

 

Pourquoi ?

Les internautes supportent de plus en plus difficilement les publicités qui gênent leur navigatoin, par exemple celles qui viennent s’insérer dans la consultation et les entravent. Ils veulent bien de la publicité, s'ils la sollicitent. Nos formats de ce point de vue sont bien intégrés. Ce sont des propositions. Nous apparaissons dans le corps d’un texte sous forme de vidéo. A l’internaute de décider s’il veut la regarder et cliquer. Nous sommes très respectueux de l’internaute.

 

Justement, comment percevez-vous le développement des ad-blocks ?

J’ai participé à un débat lors de Viva Technology avec le dirigeant de la société qui diffuse Ad Block Plus. Je pense que nous sommes deux réponses radicalement opposées. Nous avons créé notre produit il y a quatre ans et nous avons connu une croissance forte, en même temps que les bloqueurs de publicité. Là où ils que disent la publicité est insupportable et qu'il faut la bloquer, nous pensons qu’il faut plutôt la changer, et c’est ce que nous faisons. Nous voulons développer la publicité sur le web de manière respectueuse pour l’audience.

 

Notre dossier : Et si les ad-blocks changeaient la pub plus qu'ils ne la tuent

 

Une fois les acquisitions faites, vous restera-t-il assez des 43 millions d’euros pour vous développer en Chine ? Un tel marché ne requiert-il pas davantage de moyens ?

Nous sommes aujourd’hui présents dans 18 pays à travers le monde. Nous possédons une bonne expérience de l’ouverture de nouveaux marchés. Jusqu’ici nous avons développé une méthode grâce à laquelle nous sommes rentables dès la troisième année, après deux années consacrées à l’investissement. Pour moi, il n’y a aucun doute : il est possible de faire de la même façon en Chine.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale