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Le Pentagone met en garde les militaires américains sur les dangers des tests ADN récréatifs

Le Pentagone alerte ses militaires sur les tests génétiques récréatifs proposés par certaines entreprises privées. Sécurité, carrière et fiabilité… les risques sont nombreux. Ces kits promettent monts et merveilles alors que leur fiabilité est contestable.  
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Le Pentagone met en garde les militaires américains sur les dangers des tests ADN récréatifs
Le Pentagone met en garde les militaires américains sur les dangers des tests ADN récréatifs © Pixabay/PublicDomainPictures

Dans une note interne publiée le 20 décembre 2019, la direction du Pentagone a exhorté les militaires américains à ne pas se laisser tenter par les tests ADN récréatifs. Selon le Département de la Défense des États-Unis, les informations ainsi collectées par les entreprises privées – sans les citer explicitement – pourraient poser un risque pour la sécurité, affecter négativement leur carrière et par dessus tout ne sont pas fiables. En effet, ces tests promettent d'identifier les origines des utilisateurs, voire leurs prédispositions médicales, comme le risque de développer un cancer.

 

"L'exposition d'informations génétiques sensibles à des tiers pose des risques personnels et opérationnels aux militaires", peut-on lire dans le document. Le Pentagone s'inquiète de cette tendance car ses membres sont devenus des cibles pour ces entreprises qui sont quatre à se partager ce marché : trois américains, 23andMe, Ancestry et FamilyTreeDNA, et un israélien, MyHeritage. De son côté, Ancestry a assuré au New York Times qu'elle ne s'était pas adonné à de telles publicités. La société 23andMe a certifié qu'elle ne "partageait pas de données avec des tiers sans le consentement explicite de ses clients".

 

Inexactitudes dans les informations médicales

La note de service fournit peu de détails sur la façon dont les profils génétiques pourraient mettre en danger la sécurité nationale. Le Pentagone cite surtout les "inexactitudes" potentielles dans les informations médicales, lesquelles doivent être explicitement mentionnées par les militaires lorsqu'ils entrent dans l'Armée. 

 

Les questionnements vis-à-vis des tests génétiques récréatifs ne sont pas réservés aux Etats-Unis, où 26 millions d'Américains ont déjà acheté un kit depuis 2013 (d'après le Massachusetts Institute of Technology). Ces objets sont arrivés jusqu'en France où pourtant "l'examen des caractéristiques génétiques d'une personne ne peut être entrepris qu'à des fins médicales ou de recherche scientifique" selon le code civil. Bien que cette pratique soit illégale, il est très simple de se procurer un kit via internet.

 

Ce ne sont que des statistiques

Ces tests génétiques promettent monts et merveilles mais leur fiabilité est contestable. A savoir que les résultats liés aux origines géographiques ne sont que des statistiques avec une marge d'erreur. Par ailleurs, les bases de données utilisées sont forcément biaisées car elles ne reposent que sur du déclaratif.

 

Encore plus préoccupant, ces tests affirment pouvoir déterminer les prédispositions génétiques des clients à une dizaine de maladies. Mais ils ne peuvent détecter qu'un risque de développer l'une des pathologies recherchées. Cela ne signifie pas, pour autant, que ce risque s'exprimera dans les faits car les facteurs environnementaux ne sont pas pris en compte.

 

Un risque de fuite des données

Ce n'est pas tant sur ces aspects que le Pentagone s'inquiète mais sur le stockage des données personnelles qui découlent de ces tests. Il faut dire que les sociétés en question n'ont pas toujours eu des comportements irréprochables. En 2018, 23andMe a vendu l'intégralité des informatiques génétiques dont il disposait, sans le consentement des usagers, au laboratoire pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline.

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