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Le phénomène Pokémon GO révéle nos besoins en datacenters de proximité

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Le succès actuel du jeu Pokémon Go donne une idée de ce que vont devoir supporter les infrastructures quand le nombre d'objets connectés sera multiplié. Pour éviter le déni de service, il existe une solution, assure Damien Giroud, directeur solutions datacenter chez Schneider Electric : le datacenter de proximité.

Le phénomène Pokémon GO révéle nos besoins en datacenters de proximité
Un Nosferapti se promènant dans les couloirs de L'Usine Digitale. © Charles Foucault

La liste des objets connectés qui nous entourent est longue et en constante évolution. Pour certains, le terme d’objet connecté paraît aller de soi, voire pléonastique (ordinateurs, téléphones, tablettes), d’autres sont en passe d’accéder à ce statut (bracelets, montres, casques, téléviseurs), d’autres enfin étonnent encore un peu (lunettes, valises, vélos, chaussures), mais un étonnement chasse l’autre. La nouveauté plaît, et il semble bien que rien de tangible ne soit en mesure d’échapper à la possibilité d’être, un jour, connecté. Alors comment gérer les applications qui animent ces objets, et qui se comptent déjà en millions ?

 

trop de joueurs, panne des serveurs

L’augmentation exponentielle des objets connectés soulève la question du traitement des informations et du stockage des données que ne pourra plus à terme assurer le réseau informatique tel que nous le connaissons aujourd’hui. Il suffit de se tourner vers un phénomène mondial, et l’engouement suscité par Pokemon GO développé par Niantic Labs, pour en avoir une idée plus précise.

 

Après des jours d’attente fébrile, l’application est disponible en France depuis à peine une semaine. Parmi les raisons évoquées pour expliquer la sortie retardée du jeu dans l’hexagone, la crainte d’une panne des serveurs face à un trop grand nombre de téléchargements, comme ce fut le cas au Japon jeudi dernier. Aux États-Unis aussi, où l’application est disponible depuis le 7 juillet et a été téléchargée plus de dix millions de fois, de nombreux utilisateurs ont dû mettre en attente leur carrière de dresseur suite à une panne des serveurs.

 

Dès lors que la connexion n’est plus possible, soit l’application est en téléchargement permanent, soit un message d’erreur apparaît : "Nos serveurs sont à saturation, merci de réessayer plus tard". Le succès, considérable (plus de 75 millions de téléchargements à travers le monde !) a ainsi mis en lumière un écueil technique nullement insoluble, mais difficile à régler dans l’urgence : l’incapacité des datacenters traditionnels à répondre à une demande inédite devenue trop forte. Le jeu nécessite en effet des allers-retours de données constants entre l’utilisateur et les serveurs d’hébergement pour délivrer des informations telles que l’emplacement de dizaines, de centaines, voire de milliers de joueurs, pour leur envoyer des messages ou des images virtuelles qui s’affichent sur leurs écrans, ou encore fournir des données sur le nombre de Pokémons attrapés par chacun...

 

Revoir vite les infrastructures ?

À bien des égards, Pokémon GO reproduit un environnement de l’internet des objets (IoT) où de nombreux appareils transmettent des données à un site central. Les exigences de performance soulignées par l’application phénomène sont ainsi très comparables aux enjeux plus sérieux, qui attendent, demain, les fabricants d’objets connectés et les nombreux autres acteurs de l’économie numérique.

 

La réponse la plus adaptée aux problèmes de latence (délai entre le moment où une information est envoyée et celui où elle est reçue) ou de saturation des réseaux, est apportée aujourd’hui par le Edge Computing, qui se définit comme la mise à disposition de "ressources informatiques proches de l’utilisateur final ou de la source de données ".  

 

Un serveur près de chez vous

Plusieurs micro-datacenter installés dans le pays pourraient par exemple prendre en charge les messages transmis aux joueurs, les statistiques et les scores. Ce n’est que de manière ponctuelle qu’il leur faudrait envoyer des données à un datacenter "central", et uniquement des données choisies. Pareille configuration permettrait de réduire la latence mais également le besoin en bande passante, de chaque aller-retour de manière significative. Les données ne seraient plus transmises du téléphone de tel utilisateur à un datacenter situé à quelques centaines de kilomètres, mais à un micro datacenter situé à proximité.

 

Ainsi, plus de cloud en surcharge, plus de serveurs en panne ! Le Edge Computing va véritablement changer la donne en permettant de gérer le flux d’informations reçues et transmises aux utilisateurs. Il semble  souhaitable que cette approche trouve rapidement un écho auprès des décideurs pour que soient implémentées les infrastructures "micro-dc" permettant aux quelques 20 milliards d’objets connectés à l’horizon 2020 (source Gartner), de mieux fonctionner, afin que les applications innovantes portées par le développement des technologies puissent susciter plus d’engouement que de frustration dans les années à venir.

 

En attendant, bonne chasse !

 

Damien Giroud, Directeur Solutions Datacenter, Activité IT France, Schneider Electric

Les avis d'experts et points de vue sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n’engagent en rien la rédaction.

 

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