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Le plan fou d'une start-up de la Silicon Valley pour attirer les meilleurs ingénieurs

Le patron de la start-up californienne Weeby, Michael Carter, lance un nouveau programme de compensation pour attirer et garder les meilleurs ingénieurs, rapporte le site spécialisé Cnet. Un plan qui permettrait aux plus performants de recevoir un million de dollars étalé sur 4 ans.
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Le plan fou d'une start-up de la Silicon Valley pour attirer les meilleurs ingénieurs
Le plan fou d'une start-up de la Silicon Valley pour attirer les meilleurs ingénieurs © Wikimedia commons

La guerre des talents fait rage dans la Silicon Valley et les start-up rivalisent d'ingéniosité pour attirer des informaticiens talentueux et débaucher les stars de Facebook, Google et autres géants. Pas facile de tenir la cadence tant les salaires du marché sont élevés.

Michael Carter, la patron de la start-up californienne Weeby, est très connu des cercles entrepreneuriaux depuis qu'il a créé le protocole WebSocket pour le language informatique HTML5, une révision majeure du langage du web utilisée pour des applications de communication en temps réel par plus de 2 milliards de personnes. Fondée en 2011, sa start-up Weeby, qui construit une plate-forme de développement de jeux, a levé 12 millions de dollars en 2012. Elle avait jusqu'à présent payé ses ingénieurs au prix du marché. Mais plus aujourd'hui, révèle le site spécialisé Cnet.

Programme de recrutement agressif

Michael Carter lance un nouveau programme de compensation agressif : les nouveaux ingénieurs commencent avec un minimum de 100 000 dollars par an [soit 78 000 euros] selon leur expérience avec la possibilité d'ajouter 10 000 dollars par mois selon leurs résultats, sur les 4 années du programme. Jusqu'à atteindre un salaire de 250 000 dollars par an, avec la possibilité de continuer à être augmenté selon les résultats, pour obtenir 1 million de dollars sur 4 ans, plus des parts dans l'entreprise. Un salaire largement au-dessus des prix du marché. Selon Michael Carter, les revenus de sa start-up (non dévoilés) suffisent pour payer quelques superstars à ce niveau.

Au départ, Weeby payait ses salariés 60 000 ou 70 000 dollars par an, y compris pour les cadres. Le PDG lui-même ne gagne que 59 000 dollars par an en salaire de base. Mais il est devenu rapidement évident "que nous faisions mal les choses (...) nous avons perdu de nombreux candidats [ainsi]," explique-t-il. Weeby offre dans son nouveau programme de compensation avec 4 fois plus de parts dans l'entreprise que d'autres start-up de la Silicon Valley. Les employés devraient ainsi détenir plus de parts que le plus gros investisseur de la start-up.

David contre Goliath

Michael Carter a aussi insisté sur l'importance de de la transparence dans ce genre de programme. Il veut embaucher seulement quelques superstars, pour passer de 22 à environ 40 employés, mais il s'agit d'embaucher les bonnes personnes. Tout est dans la compatibilité de personnalité et de valeurs. "Je veux les 40 'bonnes' personnes, pour pouvoir rivaliser avec des entreprises de 200 personnes", explique-t-il.

En effet, selon Michael Carter, un ingénieur qualifié ne fera pas vraiment une grande différence chez un géant du web. Au contraire "le même ingénieur dans une petite entreprise peut faire la différence entre un échec et un milliards de dollars", estime-t-il.

Par ailleurs, selon le PDG, en payant leurs ingénieurs largement au-dessus du prix du marché, les start-up "peuvent aller plus vite que Microsoft, Google, etc". Encore faut-il pouvoir se le permettre, soit avec des revenus soit, logiquement, avec une levée de fonds.

Payer au prix du marché ?

De nombreux experts du secteur technologique estiment que donner suffisamment de parts aux meilleurs ingénieurs suffit pour construire une équipe investie et durable. Selon eux il faut payer les ingénieurs au prix du marché - soit entre 90 000 et 140 000 dollars par an [entre 70 000 et 110 000 euros par an], et une moyenne de 111 000 dollars par an - soit 87 000 euros - dans la Silicon Valley selon le site spécialisé Glassdoor.

Mais pour Michael Carter, cette somme ne suffit pas, surtout compte tenu ses loyers hors de prix de la Silicon Valley et San Francisco, du coût de l'éducation des enfants ou des pensions. Selon lui, les meilleurs ingénieurs doivent être payés exactement comme s'ils étaient la fondation d'une potentielle très grande entreprise.

La performance avant tout

L'une des inspirations de cet ambitieux programme de recrutement est Next, la société fondée par Steve Jobs après son départ d'Apple en 1985. Next payait ses employés hauts placés 75 000 dollars par an, et tous les autres recevaient 50 000 dollars peu importe leur expérience.

Cependant, tous les ingénieurs de Weeby ne vont pas toucher le million de dollars. Chaque mois, la start-up prévoit de mener des évaluations de performance, et les managers devront prendre des décisions rapides, autorisant ou non l'augmentation de 10 000 dollars. Certains devront partir mais recevront au moins 20 000 dollars au moment du départ.

"Des missionnaires, pas des mercrenaires"

Si de nombreux experts soutiennent cette initiative, d'autres crient au danger. Selon le président du célèbre incubateur de start-up Y Combinator, Sam Altman, c'est "une idée horrible". "Sur le papier ça semble être une très bonne idée, car de très bons ingénieurs peuvent créer beaucoup de valeur. Mais ça ne fonctionne pas car ce qu'il faut, ce sont des missionnaires, pas des mercenaires." Aux débuts d'une entreprise, les salariés doivent être motivés par la mission du produit et être vraiment passionnés, c'est la seule façon d'accomplir de grandes choses, selon Sam Altman.

Une chose est sûre : il fait bon être ingénieur dans la Silicon Valley aujourd'hui.

Nora Poggi

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