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Le plan Souveraineté télécoms vise une infrastructure française attractive pour le monde entier

Le plan Souveraineté télécom validé par le gouvernement est déjà dans l’action sur la 5G, les infrastructures virtualisées ou la sécurisation des réseaux. Le plan qui s’appuie en partie sur des projets existants, a aussi dopé une collaboration inédite entre acteurs de la filière.
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Le plan Souveraineté télécoms vise une infrastructure française attractive pour le monde entier
Le plan Souveraineté télécoms vise une infrastructure française attractive pour le monde entier © Xeni - Flickr - C.C.

Le gouvernement a validé, jeudi 5 juin, le plan Souveraineté télécoms que son chef de file Philippe Keryer lui a présenté le 4 juin.  "L’Etat s’est rendu compte que l’économie numérique était le support de l’économie tout court, raconte le directeur de la Stratégie et de l'Innovation d’Alcatel-Lucent. Et l’ambition de ce plan, c’est de doter la France des fondations de sa future économie numérique en bâtissant les réseaux de demain. L’alignement de cette filière du numérique n’était pas encore fait, mais aujourd’hui, avec le plan, j’en suis très satisfait."

L’équipementier Alcatel-Lucent s’est par exemple rapproché de Thales ou Airbus Defense & Space, mais a aussi travaillé différemment avec un de ses plus gros client, Orange. Pour présenter son plan, le chef de file a évoqué certains des travaux représentatifs dans le très haut débit, la sécurisation des infrastructures ou le travail avec les PME, par exemple.

Une vraie force européenne sur la 5G

Dans le volet consacré au très haut débit, Orange est ainsi moteur d'une implication forte des acteurs français dans le projet européen 5GPPP consacré à la prochaine génération de téléphonie mobile. "C’est aux européens de reprendre la main sur le mobile et de faire en sorte d’assurer le développement de nos marchés et de nos entreprises", insiste Philippe Keryer. Alors que l’Europe des télécoms a mené la danse dans le GSM (3G), elle s’est laissée dépassée par les USA et l’Asie dans la 4G.

"L’Europe ouvre aujourd’hui une tranche d’investissement de 115 millions d’euros pour la recherche sur la 5G, précise Philippe Keryer. Et nous voulons créer le club France qui répondra à cet appel à candidature avant la date limite du mois de novembre." Dans le très haut débit, des travaux sont aussi prévus autour du LTE (4G), des small cells ou des différentes technologies de très haut débit fixe.

Une plate-forme de référence dans la virtualisation télécoms

Autre volet important du plan, le tout nouveau domaine de la virtualisation des réseaux télécoms, fera l’objet de la mise en place d’une plate-forme de référence sécurisée et ouverte. Dans ce type d’infrastructures, certaines fonctions, comme le routage, par exemple, ne dépendent plus d’un équipement physique mais prennent la forme de logiciels. Elles permettent donc de disposer d’un réseau plus souple, modulaire, adaptable, en phase avec le développement actuel du numérique.

La plate-forme du plan Souveraineté télécoms, chapeautée par Alcatel-Lucent, proposera aux industriels un socle d’expérimentation comprenant toute les briques d’un tel réseau, mais elle accueillera aussi des services réseaux virtualisés. L’ensemble sera développé par les industriels, les opérateurs, en collaboration avec les IRT et la cité de l’innovation d’Alcatel-Lucent.

Les start-up intégrées au plan

A ces actions dans le très haut débit fixe et mobile, la virtualisation, la sécurisation des infrastructures, et les radio-communications sécurisées, prévues dans le plan dès 2013, s’est ajouté un nouvel axe de travail avec les PME et les start-up. Dans le cadre de cette action pilotée le spécialiste du très haut débit mobile Eblink, les grandes entreprises du plan prendront  sous leur aile une dizaine de jeunes pousses qu’ils auront cooptées. Elles pourront leur garantir une première commande, les héberger dans leurs locaux ou partager leur expertise technologique, par exemple.

Outre la collaboration entre des acteurs qui ont l’habitude de se croiser mais moins de travailler ensemble, ce plan se caractérise par l’intégration de projets déjà démarrés et ayant un sens pour le renforcement des télécoms nationaux. Un moyen d’accélérer le plan sans réinventer inutilement des dispositifs déjà existants. C’est le cas par exemple de Novea. Le centre d’expertise et de formation au très haut débit créé en 2006 en collaboration avec l’industriel local du câble Acôme enseigne entre autres les métiers de la fibre optique.

Un rapprochement avec les plans Cloud et Cybersécurité

Philippe Keryer le rappelle, "souveraineté télécoms signifie d’abord que la France puisse disposer d’infrastructures leaders capables d’attirer le monde entier pour s’installer dans le pays. Cela ne signifie pas du tout que tout reste en France.  En revanche il faut assurer les différents niveaux de sécurité des infrastructrures, et la protection des abonnés, des français, en identifiant bien ce qui est privé, ce qui est public, etc." Pour avancer encore davantage sur ces sujets, les plans sur la cybersécurité et sur la Souveraineté télécoms se sont d’ailleurs déjà rapprochés, et Philippe Keryer souhaiterait en faire autant avec le plan sur le cloud porté par Octave Klaba, DG d’OVH et Thierry Breton, PDG d’Atos.

Emmanuelle Delsol

 
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