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Le rachat d'Arm par Nvidia soumis à une nouvelle enquête par les régulateurs britanniques

Il est de moins en moins probable que le mariage entre Nvidia et Arm soit finalisé avant mars 2022. Jugé potentiellement anticoncurrentiel, le contrat va de nouveau être passé au crible par les régulateurs au Royaume-Uni. Une procédure qui va prendre plusieurs mois et pourrait conduire à l'annulation du rachat.
mis à jour le 23 août 2021 à 09H53
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Le rachat d'Arm par Nvidia soumis à une nouvelle enquête par les régulateurs britanniques
Le rachat d'Arm par Nvidia soumis à une nouvelle enquête par les régulateurs britanniques © Nvidia

Article mis à jour le 23 août 2021 : L'autorité britannique a estimé, vendredi 20 août, que le rachat d'Arm par Nvidia pourrait nuire à la concurrence et affaiblir plusieurs secteurs et entreprises, et qu'il nécessite une nouvelle enquête approfondie d'environ six mois.

"Nous sommes préoccupés par le fait que le contrôle d'Arm par Nvidia pourrait créer de réels problèmes pour les concurrents de Nvidia en limitant leur accès à des technologies clés et, en fin de compte, en étouffant l'innovation sur un certain nombre de marchés importants et en croissance", a déclaré Andrea Coscelli, chef de l'Autorité de la concurrence et des marchés, indique Reuters.

Nvidia a proposé plusieurs solutions pour répondre aux inquiétudes des régulateurs, mais cela ne semble pas suffisant. Le gouvernement britannique a indiqué qu'il allait devoir examiner les conclusions et donner une réponse plus complète à une date ultérieure. Inquiet de l'impact éventuel de ce contrat sur sa sécurité nationale, le gouvernement britannique pourrait bloquer la prise de contrôle ou l'autoriser moyennant certains engagements.


Article d'origine : À l'occasion d'une interview accordée au Financial Times ce jeudi 19 août, Jensen Huang, cofondateur et CEO de Nvidia, a admis que l'acquisition de l'entreprise britannique Arm avait peu de chances d'aboutir dans le délai de 18 mois initialement prévu. Pour cause, cet investissement qui doit réunir deux des plus puissantes sociétés d'électronique au monde fait l'objet d'un examen minutieux de la part des régulateurs aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Chine.

"Les régulateurs prennent plus de temps que prévu" a déclaré Jensen Huang. "Nos discussions prennent plus de temps, ce qui repousse le calendrier", a-t-il détaillé. Le dirigeant se veut toutefois rassurant et indique "être persuadé que les régulateurs reconnaitront les avantages de l'acquisition."

Après plusieurs semaines de rumeurs, Nvidia a confirmé en septembre 2020 avoir trouvé un accord avec Softbank pour le rachat d'Arm. L'accord donne au concepteur de puces américain jusqu'à mars de 2022 pour valider l'achat auprès des régulateurs et est évalué à 40 milliards de dollars, dont 21,5 milliards payés en actions Nvidia et 12 milliards en cash.

Un rachat qui inquiète
Jensen Huang a indiqué qu'il "espérait" toutefois obtenir le feu vert de la part des régulateurs avant date fixée par les deux entreprises. De toutes parts, les régulateurs craignent que ce rachat ne nuise à la concurrence et les entreprises technologiques s'inquiètent d'une mainmise de l'entreprise américaine sur la technologie de la pépite britannique, actuellement utilisée par tous les processeurs mobiles du marché.

Au Royaume-Uni, les autorités enquêtent sur ce contrat pour des raisons de sécurité nationale, mais les politiciens ont également décrit ce rachat comme un coup porté à l'industrie technologique britannique et à sa souveraineté sur la scène mondiale. En Chine, c'est Huawei qui s'est adressé à l'autorité de la concurrence nationale pour lui faire part de ses craintes.

Enfin, aux États-Unis Qualcomm, Microsoft et Google ont fait part de leurs inquiétudes à la Federal Trade Commission. Si Nvidia se dit confiante, en 2018 Qualcomm a été contraint d’annuler son accord de rachat avec NXP suite à un examen antitrust en Chine qui n'a pas permis d'obtenir le feu vert dans les 18 mois que les deux entreprises s'étaient accordés.

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