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"Le rachat des 3Suisses est un vrai pari", Karine Schrenzel, co-fondatrice de ShopInvest

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ShopInvest annonce ce lundi 26 novembre 2018 le rachat des 3Suisses. Le spécialiste du commerce en ligne prend le pari de redresser la marque historique de mode et de déco, qui a perdu 650 millions d’euros depuis 2005. Le point avec Karine Schrenzel, co-fondatrice de ShopInvest.

Le rachat des 3Suisses est un vrai pari, Karine Schrenzel, co-fondatrice de ShopInvest
Karine Schrenzel et Olivier Gensburger, co-fondateurs de ShopInvest © ShopInvest

3Suisses, le nouveau chouchou de ShopInvest ? Approché en juin 2018 par le groupe Domoti, propriétaire de la marque depuis 2017, le spécialiste du e-commerce (MenCorner, Bijourama...) a finalisé début novembre le rachat de la marque historique de vente par correspondance.


"C’est une marque que nous avions déjà regardée en 2016. Quand, en 2018, nous avons été approchés, nous étions ravis, se félicite  Karine Schrenzel, co-fondatrice de ShopInvest avec Olivier Gensburger, interrogée par L’Usine Digitale. C’est un rêve de travailler sur une marque patrimoniale, qui a su développer l’amour des Français. Et nous avons acquis un véritable savoir-faire e-commerce depuis une dizaine d’années".


Un pari de taille

Les 3Suisses en chiffres
• 8 millions de clients dont 25% actifs
Panier moyen : 100 €
CA annuel : 120 M€
Effectifs : 40 personnes
Audience* : 646 000 visiteurs uniques (contre 8M pour La Redoute)
*Mediamétrie NetRatings septembre 2018
 
Pourtant, le défi est de taille. Créée en 1932, les 3Suisses s'est vue bousculée par des pure player comme Amazon et Zalando, puis par le relancement récent de La Redoute. La marque nordiste est passée d’un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros en 2005 à 120 millions d’euros aujourd’hui et affiche 60 millions de pertes. Sans compter un trafic en ligne plus de 10 fois inférieur à celui La Redoute (lire encadré ci-contre)… "En effet, c’est un vrai pari, consent Karine Schrenzel. C’est un challenge important qui s’offre à nous". Mais elle est confiante : "Il y a quand même de grandes forces : les clients sont très attachés à la marque, et les fournisseurs et les partenaires nous font confiance."


Après un été très studieux, Karine Schrenzel et Olivier Gensburger sont aujourd’hui en mesure de livrer leurs ambitions pour les 3Suisses. "Nous souhaitons allier le meilleur du Web, avec la livraison rapide à tout moment, et la facilité d’achat en ligne avec une ergonomie adaptée, notamment sur le mobile (avec le développement d’une appli mobile, ndlr), tout en ajoutant un supplément d’âme et un côté humain", ambitionne Karine Schrenzel, avant d’ajouter : "Là où on voit les chatbots se développer à fond, nous voulons au contraire développer un contact privilégié à travers le service client et renforcer la proximité."


Un positionnement anti-Amazon

Qui est ShopInvest ?
ShopInvest a été créé en 2011 par Karine Schrenzel et Olivier Gensbrurger. Spécialiste du e-commerce, la société gère 10 sites mode et déco, comme  MenCorner, DeclikDeco, Bijourama ou LemonCurve.  Elle réalise actuellement un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros.
Si le Web représente 80% des achats des 3Suisses, pas question d’abandonner le catalogue papier. "C’est assez marrant. Comme on est un pure player, tout le monde nous a dit : 'Donc vous allez abandonner le catalogue’, raconte Karine Schrenzel. Au contraire, pour nous, c’est un vecteur d’émotions important que nous voulons conserver". Celui-ci prendra cependant une nouvelle forme : "Nous voulons être plus agiles et le moderniser, avec des cycles de vie plus courts". 

Face à Amazon, c’est bien par ce côté humain et émotionnel que les nouveaux acquéreurs des 3Suisses comptent se différencier : "Amazon est un vrai modèle d’efficacité. Mais c’est une efficacité froide et automatisée. On veut y ajouter de la proximité et de l’attention", exprime Karine Schrenzel. Quant à La Redoute, autre concurrent historique de la marque : "C’est une très belle aventure et je suis admirative du travail qui a été fait. Mais on ne veut pas faire des 3 Suisses une marketplace. On veut maîtriser notre offre et le lien avec la clientèle".


La co-construction en fil rouge

Mais ce relancement, "on ne le fera pas dans une chambre avec Olivier en réfléchissant tous les deux, ou simplement avec les collaborateurs, assure Karine Schrenzel. On lance une grande initiative de co-construction de la marque avec nos clients".

Baptisé #Imagine3Suisses, ce projet participatif s’appuiera sur les réseaux sociaux et des appels téléphoniques auprès de la clientèle actuelle. Le lancement est prévu en janvier 2019. "Nous souhaitons comprendre ce qui leur plaît, ce qui a pu les décevoir dans le passé et ce qu’ils attendent", explique Karine Schrenzel. Objectif : reconstruire la marque tant dans l’offre que dans l’image et la communication. Pour cela, le nouvel acquéreur s’est laissé 6 mois. "On veut en sortir un plan élaboré au second semestre 2019", précise-t-elle.

Doubler la base de clients actifs en 12 mois

ShopInvest mise aussi sur quelques synergies avec les sites de son portefeuille : "Nous avons des secteurs que nous maîtrisons très bien et qui pourraient étoffer l’offre 3 Suisses sur la lingerie, la mode et la décoration", indique Karine Schrenzel. "Ensuite, nous allons partager les meilleures pratiques sur le Web, en matière d’ergonomie, d’acquisition, de transformation…"

Côté organisation, pas de changement, la plateforme logistique actuelle restera en place. "Nous allons la conserver et veiller à la rapidité, tout en restant vigilant sur les KPI et la qualité", indique-t-elle. Quant aux quelque 40 collaborateurs actuels des 3Suisses, ils resteront eux aussi en poste. L’effectif sera même renforcé de 20 personnes en 2019, dont 10 personnes à court terme : "On recrute des profils marketing et techniques", précise Karine Schrenzel.

Si les nouveaux acquéreurs ne s’avancent pas sur un objectif de chiffre d’affaires, ils souhaitent réactiver la base de données de 8 millions de clients. "Celle-ci compte 2 millions de clients actifs. Nous nous sommes donné 12 mois pour activer le double". Après Nathalie Balla et Eric Courteille, les repreneurs de La Redoute qui multiplient les récompenses, Karine Schrenzel et Olivier Gensbrurger seront-ils le nouveau power couple du e-commerce ?

 

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