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Le smartphone et la morale

Le smartphone peut-il nous aider à distinguer le bien du mal ? Sans doute pas. Mais il a permis d’observer comment plus de 1200 adultes ont jugé les actes et comportements, moralement condamnables ou non, qu’ils ont croisés sur leur chemin pendant trois jours. Avec cette étude publiée dans la revue Science, c’est à une plongée dans la vie morale saisie sur le vif que nous convient des chercheurs en psychologie.
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Le smartphone et la morale
Le smartphone et la morale © Reallyboring - Flickr - C.C.

Le Bien et le Mal : cela fait quelques temps que l’on s’interroge sur le sujet, et l’étude publiée cette semaine dans Science par des chercheurs allemands, américains et hollandais n’a pas la prétention de résoudre la question. Mais l’éternelle interrogation n’empêche pas tout un chacun de porter des jugements moraux sur les actes et les comportements rencontrés dans la journée. Les siens et ceux des autres.

justes ou injustes, loyales ou non, honnêtes ou malhonnêtes ?

Ce sont ces jugements spontanés et quotidiens qu’ont voulu étudier les chercheurs, en mettant à profit l’instrument désormais au cœur de la "vraie vie" d’un nombre croissant de citoyens : le smartphone. Plus de 1200 adultes âgés de 18 à 68 ans ont été invités à signaler, cinq fois par jour pendant 3 jours, les actions jugées morales ou immorales qu’ils auraient commises, dont ils auraient été la cible, le témoin, ou dont ils auraient entendu parler. Les actions justes ou injustes, loyales ou non, honnêtes ou malhonnêtes… étaient décrites par les participants, assorties des émotions qu’ils disaient ressentir (dégoût, bonheur, culpabilité, regain du sens donné à leur vie…).

Un tableau inédit de la vie morale prise sur le vif, car les études scientifiques sur le sujet étaient jusqu'alors plutôt basées sur des questionnaires ou des expériences de pensée, plaçant artificiellement les cobayes en situation, dans un laboratoire.

Ses bonnes actions et les mauvaises actions des autres

Pour autant, il n’est pas certain que les résultats soient à la hauteur des attentes.  En effet, des conclusions de l’étude il ressort notamment que :

1. La plupart des gens sont plus enclins à rapporter leurs bonnes actions que leurs mauvaises actions.

2. La plupart des gens s’intéressent plus facilement aux mauvaises actions de leurs concitoyens qu’à leurs comportements louables.

3. Le jugement moral est soumis à des influences idéologiques : les progressistes sont plus sensibles au couple juste-injuste, tandis que les conservateurs se focalisent plus volontiers sur l’opposition loyauté-déloyauté.

Guider l'action publique

Ce qui confirme les expériences menées jusqu’ici en laboratoire, disent les chercheurs. Et l’intuition de chacun.

Une proposition innovante, toutefois, mais pas forcément rassurante. En poursuivant plus avant ce type d’études, avancent les chercheurs, on pourrait approfondir la connaissance de phénomènes déjà bien identifiés : la contagion morale (celui qui bénéficie d’un acte moral est plus enclin lui-même à bien agir), et l’auto-licence morale (faire une bonne action réduit la probabilité de bien agir dans les heures qui suivent…). Et utiliser cette connaissance pour guider l’action publique.

Thierry Lucas

 

 
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