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Le spectre des suppressions d’emplois plane déjà sur Hewlett Packard Entreprise en France

A peine créée, la filiale française de la nouvelle société Hewlett Packard Entreprise (HPE), née de la scission du groupe informatique américain, va être touchée par le plan mondial de suppression de 25 à 30 000 postes d’ici 3 ans. Mais son PDG Gérald Karsenti promet de gérer le problème "intelligemment" avec les partenaires sociaux.

mis à jour le 05 novembre 2015 à 09H11
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Le spectre des suppressions d’emplois plane déjà sur Hewlett Packard Entreprise en France
Le spectre des suppressions d’emplois plane déjà sur Hewlett Packard Entreprise en France
Le plan de suppression de 25 000 à 30 000 postes d’ici 3 an, lancé par HP en septembre 2015, aura un impact sur Hewlett Packard Entreprise (HPE) en France. Gérald Karsenti, le PDG de la filiale française, l’a confirmé lors du lancement officiel de la société née de la scission du groupe informatique américain le 2 novembre 2015.
 
 
Concurrence féroce sur les prix
"Nous allons être touchés ne serait-ce que pour des raisons de productivité, avertit-il. Nous sommes confrontés à des problèmes de pyramide des âges et de compétences. Dans les services, nous faisons face à une compétition féroce en termes de coûts. Des concurrents s’appuyant sur l’off-shore proposent des tarifs horaires jusqu’à trois fois inférieurs aux nôtres. Nous devons continuer à nous transformer. Mais nous allons le faire intelligemment comme nous le faisons depuis quatre ans et demi."
 
 
HPE, qui se recentre sur les solutions d’infrastructure, les logiciels et les services pour entreprises, compte 3500 salariés en France, contre 1200 pour HP Inc, l’autre société née de la scission dans les domaines des PC et matériels d’impression. Gérald Karsenti mise sur les bons résultats de la filiale française pour minimiser l’impact du plan de suppression d’emplois en France. "Nous faisons partie des cinq pays qui réalisent les meilleurs résultats du groupe dans le monde, explique-t-il. Cela joue en notre faveur."
 
 
En quête d'innovation sociale
Le patron de Hewlett Packard Entreprise inscrit son action sociale à venir dans le cadre de l’accord Gpec (Gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences), conclu en juin 2014 avec les syndicats CFTC, CFE-CGC, CFDT et Unsa (seule la CGT ne l’a pas signé) et reconduit jusqu’en 2016 pour les deux entités issues de la scission du groupe. "C’est un outil fabuleux, peu utilisé en France, note-t-il. Nous n’envisageons pas de rupture de notre mode de transformation. Nous voulons garder la même logique avec le soutien des partenaires sociaux. Nous allons faire preuve d’innovation sociale."
 
 
C’est dans le cadre de cet instrument que 98 postes (sur 119 annoncés) ont été supprimés en 2014 par des départs volontaires. L’accord Gpec limite la réduction de l’emploi à 3,5% des effectifs par an et uniquement sur la base du volontariat. La direction pourra donc supprimer au maximum 100 postes en 2016 sur ce principe. La CFTC se montre néanmoins vigilante. "Nous n’accepterons ni départs forcés chez des sous-traitants comme cela est en train de se faire en Allemagne, ni augmentation forcée de charge de travail des salariés, ni licenciements secs", prévient le délégué Jean-Paul Vouiller.
 
 
Une image de marque à préserver
Depuis son arrivée à la tête de HP France, il y a quatre ans et demi, Gérald Karsenti privilégie le dialogue avec les partenaires sociaux pour mener la transformation de l’entreprise. "Sous sa direction, nous n’avons connu aucun conflit social, confie le délégué CFTC. Les problèmes ont toujours été résolus par la négociation. Et cela devrait continuer car Gérald Karsenti est une image de marque, avec des livres, un blog et un modèle de management auprès des pouvoirs publics. Il n’a aucun intérêt à abimer cette image en créant un conflit social."
 
Lors de sa la conférence téléphonique avec les élus du comité d’entreprise, le 3 novembre 2015, il a tendu la main aux syndicats. Sa priorité est d’impliquer les représentants du personnel dans la nouvelle stratégie de développement de HPE en France d’ici 2020, qui sera présentée en décembre 2015 en prolongement du plan stratégique Challenge 2017 lancé en 2013. Selon Jean-Paul Vouiller, le problème de suppression d’emplois devrait être abordé au début 2016. Gérald Karsenti se donne le temps de la réflexion et du dialogue avant de prendre une décision.

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