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Le "super robot agricole" développé par le MIT Media Lab serait… nul, ou presque

Vu ailleurs Baptisé OpenAg Personal Food Computer, ce projet destiné à faire pousser des végétaux grâce à la technologie est durement critiqué en interne. Des révélations qui tombent mal pour le MIT Media Lab, dont le dirigeant, Joi Ito, vient de démissionner sur fond d'affaire Epstein.
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Le super robot agricole développé par le MIT Media Lab serait… nul, ou presque
Le "super robot agricole" développé par le MIT Media Lab serait… nul, ou presque © Media Lab MIT

Le pavé dans la mare est lancé par nos confrères de Business Insider. Selon un article publié le 7 septembre, le projet Personal Food Computer, actuellement développé par le Media Lab, l'un des laboratoires du MIT (Massachusetts Institute of Technology), est loin d’être une réussite. Lancée en 2016 pour révolutionner l’agriculture, notamment dans les pays en développement, la technologie, conçue pour faire pousser des végétaux chez un particulier ou dans une collectivité quelles que soient la zone géographique et les conditions environnementales, serait même un fiasco.

 

Deux collaborateurs de l'équipe de recherche ont révélé sous couvert d’anonymat que les plantes figurant dans les containers avaient été placées en amont pour des démonstrations destinées à attirer les financements, ou avant des prises de vue. Elles n’auraient donc pas poussé grâce au Personal Food Computer, mais auraient été achetées en magasin ou sur des marchés. 

 

Le programme OpenAg Personal Food Computer, qui invitait les professionnels de l'éducation à participer avec des jeunes gens âgés de 8 à 14 ans, témoigne de la faiblesse de la technologie : sur une trentaine de dispositifs déployés dans les écoles locales, seuls deux ordinateurs auraient fait pousser des végétaux naturellement. Business Insider s'appuie également sur des documents révélant des dysfonctionnements, sans en révéler la teneur. 

 

Optimiser les conditions de culture... même sans terre

Le principe du Personal Food Computer est le suivant : un logiciel établit les critères d’un environnement optimisé contrôlé grâce aux lumières LED, à la culture hydroponique (alimentation des plantes par sels minéraux, et pilotée via le numérique) et à un certain nombre de capteurs qui déterminent les besoins en CO2, la bonne température, le taux d’humidité et les sels minéraux nécessaires. Le container est connecté à une interface entièrement automatisée qui donne des instructions et analyse les anomalies afin de les corriger.

 

Caleb Harper, directeur du projet, affichait dès 2016 de grandes ambitions pour ce "super robot de l’agriculture", selon ses termes : que chacun puisse cultiver des espèces végétales chez soi, y compris en l’absence de terre. Dans certains médias, à l’instar du Wall Street Journal, de Wired ou du National Geographic, le chercheur affirmait encore cette année que certains aliments poussaient quatre fois plus rapidement qu’avec les méthodes de culture traditionnelles.

 

Le MIT Media Lab et Jeffrey Epstein, une histoire qui a beaucoup duré

Ces révélations, confirmées par Paula Cerqueira, ancienne responsable du projet, tombent mal pour le MIT Media Lab, qui n’a pas souhaité réagir. Son directeur, Joi Ito, a présenté sa démission samedi 7 septembre après avoir été mis en cause pour ses liens présumés avec Jeffrey Epstein. Il aurait dissimulé les financements de l'homme d'affaires, accusé entre autres d'agressions sexuelles sur mineures, et effectués bien après la condamnation de celui-ci en 2008, selon le New Yorker.

 

Après la mort de Jeffrey Epstein, le 10 août dernier, l'université avait indiqué avoir reçu un total 800 000 dollars de la part des fondations du milliardaire. Somme qu’elle s’engageait à reverser à des organisations de soutien aux victimes. Mais la totalité des fonds, collectés auprès de Jeffrey Epstein ou par son intermédiaire, s’élèverait en réalité à au moins 7,5 millions de dollars.

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