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Le "web as a brain", ou quand la mémoire fait sa révolution

Dans une société éclatée dans l’espace et le temps, l’homme qui sait n’est plus dépositaire de la mémoire du groupe. Une réalité que l’avènement d’Internet et des réseaux de données est venu encore amplifier, ouvrant un champ d’accès à la connaissance et à la transmission du savoir sans limite, analyse Steny Solitude, président et fondateur de la start-up Perfect Memory, spécialisée dans le traitement du big data. 
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Le web as a brain, ou quand la mémoire fait sa révolution
Le "web as a brain", ou quand la mémoire fait sa révolution © Perfect Memory

Depuis des décennies, nous utilisons les machines pour gérer et protéger nos savoir-faire techniques. Depuis l’arrivée d’Internet, nous stockons les informations et les images de notre vie sur des disques durs et développons des plates-formes de partage et de stockage pour y déposer notre patrimoine mémoriel.

De la mémoire organique à la mémoire numérique

Nous vivons un moment unique de notre histoire, une ère nouvelle, où tout devient information et où les réseaux (via l’interconnexion des systèmes) constituent une extension naturelle de la mémoire de nos organisations humaines. Cette mémoire embrasse désormais un champ plus vaste de compétences, de savoirs et de cultures.

Le carburant de la pensée, la mémoire, est devenue l’objet de la révolution technologique, portée par les réseaux sociaux. Alors que le fondement de toute société repose sur sa capacité à capitaliser sur ses connaissances, c'est à dire à préserver, accroître et transmettre ses savoir-faire pour les transformer en mémoire collective, l’impact à attendre de cette révolution est immense. Car tout objet d’étude est objet d’information : la notice de montage de notre nouvelle bibliothèque, les cours prodigués dans les écoles et les universités, notre ADN même…

Le WaaB, une expérience radicalement différente du web

Tout est manipulable et modifiable par la machine et le calcul, le vivant comme l’inerte, le réel comme l’imaginaire. Et le challenge est colossal, puisqu’il consiste à capitaliser sur ce que 7 milliards d’individus produisent chaque jour en termes d’idées, de nouveautés, de richesses, de savoirs, de traces, c’est à dire de mémoire. Et demain, nous serons 10 milliards !

Poussées par ces nouvelles attentes sociétales, les industries de la mémoire, qui ont pour objet l’ingénierie de la connaissance, évoluent à vitesse forcée. Inspirées de l’organique et regroupées sous le concept émergent de ‘WaaB’, elles s’appuient sur les technologies sémantiques, qui permettent de donner vie aux données et de repenser l’information pour la transformer en connaissance exploitable, tout comme notre cerveau produit, entretient et manipule de la mémoire.

Loin des géants de l’informatique américains -les IBM, Microsoft, Apple, Google et autre Facebook-, de nouveaux acteurs, bien souvent européens, sont en train de s’emparer de la nature même de cette révolution, à savoir la culture, transformant les données en réseaux de connaissance et les réseaux en un véritable système pensant.

identification des résultats les plus pertinents

En rupture avec les moteurs de recherche qui remontaient platement des millions de résultats, ils sont à l’origine d’offres technologiques évoluées, à même d’identifier les résultats les plus pertinents, y compris ceux qui sont peu nombreux ou que l’on ne cherche pas mais qui s’avèrent encore plus importants. Car le WaaB n’est pas algorithmique, il est ‘pensant’.

C’est en cela que le web as a brain (waab), loin de constituer un concept de plus, préfigure ce que sera l’Internet de demain. Capables d’analyser le comportement et la psychologie de l’internaute lors d’une recherche, de détecter en temps réel son errance navigationnelle pour lui proposer des recommandations inattendues et éloignées de sa recherche initiale (mais chargées de sens pour lui), ces technologies rendent possible de nouveaux modes d’expression, de diffusion et de réception des contenus. Elles offrent une expérience nouvelle, permettant à chacun de trouver, par un hasard heureux, ce qu’il ne cherchait pas.

Par Steny Solitude, Président et fondateur de Perfect Memory

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