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E. Leclerc ouvre son 2e drive piéton dans Paris, une brique de la stratégie digitale de l’enseigne... et fait un pied de nez à Amazon

E. Leclerc a inauguré ce 20 mars 2019 son deuxième dépôt-relais parisien. Ce nouveau point de retrait marque la volonté de l’enseigne de déployer ce concept de drive piéton à grande échelle, avec un objectif d’au moins 100 relais de ce type dans les 3 à 4 années à venir. Michel-Edouard Leclerc livre ses ambitions et quelques briques de sa stratégie.

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E. Leclerc ouvre son 2e drive piéton dans Paris, une brique de la stratégie digitale de l’enseigne... et fait un pied de nez à Amazon
E. Leclerc ouvre son 2e drive piéton dans Paris, une brique de la stratégie digitale de l’enseigne... et fait un pied de nez à Amazon © E. Leclerc

E. Leclerc accélère le déploiement de ses drives piétons. Après 15 ouvertures déjà réalisées en France, l’enseigne a inauguré ce mercredi 20 mars 2019 son deuxième Leclerc Relais au cœur de Paris, boulevard Saint Michel, dans le 6e arrondissement. Le distributeur marque ainsi sa volonté de mailler la capitale. Objectif : ouvrir 3 à 4 dépôts relais dans chaque arrondissement dans les 3 à 4 ans à venir.


13 500 références… et plus

D’une surface de 135 mètres carrés, ce nouveau E. Leclerc Relais parisien permet de retirer gratuitement entre 9h et 21h, et à partir de 15 euros, des commandes parmi les 13 500 références disponibles sur le site Leclerc Chez Moi. "Il s’agit de la même offre que la livraison à domicile, avec le même prix, si ce n’est que le service est gratuit", indique Stéphane Quéré, adhérent E. Leclerc de Nanterre et Président de Paridif.


"Mais ces 13 500 références évoluent", ajoute Michel-Edouard Leclerc. En effet, l’ensemble de l’offre digitale du Mouvement E. Leclerc sera également disponible sur ce point de retrait : parapharmacie, culturel, optique, maison & loisirs, vins… Sans compter, la possibilité de se faire livrer prochainement des produits issus de commerçants tiers. "On ne s’exclut rien", glisse Michel-Edouard Leclerc. Même chose pour les casiers et l'extension des horaires. E. Leclerc adopte le principe du "test and learn".
 

Un nouvel entrepôt parisien

Ce nouveau point relais sera alimenté par l’entrepôt de Lognes, tandis que le premier E. Leclerc Relais, situé à la Fourche, est desservi par l’entrepôt de Pantin. Côté panier moyen, s'il est trop tôt pour prédire le chiffre d’affaires du second point relais parisien, on apprend que celui du dépôt de la Fourche est de l’ordre de 50 euros, soit un chiffre supérieur aux attentes.


Le prochain E. Leclerc Relais parisien ouvrira rue Voltaire dans le 11e arrondissement. Mais pas question pour autant de laisser pour compte l’ouverture de magasins dans Paris. Un hyper devrait d’ailleurs ouvrir courant 2020 dans le quartier Gaîté-Montparnasse. Et pour servir tous ces points de vente (31 magasin physiques, 18 drives) et assurer la livraison à domicile, un entrepôt de 70 000 mètres carrés dont 15 000 mètres carrés entièrement automatisés sur les produits dits de grande consommation, sera construit dans l’est parisien. Les travaux débuteront en septembre 2019.
 

Au moins 100 drive piéton d'ici à 2022-23

Au niveau national, 11 autres Leclerc Relais sont déjà planifiés sur 2019 :  Nantes, Auxerre, Nîmes, Franconville, Dijon, Reims (le 6e), Chambéry, Haguenau, Pontoise, Rennes, Vannes. Et Michel-Edouard Leclerc est ambitieux : "Quand on est prudent, on dit 100 dépôts relais en trois ans, mais quand c’est Michel-Edouard qui se lâche, il va jusqu’à dire qu’il y aura assez vite 200 relais". Car le concept né à Lille fait recette et fait florès, selon ses termes. "Fin 2019, on réalisera le chiffre d’affaires d’un gros hyper. Et 2022-2023, on réalisera l’équivalent de 4 gros hypers sur Paris", ambitionne le PDG.


Pour Michel-Edouard Leclerc, ce nouveau mode de livraison "est vraiment une manière de maîtriser les coûts d’approvisionnement. Car ce sont les derniers 100 mètres qui sont les plus mangeurs d’énergie, coûteux en livraison et les plus délicats à réaliser".  Et "autant Leclerc a été pionnier sur le drive, et compte plus de 600 drives, et a laissé Carrefour sur place le conseil d’administration de Carrefour en était encore à se demander s’il était nécessaire d’ouvrir des drives il y a 3 ans pendant que Leclerc prenait 50% de parts de marché concurremment avec les enseignes d’Auchan – autant cette fois-ci les enseignes parisiennes et les enseignes intégrées relèvent le défi et vont très vite", avoue le PDG de l’enseigne.


Avant d’ajouter : "Donc c’est aussi un secteur qu’il faut regarder avec attention, Il faut regarder avec attention la prolifération de ce service qui vraiment prendre place dans la société française. Je prédis que toutes les enseignes de distribution auront un point relais".


Un pied de nez à Amazon

"L’arrivée d’Amazon, d’Alibaba et de toutes ces plateformes dont vous ne connaissez pas encore le nom et qui seront peut-être les prestataires de grandes sociétés françaises... cela va chambouler le paysage de la distribution. Cette notion de plateforme est très importante pour nous deux choses : passer le temps de l’addiction d’un premier lancement, passer le temps de la comparaison très professionnelle de la qualité de la logistique, c’est quand même la promesse commerciale qui va l’emporter". Leclerc reste ainsi fidèle à sa politique de prix bas, avec des produits de 20 à 30 % moins chers sur les produits en livraison (à domicile ou en point relais).


"Vu notre contexte et notre histoire, nous nous sentons tout à fait capables, nous français et provinciaux, de rivaliser avec des grosses machineries comme Amazon", assure Michel-Edouard Leclerc. Ouverture des dépôts relais, plan de présence sur le web commerce, travail des adhérents qui se sont adossés à des prestataires, investissement de près d’un milliard réalisé en près de trois ans sur la gestion des stockages amont et la robotisation… Autant d’arguments qui le rendent  confiant : "Nous pensons que nous avions un gros écart avec les savoir-faire d’outre-Atlantique et d’outre-Asie, mais nous nous sommes donnés les moyens de les apprendre. Nous pourrons être dans les 4 à 5 ans qui viennent des challengers très performants de ces nouvelles enseignes qui arriveront soit sous leurs couleurs soit sous la houlette des enseignes avec lesquelles elles ont dealé".

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