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Leclerc veut devenir "l'Amazon français" (mais sans magasins automatiques ni livraison express)

Vu ailleurs Le patron des centres E. Leclerc a annoncé le 11 mars l’ouverture au printemps 2020 d’un nouveau site e-commerce. Selon Michel-Edouard Leclerc, il regrouperait l’ensemble des sites marchands actuels, alimentaire et non-alimentaires, du groupement breton.
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Leclerc veut devenir l'Amazon français (mais sans magasins automatiques ni livraison express)
Leclerc veut devenir "l'Amazon français" (mais sans magasins automatiques ni livraison express) © E. Leclerc

Invité hier mercredi 11 mars sur RMC et BFMTV, Michel-Edouard Leclerc n’a pas caché ses ambitions sur le digital, quitte à attaquer directement le leader de l’e-commerce occidental. "On va partir à la conquête d'Amazon sur l'alimentaire et le non-alimentaire", a-t-il déclaré à notre confrère Jean-Jacques Bourdin. Le dirigeant breton affirme même penser que "sur les 10 ans qui viennent, […] Leclerc sera le Amazon français [sic], avec des salariés en plus et des experts en plus". Et pour y parvenir, le patron des centres E. Leclerc annonce la couleur : "tous les sites Internet de Leclerc" vont être unifié en un seul "portail".

Une dizaine de sites, plus de 3 milliards d'euros de chiffres d'affaires

Le groupement breton dispose pour l’heure d’une dizaine de sites spécialisés : un site drive pour les courses, mais également des sites marchands pour les références high-tech, les voyages, l’optique, les bijoux, la parapharmacie, la billetterie et enfin le bricolage-jardinage. L’idée serait donc de centraliser l’ensemble de l’offre commerciale sur un seul portail. Toujours selon Michel-Edouard Leclerc, le chiffre d’affaires cumulé atteint plus de 3 milliards d’euros. Amazon, qui ne communique plus son chiffre d’affaires depuis 2018, affichait 4,5 milliards d’euros en France il y a deux ans... et sans doute bien plus aujourd'hui.

Le nouveau site annoncé sera-t-il une simple porte d’entrée vers plusieurs sites marchands, ou fera-t-il au contraire disparaître les différentes enseignes Leclerc, comme Le Manège à Bijoux ? Autre hypothèse : s'agit-il d'un portail unifié exclusivement centré sur les offres non alimentaires, à l'instar d'un Fnac-Darty ? Pour le moment, une interface unique regroupant les différents catalogues est accessible aux internautes, mais chaque produit renvoie vers le site de sa catégorie.

Pas de projet de magasin sans caisses

Les similitudes entre Leclerc et Amazon ne sont pas si évidentes, et la comparaison peut relever de l'effet d'annonce – ce n'est pas la première fois que le dirigeant explique vouloir contrer Amazon. La livraison express n'est, de l'aveu même de Michel-Edouard Leclerc, pas un objectif. Interrogé sur les magasins sans personnel et sans encaissement physique, dont le marché des solutions explose, Michel-Edouard Leclerc prévient également : "les magasins sans caisses, c’est pas pour nous".

Un pied de nez qui vise Amazon et sa technologie Amazon Go évidemment, mais qui s'adresse également à ses concurrents retailers français, qui planchent quasiment tous sur un nouveau format de magasin sans caisses : Casino – par ailleurs allié d'Amazon –, Carrefour et Auchan, sans oublier Intermarché qui travaille avec la start-up Belive sur des technologies de vision par ordinateur. Pour justifier un peu plus son opposition aux magasins automatisés, Michel-Edouard Leclerc précise par ailleurs créer 2500 à 3000 emplois chaque année, notamment sur les "nouveaux métiers de la distribution".

Enfin, une marketplace est-elle envisageable, à l’instar du modèle Amazon ? On en saura plus dans quelques semaines. Le distributeur français compte de son côté profiter de sa forte implantation physique – 721 magasins (hypers, supers et express) et 2 541 enseignes spécialisées, et quelque 690 drive – et de son assortiment non-alimentaire pour véritablement concurrencer Amazon sur le terrain de ventes en ligne. Le groupement mutliplie les projets en matière d’omnicanal, se lançant à la fois sur les interactions vocalesle drive piéton ou encore des collaborations poussées avec des start-up spécialisées dans les problématiques du commerce connecté, dont Shopopop, acteur français de la livraison collaborative.

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