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Les 5 leçons de Zuckerberg, Jobs, Dorsey et les autres pour entreprendre sur le web

Les start-up du web se multiplient, et l'industrie numérique fait rêver un nombre croissant d'entrepreneurs. Comment survivre dans ce marché ultra compétitif ? Les conseils des plus grands entrepreneurs de l'Internet, résumés en cinq points fondamentaux.
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Les 5 leçons de Zuckerberg, Jobs, Dorsey et les autres pour entreprendre sur le web
Les 5 leçons de Zuckerberg, Jobs, Dorsey et les autres pour entreprendre sur le web © Apple

L'industrie technologique attire de plus en plus d'entrepreneurs, qui rêvent d'utilisateurs par millions et d'introductions en bourse à la Twitter. Par ailleurs, il n'a jamais été aussi simple de créer une compagnie. L'entrepreneuriat est devenu "cool", et les entrepreneurs web sont en passe de devenir les nouvelles rockstars. Tous les jours naissent de nouvelles start-up Internet. Pourtant, peu d'entre elles réussiront. Pour mettre toutes les chances de votre côté, L'Usine Digitale a établi un "top 5" des conseils des plus grands entrepreneurs du numérique. De Phil Libin à Steve Jobs, tous ont échoué pour mieux se relever.

1) Ne cherchez pas des investisseurs à tout prix

Le premier conseil est diificile à suivre et pourtant "ne cherchez pas l'investissement à tout prix". Paul Graham, le gourou des start-up dans la Silicon Valley, l'expliquait bien à tous les "élèves" de la Start-Up School du célèbre incubateur californien Y Combinator : si vous n'êtes pas prêts, ne levez pas d'argent. La priorité d'une compagnie naissante est la croissance, et se focaliser sur la levée d'argent peut au contraire nuire à cet objectif. Le co-fondateur d'AirbnbNate Blecharczyk, explique pourquoi un échec dans la levée de fonds a finalement été bénéfique pour sa compagnie : "nous avons essayé de lever de l'argent, mais personne ne voulait nous en donner, donc nous avons dû faire nos preuves et rétrospectivement je pense que c'est génial. On est plus en contrôle si on peut montrer qu'on arrive à générer des bénéfices et être auto-suffisant, même très modestement, sans avoir besoin de capital-risque. Il est plus facile d'obtenir des fonds de cette manière qu'en disant 'hey, je ne fais pas d'argent encore, mais c'est pour bientôt'. Attendez le bon moment, atteignez un niveau de profitabilité minimal, et ensuite prenez la décision de lever des fonds ou pas".

Une raison toute simple à cela : quand les investisseurs rentrent en jeu, il est beaucoup plus difficile de garder le contrôle sur son produit et la direction de sa compagnie. La pression monte immédiatement. Les entreprises technologiques sont connues pour leurs investissements chocs, qui font les unes des journaux (comme ce jeune homme de 21 ans qui a levé 25 millions de dollars pour une application de paiement mystérieuse), toutefois, Jon Oringer, le fondateur de Shutterstock, le catalogue de photos en ligne dont l'introduction en bourse a fait beaucoup parler d'elle, conseille aussi d'attendre le bon moment. "Je n'ai pas commencé par lever de l'argent, et je ne recommanderais pas de commencer comme ça, à moins que ce soit absolument nécessaire."

2) Créez un produit qui vous passionne vraiment

Le b.a-ba de l'entrepreneuriat. Surtout dans une industrie numérique ou les médias font miroiter des revenus monstres et des introductions en bourse spectaculaires, il faut revenir aux sources du succès : la passion. Phil Libin, le patron d'Evernote, l'application de gestion de notes, racontait aux entrepreneurs en herbe de Y Combinator  comment ce retour aux sources avait sauvé sa compagnie. Après avoir été à deux doigts de fermer la société et renvoyer ses collaborateurs et amis, Libin a reçu un soutien financier de dernière minute d'un investisseur européen fan du produit. Cela lui a fait l'effet d'un électrochoc : "On s'est dit créons quelque chose pour nous, une société que nous voulons garder". Phil et son équipe se sont donc attelés à redevenir les cibles du produit, et à créer un service qui leur plaisait avant tout. "Si vous construisez quelque chose qui est le travail de votre vie, vous n'aurez pas envie d'en sortir".

Steve Jobs, le patron d'Apple, l'a dit mieux que personne lors de son célèbre discours à l'université de Stanford : "Vous devez trouver ce que vous aimez. (...) La seule facon de faire quelque chose d'excellent, est d'aimer ce que vous faites. Si vous ne l'avez pas encore trouvé, continuez à chercher. Ne laissez pas tomber."

Faire ce que l'on aime est aussi important que créer un produit qui fait une vraie différence dans la vie de ses utilisateurs, et qui résout un problème. Il s'agit toujours de partir d'un point fondamental, un "instant de vérité" quasi mystique pour certains entrepreneurs, plutôt que d'avoir les yeux rivés sur un pactole qui ne viendra peut-être jamais. Mark Zuckerberg est revenu sur l'une des raisons du succès - presque improbable - de Facebook : "L'une des leçons est.. Créez quelque chose de fondamental. Toutes les analyses suggèrent que nous aurions dû nous planter, que nous n'avions pas les ressources (serveurs, temps, employés). Nous sommes devenus les plus gros car on tenait plus [à cette idée] que n'importe qui d'autre. On le sentait dans nos tripes".

Pourtant, parfois toute la volonté du monde ne suffit pas à créer le produit miracle et à s'imposer sur un marché.

3) L'équipe fera le succès ou l'échec de votre entreprise

Selon Phil Libin, il est presque même inutile de se faire des amis avec qui on ne se voit pas un jour fonder une compagnie. Sans aller aussi loin, tous les investisseurs et entrepreneurs s'accordent à le dire : l'équipe fera la différence entre un succès et un échec. Savoir s'entourer de gens brillants et surtout en qui vous avez confiance est la clé du succès, surtout quand on ne compte pas ses heures. "Cultivez un groupe de gens très, très brillants avec beaucoup d'énergie - qui acceptent de travailler gratuitement - et faites-en vos amis pour la vie", affirme Libin en plaisantant à moitié.

Trouver un(e) ou plusieurs co-fondateurs, c'est bien l'un des problèmes majeurs de tout entrepreneur, surtout dans le numérique ou de nombreuses idées reposent sur un savoir-faire technique et technologique que peu de gens possèdent. "Trouver un co-fondateur, c'est comme trouver l'âme soeur", est une expression courante dans la Silicon Valley. Le co-fondateur d'Airbnb insiste : "Vos partenaires sont comme vos conjoints. Si vous rompez, la compagnie prend l'eau aussi, très souvent. Je recommande de trouver un partenaire, mais ne vous précipitez pas."

Monter son équipe, surtout au début, consiste à faire confiance à des individus et leur confier votre "bébé", sans avoir peur de déléguer. "Travailleriez-vous pour la personne que vous embauchez ? Recrutez des gens qui peuvent vous apprendre quelque chose", recommande encore Mark Zuckerberg.

4) Sachez rebondir après un échec

Et quand tout cela ne marche pas et qu'on s'est planté, que faire ? Et bien on recommence. C'est l'un des problèmes majeurs de l'entrepreneuriat français, qui considère l'échec comme la pire chose possible. Aux Etats-Unis, les échecs sont analysés publiquement, et les entrepreneurs les revendiquent fièrement. Un échec est comme une marque de reconnaissance entre gens d'une même tribu, ceux qui "savent". Un investisseur de la Silicon Valley affirmait même conserver un carnet avec les noms des entrepreneurs ayant échoué, qu'il contacterait en priorité. En contre-pied, le modèle français est analysé très justement par Philippe Rambaud : "Ici, échouer est tabou, les patrons qui ratent leur coup se cachent au fond du bois. Ils ont honte." Pire encore que la honte, la stigmatisation par les banques, qui "fichent" les entrepreneurs "losers", et refusent de leur prêter de l'argent. Un système qui devrait être supprimé bientôt, selon Philippe Rambaud.

De l'autre côté de l'Atlantique, c'est la culture du risque qui est valorisée. Steve Jobs expliquait notamment pourquoi "me faire virer d’Apple est la meilleure chose qui [lui] soit arrivée", lui permettant de retrouver sa créativité. Il s'agit avant tout d'un pari, selon Jack Dorsey, le fondateur de Twitter et Square : "tu crées quelque chose que tu veux voir dans le monde, et tu fais le pari que d'autres gens veulent la même chose. Parfois tu gagnes, parfois tu perds".

En France, les mentalités changent lentement, et les premières conférences dédiées à l'échec - "Failcon" - sont arrivées dans l'Hexagone. Mais au final, la seule chose qui permet de se relever après un échec, c'est la persévérance et la détermination.

5) "Just do it"

Le slogan de Nike est repris par nombre d'entrepreneurs à succès, Richard Branson en tête de liste. Pour le PDG de la marque Virgin, croire en son instinct est la seule lumière au bout du tunnel dans les moments difficiles. Peu importe ce que disent les critiques : "si vous avez une idée super, si vous pouvez améliorer la vie des gens, juste foncez et faites-le. 'Just do it''", affirme Branson. Les entrepreneurs se heurtent à beaucoup de "non", et ne pas se laisser décourager par le rejet est crucial, selon Jack Dorsey. Mark Zuckerberg insiste également : "n'essayez même pas d'éviter les erreurs, mais apprenez de vos erreurs. Tant de choses pourraient nous avoir détruit, mais on rebondit et on apprend."

Alors ? Vous êtes prêts ?

Nora Poggi

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

Stéphane Berrebi
15/11/2013 00h29 - Stéphane Berrebi

Je recommande d'ailleurs la lecture de la bio officielle de Steve Jobs, elle est vraiment complète ! Très bon article... http://jecreemonentreprise.tumblr.com

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