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Les Allemands Trumpf et Sick se lancent dans les capteurs quantiques pour l'industrie

Les deux groupes allemands Trumpf et Sick veulent commercialiser leur premier capteur quantique dès 2021 et le destinent à l’industrie des microprocesseurs, du traitement de l’air, de la chimie et de la pharmacie. Ils estiment la taille du marché à environ 1,1 milliard d’euros d’ici 2023.
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Les Allemands Trumpf et Sick se lancent dans les capteurs quantiques pour l'industrie
Le boîtier du futur capteur quantique, qui sera commercialisé à partir de 2021. © Sick

Les groupes allemands Trumpf et Sick, le premier spécialisé dans les machines de découpe laser du métal et le second dans les capteurs de mesure, ont signé ce jeudi 5 novembre un partenariat pour développer et commercialiser des capteurs quantiques.

Alors que la technologie quantique se développe rapidement dans l’informatique et les technologies de la communication, les acteurs veulent l’appliquer à l’industrie et y voient de très nombreuses applications. "A l’aide de la lumière laser, ces capteurs peuvent atteindre des niveaux de détail et de précision encore inégalés, souligne Robert Bauer, PDG de Sick. Nous pourrons les installer sur les process de production et mesurer en continu la taille des particules, leur concentration, leur vitesse, leur direction dans les fluides et dans les gaz."

Une commercialisation dès 2021
Le premier capteur, baptisé QuantAlyzer et développé par Sick et Q.ant, la filiale de Trumpf créée en 2018, est prévu dès 2021. "L’année prochaine, nous commercerons par fournir des clients pilotes pour tester cette technologie-clé, poursuit Robert Bauer. La fabrication de masse et le lancement sur le marché débutera en 2022." Si aucun prix unitaire n’a été annoncé, les acteurs promettent un retour sur investissement rapide, tandis que la taille du marché est évalué à 1,1 milliard d’euros d’ici 2023.

Pour séduire les industriels, Sick avance en particulier la petite taille du nouveau boîtier. "Nous avons réussi à miniaturiser la technologie pour la faire tenir dans l’équivalent d’un carton à chaussures, décrit Niels Syassen, vice-président senior R&D de Sick. Parions que les prochaines générations seront encore plus compactes."
 


Pour faciliter son utilisation dans l’industrie, le capteur a été miniaturisé et fait aujourd’hui la taille d’un carton à chaussures


Les fabricants de microprocesseurs comme clientèle privilégiée
Parmi les applications, les partenaires ciblent notamment l’industrie des microprocesseurs. "Les capteurs quantiques peuvent mesurer des particules d’un cinquième de micromètre, avance Robert Bauer. C’est 200 fois plus petit qu’un cheveu. De fait, nous pourrions aider les industries des puces électroniques à mieux identifier les sources de pollution intérieures, pour réduire les arrêts de production et améliorer la qualité".

Toujours dans la mesure des particules fines, Trumpf évoque également la caractérisation de l’air intérieur des lieux fréquentés par le public, comme les métros, pour optimiser l’emplacement et le dimensionnement des systèmes d’aération. L’industrie pharmaceutique pourrait également améliorer la qualité de ses médicaments en dosant encore plus finement les principes actifs. "Enfin, les capteurs quantiques peuvent détecter des champs magnétiques et gravitationnels extrêmement faibles et sont un million de fois plus précis que les capteurs actuels, ce qui ouvre un énorme champ de perspectives", complète Peter Leibinger, directeur des nouvelles technologies (CTO) chez Trumpf.

Cette annonce fait également écho à la stratégie de l’Allemagne de développer sa propre filière de production de technologies quantiques, pour lesquelles le gouvernement a alloué deux milliards d’euros de subvention dans le cadre du prochain plan de relance. "Avec l’expérience de notre pays dans la recherche, dans la microélectronique et dans les machines-outils, l’Allemagne a tout le potentiel pour devenir un leader dans cette technologie", s’assure Peter Leibinger.

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