Les applications d'e-santé font rarement l'objet d'une étude scientifique avant leur mise sur le marché

Un groupe de chercheurs a développé un outil de notation des applications d'e-santé, le "Medical Digital Solution", qui a été testé sur 65 solutions. Seules 21% d'entre elles ont fait l'objet d'une étude randomisée avant d'être mise sur le marché. Un pourcentage faible étant donné que cette indication est indispensable pour envisager un remboursement par l'Assurance maladie. 

 

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Les applications d'e-santé font rarement l'objet d'une étude scientifique avant leur mise sur le marché

Les applications d'e-santé ont doublé depuis 2013. En 2020, près de 250 ont été publiées chaque jour sur les boutiques officielles d'applications. Mais ont-elles toutes été évaluées par une étude scientifique afin de déterminer leur niveau de preuve clinique ? C'est sur cette question que s'est penchée un groupe de chercheurs (qui travaillent tous dans des instituts français). Il a publié ses travaux dans la revue le Journal of Medical Internet Research (JMIR), repérés par l'UFC Que-Choisir.

Pour cette étude, les scientifiques ont créé un outil de notation des applications d'e-santé, le "Medical Digital Solution" (MDS), composé de 26 questions. Il repose sur les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) et de la Société européenne d'oncologie médicale (ESMO). Il s'adresse aux développeurs, aux investisseurs et aux décideurs hospitaliers.

65 solutions testés grâce à l'outil de notation

Le MDS a été testé sur 65 solutions : 30% d'entre elles étaient liées à la prise de médicaments et à la réduction de la toxicité du traitement, 23% concernaient la détection précoce de la maladie, 16% à l'aide à la décision, 12% à la prévention, 6% aux indications thérapeutiques directes, 2% au triage des patients et 2% pour soulager la surcharge des services d'urgence. La plupart des applications ciblaient plusieurs spécialités médicales. Parmi les 90 spécialités, la cancérologie représentait 20%.

Les chercheurs ont ainsi relevé que seules 21% des applications avaient fait l'objet d'une étude randomisée avant leur mise sur le marché. Il s'agit d'une étude expérimentale dans laquelle un traitement est comparé à un autre traitement, à une absence de traitement ou à un placebo. Un pourcentage assez faible étant donné qu' "évaluer le niveau de preuve clinique d'une solution est une étape importante pour l'accélération de son utilisation dans le monde médical et son éventuel remboursement par les autorités de santé", note l'étude.

Seules 18% ont une forte probabilité de remboursement

Pourtant, 56% des prestataires ont déclaré qu'ils avaient pour objectif d'obtenir le remboursement de l'Assurance maladie. Or, d'après l'étude, seules 18 % des solutions parmi les demandeurs de remboursement ont été évaluées comme ayant "une forte probabilité de remboursement".

En mars dernier, c'est la start-up Tilak Healthcare qui a annoncé le remboursement d'OdySight, une application de surveillance de la santé des yeux.

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