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Les applications de messagerie instantanée se positionnent autour de WhatsApp

WhatsApp, WeChat, Line… Les systèmes de messageries instantanées se livrent une guerre acharnée à la conquête du plus grand nombre possible d’utilisateurs. Sécurité et large gamme de services pourraient être les deux maîtres mots de ce grand jeu de séduction.
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Les applications de messagerie instantanée se positionnent autour de WhatsApp
Les applications de messagerie instantanée se positionnent autour de WhatsApp

L’équation du rachat de WhatsApp par Facebook est simple : le géant du net américain, en panne de croissance, s’est emparé des 450 millions d’utilisateurs actifs de WhatsApp. Cette technique de développement, au coût élevé de 40 dollars l’utilisateur (19 milliards de dollars en tout), pourra difficilement être répliquée, car Facebook ne dispose pas d’un capital illimité.

Pour conquérir de nouveaux adhérents, le réseau social et sa jeune filiale devront se battre pied à pied avec leurs concurrents. Les Etats-Unis et l’Europe semblent gagnés à la cause de WhatsApp. 97% de téléphones nouvelle génération sont équipés de l’application en Espagne, 84% en Allemagne et 83% aux Pays-Bas. Ce taux de pénétration par pays est une donnée d’analyse essentielle, car il est plus facile de convaincre un nouvel utilisateur de s’inscrire sur un système de messagerie lorsque ses proches l’utilisent déjà.

L'Asie hors de portée

L’Asie, par contre, semble hors de portée : la Chine reste un territoire défendu pour Facebook, où le réseau social est soumis à la censure et où la pénétration de WhatsApp était en 2013 modeste, à moins de 20%. Son concurrent WeChat, contrôlé par la société chinoise Tencent, rafle la mise avec 272 millions d’utilisateurs en Terre du Milieu. KakaoTalk est leader en Corée du Sud. Il est installé là-bas sur 93% des smartphones. Line, propriété du sud-coréen Naver, dispose de 370 millions d’utilisateurs, installés essentiellement au Japon, en Thaïlande et à Taiwan.

Sur les marchés émergents, les cartes ne sont pas encore distribuées. Facebook est le réseau social le plus utilisé au Brésil. Le taux de pénétration de WhatsApp en 2013 y était de 40%. Mais KakaoTalk et Line, disposant d’une gamme de services plus complète, tentent de s’implanter sur ce territoire. Leur système d’appel gratuit via Internet partout dans le monde, la possibilité d’envoi de fichiers audios et vidéos pourraient déstabiliser le (trop ?) simple WhatsApp.

Cryptage des données

Miser sur un modèle plus sécurisé pourrait permettre à ces entreprises de rafler la mise sur les marchés encore disputés et de grappiller des utilisateurs sur les zones où la concurrence est déjà bien installée. La preuve ? L’application Telegram, messagerie instantanée russe ultra-sécurisée, remporte tous les suffrages : au lendemain du rachat de WhatsApp par Facebook, c’était l’appli la plus téléchargée dans 48 pays.

Telegram dispose d’une option "chat secret", qui crypte les données échangées. Les messages envoyés et reçus peuvent être détruits automatiquement, si l’utilisateur le demande. Les créateurs du programme, les frères Nikolai et Pavel Durov, ont promis 200 000 dollars à quiconque serait capable de cracker leur système.

Des codeurs membres du projet Tor, un réseau informatique parallèle, permettant de se connecter de façon cryptée au deep web (Internet souterrain), conçoivent eux aussi un système de messagerie anonyme et sécurisé. Développé à partir du logiciel de messagerie open-source Instantbird, ce programme devrait permettre de communiquer anonymement des messages codés à travers le complexe réseau Tor.

Lélia de Matharel

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