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Les autorités de protection des consommateurs européennes accusent Google d'épier ses utilisateurs

Nouveau front contre Google. 10 autorités de protection des consommateurs européennes ont déposé une action devant leur autorité compétente respective pour faire condamner l'entreprise américaine. Elles estiment qu'elle met tout en oeuvre pour obliger les utilisateurs d'Android à accepter la collecte et le traitement de leurs données personnelles. 
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Les autorités de protection des consommateurs européennes accusent Google d'épier ses utilisateurs
Les autorités de protection des consommateurs européennes accusent Google d'épier ses utilisateurs © Unsplash

10 autorités de protection des consommateurs, dont l'UFC-Que Choisir en France, ont lancé une action contre Google sous la coordination du Bureau européen des consommateurs (BEUC). Chacune a déposé un recours devant l'autorité compétente de son pays. Pour l'UFC-Que Choisir, il s'agit de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil).
 

Un système complexe

Le groupe accuse Google d'utiliser "une conception trompeuse, un langage peu clair et des choix trompeurs" lorsque les utilisateurs créent un compte Google, explique Ursula Pachl, directrice générale adjointe du BEUC. Par défaut, le système serait paramétré pour les obliger à accepter la collecte et le traitement de leurs données personnelles. Au contraire, "pour bénéficier de paramètres respectueux de la vie privée", "vous devez parcourir un processus plus long et un mélange d'options peu claires et trompeuses".

Or, la création d'un compte est "une étape indispensable pour les 7 consommateurs sur 10 qui achètent un nouveau smartphone utilisant le système Android", détaille Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir. En effet, "seule cette inscription leur permet d'accéder aux services qu'il propose", tels que Chrome, YouTube, Gmail, Google Maps…

Pouvoir mieux cibler les utilisateurs

C'est la preuve pour les requérants que "Google met tout en oeuvre pour inciter le consommateur à autoriser un traitement étendu et invasif de ses données personnelles". Son objectif serait de "toujours mieux le suivre, définir son profil et le submerger de publicité ciblée sans qu'il ait véritablement donné son consentement libre et éclaire", comme le prescrit le Règlement général sur la protection des données (RGPD). 

"Google est un récidiviste", rétorque Ursula Pachl. Elle cite les plaintes déposées contre ses pratiques de géolocalisation. Une affaire que doit encore trancher la Data Protection Commission (DPC), l'équivalent de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) en Irlande, régulièrement accusée d'inaction. "Pendant ce temps, les pratiques de Google n'ont pas changé dans leur essence. Le géant de la technologie effectue toujours un suivi et un profilage continus des consommateurs et ses pratiques donnent le ton pour le reste du marché", regrette-t-elle.

L'UFC-Que Choisir réclame une lourde amende

La Cnil a déjà condamné Google à une amende de 50 millions d'euros début 2019 pour ne pas avoir suffisamment informer les utilisateurs de la collecte et le traitement de leurs données personnes. L'UFC-Que Choisir espère que cette fois-ci, elle optera pour une sanction plus lourde. "En vérité pour Google, qui a réalisé 76 milliards de dollars de bénéfices l’année dernière, c’est à peine une piqûre de moustique", réagit Alain Bazot. 

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