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Les cyberattaques isolées contre Daech ne sont pas forcément efficaces... Mais conjointes ?

Depuis les attentats qui ont frappé Paris le 13 novembre, des cyberattaques ciblent l'Etat Islamique, notamment les comptes Twitte liés à l'organisation terroriste. Mais ces opérations sont-elles vraiment efficaces ? Rien n'est moins sûr…
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Les cyberattaques isolées contre Daech ne sont pas forcément efficaces... Mais conjointes ?
Les cyberattaques isolées contre Daech ne sont pas forcément efficaces... Mais conjointes ? © Pierre (Rennes), Flickr, creative commons

"10 chasseurs de l'armée de l'air française sont en train de frapper Raqqa", le fief de l'Etat Islamique (EI), a affirmé le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian pendant le journal de 20 heures de TF1 le 17 novembre. Mais depuis les attentats du 13 novembre à Paris, Daech ne fait pas seulement face à des attaques physiques sur son territoire : l'organisation terroriste est la cible de piratages informatiques, qui ont démarré en janvier, à la suite de la première vague de violences qui avait frappé la capitale tricolore.

 

Le groupe de hackers Anonymous a lancé l'opération #OpParis le 14 novembre, au lendemain des attentats. "Nous traquerons les membres des groupes terroristes responsables de ces attaques, nous n'abandonnerons pas, nous ne pardonnerons pas", promet l'organisation dans une vidéo diffusée sur YouTube.

 

 

mettre hors d'usage les profils Twitter liés à l'EI

Anonymous veut notamment conduire cette guerre numérique en mettant hors d'usage les profils Twitter des partisans de l'EI, qui lui servent à diffuser des messages de haine contre les valeurs occidentales, mais également des contenus plus positifs (lutter ensemble contre un ennemi commun, construire une nouvelle forme d'Etat, avec la charia comme base légale...). Ces projets permettent à Daesh d'attirer de nouveaux membres dans l'organisation, comme l'analysait en août 2015 The Economist, dans un article fouillé sur la propagande du groupe terroriste.

 

Le compte Twitter @opparisofficiel, qui se revendique comme le compte officiel d'Anonymous lié à cette opération, a indiqué le 17 novembre avoir piraté plus de 5500 comptes de l'EI.

 

 

Pour l'instant, il est impossible de vérifier cette information : le groupe de hackers n'a pas précisé de quelle manière ces comptes ont été attaqués et mis hors service. Twitter peut fermer des comptes qui "diffusent ou promeuvent des menaces violentes à l'égard d'autres personnes", comme le précisent ses conditions d'utilisation. Mais le réseau social n'a très probablement pas eu le temps de vérifier les contenus de chacun de ces profils pour les censurer le cas échéant, d'autant  qu'une partie de ces contenus ne sont pas directement violents.

 

la mobilisation est bien présente

Mais même si la réalité de cette attaque reste à vérifier, la mobilisation est bien présente : plusieurs hackers ou groupes de hackers publient des listes d'adresses Twitter liées à l'Etat Islamiste, pour attirer l'attention du réseau social sur ces profils. Anonymous Norvège a diffusé un lien vers une page du site web Ghost Bin, listant les adresses de 2135 comptes Twitter liés à Daesh.

 

 

 

 

Le compte Controling Section diffuse également des adresses Twitter faisant l'apologie de l'EI. Elles sont collectées en partie via le site reportonlineterrorism, qui permet aux internautes du signaler les contenus liés au terrorisme, qu'ils soient diffusés via Twitter, Facebook, un site Internet…

 

 

 

 

une action groupée des géants du net

Mais ces signalements multiples et les potentielles attaques informatiques à venir sont-elles réellement une menace pour l'Etat Islamique ? Pas sûr. Lorsqu'un profil permettant à Daech de communiquer ferme, parce qu'il a été attaqué ou censuré par Twitter, un nouveau compte est rouvert immédiatement. Les listes actualisées de ces comptes circulent sur le net.

 

Dans un article diffusé sur le site Foreign Affairs, le patron de Google Ideas Jared Cohen explique que le meilleur moyen de toucher l’état islamique en ligne serait de le marginaliser sur le Web de façon plus globale. Pour faire en sorte que l’organisation devienne moins visible et attire moins d’adeptes, les grosses entreprises du net, comme Twitter, Google ou encore Facebook doivent selon lui s'allier avec les Etats, et mener des actions concertées de grande ampleur, contre les comptes du haut commandement de Daesh.

 

Si jamais une telle opération voyait le jour, les milliers d'adresses signalées par les hackers pourraient être utiles aux réseaux sociaux, qui ne sont pas capables de contrôler l'ensemble des contenus diffusés sur les centaines de millions de profils de leurs utilisateurs.

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