Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Les débuts difficiles de Ouya révèlent la faille Kickstarter

Qu'arrive-t-il aux milliers de donateurs de Kickstarter si un projet financé par leurs dons ne voit jamais le jour ? Les débuts loupés de la console Ouya, financée par ce site de crowdfunding, soulève la question.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Les débuts difficiles de Ouya révèlent la faille Kickstarter
Les débuts difficiles de Ouya révèlent la faille Kickstarter © DR

Kickstarter, crée en 2009 par Perry Chen, Yancey Strickler et Charles Adler est un site de financement collaboratif qui permet à des entrepreneurs de lever les fonds nécessaires à la réalisation de leurs projets par les dons des internautes. Bien que la majorité des projets financés par Kickstarter soit réalisée, une étude menée par l’Université de Pennsylvanie parue le 25 mars 2013 a révélé que 3,6% d’entre eux ne se concrétisent jamais (voir l'étude ci-dessous).

Est-ce le sort réservé à la console Ouya ? En effet, le 28 mars 2013, les premiers modèles de la toute nouvelle console de salon, Ouya, sont arrivés chez les internautes qui ont précommandé leur console sur Kickstarter. Ses concepteurs ont sollicité le soutien financier des internautes par le biais de la plateforme de crowdfunding, pour un coût de développement estimé à 950 000 dollars, ce sont 8 500 000 dollars qui ont été investis par 63 416 donateurs pour financer Ouya. Kickstarter prenant 5% sur toutes les transactions qui ont lieu sur le site. Pour la console Ouya la somme s’élève donc à 425 000 dollars.

Problème : les bêta testeurs (qui sont aussi donateurs) sont dans l'ensemble mécontents du produit, ils ont souligné la latence de la console : il y aurait un important décalage entre le moment où le joueur donne un ordre à sa console et celui où il est réalisé. D’autres ont déploré son interface peu fonctionnelle et son design brouillon. Certains même ont affirmé que les boutons et les gâchettes de la manette collaient. Qu’arrive-t-il en cas d’échec du produit ou de sa non finalisation ?

Aucune garantie de remboursement pour les internautes

Dans ses conditions d’utilisation, l’entreprise américaine reste vague en préconisant aux créateurs qui ne parviennent pas à réaliser leur projet de trouver une solution. Rien de plus précis quant aux modalités de remboursement. Ce flou génère un vide juridique qui permet à Kickstarter de se dédouaner de toute responsabilité. L’internaute mécène n’a aucun recours possible auprès de la plateforme. Pour obtenir un dédommagement, il est simplement invité à entrer en contact avec les entrepreneurs qu’il a soutenu.

Julie Uhrman, PDG de Ouya a répondu aux critiques de ses testeurs en rappelant que le produit reçu n'était qu’un prototype et que son équipe travaille à améliorer la console. Mais que deviendront les 8 500 000 dollars reçus des internautes si finalement la console - qui se présentait comme une concurrente aux géants Sony, Microsoft et Nintendo - ne sortait pas ? Et recevront-ils les cadeaux (t-shirt, console, dîner avec Julie Uhrman... ) promis en échange de leur contribution ? Porteuse de grandes promesses Ouya, la console à 99 dollars, a déjà beaucoup fait parler d'elle. Cela risque d'être encore le cas, sur un ton beaucoup moins optimiste.

Wassinia Zirar

Etude de l'Université de Pennsylvanie sur le crowdfunding

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

6 commentaires

Jumping Flash
11/04/2013 17h33 - Jumping Flash

@legaulois Ouais mais justement, je ne suis pas convaincu qu'on ait forcément du 1:1 sans latence aucune suivant quel contrôleur bluetooth ils ont utilisé ! Si c'est du pas cher pour économiser des sous... Perso je suis comme Saint Thomas à ce niveau là. Et pour le reste, genre les parties aimantées qui se barrent ou les sticks qui coincent, bah c'est pas une update du firmware qui va y changer grand chose ! Et sinon je suis pas d'accord sur le "mouvement destructeur", honnêtement. Oui, c'est sûr, il y a du monde qui attend le "modèle Kickstarter" (en fait, le modèle du crowdfunding) au tournant, et qui attend qu'un "gros projet" se casse la gueule pour en faire ses choux gras. Mais dans le cas d'Ouya la circonspection qu'on peut lire dans l'article au dessus par exemple me semble justifiée. Ils disent pas non plus que c'est la fin du monde, mais c'est vrai que certains abusent de Kickstarter, ou du moins de la crédulité et du manque de discernement de certains de ses membres. Et personnellement je suis plutôt actif sur KS (+ de 15 projets financés) donc c'est pas moi qui irait cracher dessus. En tout cas, pour finir sur le sujet, m'est avis qu'il y aura des déçus (il y en a déjà), et que ça ne sera pas la révolution absolue que certains prédisaient (les mêmes, à n'en pas douter, qui s'acharneront dessus dans quelques mois).

Répondre au commentaire | Signaler un abus

legaulois
11/04/2013 17h16 - legaulois

C'est du software, car ce n'est qu'une manette bluetooth hein... Certes il y a un pad tactile, mais ce n'est pas plus compliqué que ce que l'on fait depuis je ne sais combien d'années. C'est un problème lié au software, qui n'est pas au point aux vues de toutes les critiques, que ce soit au niveau du code ou de l'érgonomie. "Après bon, désolé mais de dire qu'on est satisfait parce que ça fait tourner des émulateurs c'est tomber dans l'excès inverse de ce qu'on dénonce ("mouvement destructeur", rien que ça)." > Ce sont mes attentes : émulateurs dans mon salon + XBMC. Et oui c'est un mouvement destructeur ce qui se trame sur le net en ce moment contre la Ouya mais aussi contre Kickstarter. La console n'est pas sortie officiellement, et on annonce déjà l'éffondrement de la console et du système qui l'a mis sur les railles. C'est quand même hallucinant ! "je n'ai pas attendu Ouya pour jouer à la Super NES ou à la Megadrive." > Oui et alors ? Avoir une console dédié en partie à ça, je trouve ça pas mal. Avant, j'avais une console chinoise dédiée à ça, j'en étais bien content. Je ne tente pas d'excuser quoi que ce soit, je n'ai pas d'action, et j n'ai encore rien pré-commandé. J'attend comme quelqu'un de normalement constitué la sortie de la console pour voir si c'est une arnaque ou pas. Pour moi, à 2 mois de la sortie, avoir un software pas au point ce n'est pas une cata. On en a vu des bien plus catastrophiques, surtout dans le domaine du jeux vidéos lol Le seul élément critique reste la manette qui pourrait avoir des boutons qui se collent, surtout qu'elle est vendu à 50$, c'est osé ! "Alors après c'est sûr, d'avoir cru à toutes les promesses et de s'être monté la tête à penser qu'Ouya allait remplacer les consoles de salon, ce n'est pas très malin." > C'est même con. Ce n'est pas la même demande ni la même qualité attendue. (juste comme ça, pourquoi ce site se raffraichit régulièrement ?)

Répondre au commentaire | Signaler un abus

Jumping Flash
11/04/2013 15h17 - Jumping Flash

@legaulois Ha ! Le hardware est "définitif", c'est bien ça le problème. Enfin, définitif, en attendant les problèmes de coque de manette qui ne tiennent pas en place ou de sticks qui "collent" (c'est à dire qui restent dans une position spécifique avant de revenir au centre) ne sont pas des problèmes software à ma connaissance. Et qui dit que les problèmes de latence sont uniquement dus au software ? Perso, en tant que backer, j'attendrais de voir le résultat lorsque le problème sera corrigé avant de boire aveuglément les paroles de Mme la CEO. Mais oui, c'est sûr, il n'y a pas que la latence, et le software bug à plein de niveaux. Mais à la limite ce n'est pas tellement gênant. Que le store ne soit pas encore fonctionnel, que les menus ne soient pas ergonomiques, que les options de configuration, déjà très limitées, ne fonctionnent qu'à moitié... Tant que c'est réparé au bout du compte, on peut faire outre. Après bon, désolé mais de dire qu'on est satisfait parce que ça fait tourner des émulateurs c'est tomber dans l'excès inverse de ce qu'on dénonce ("mouvement destructeur", rien que ça). Parce que déjà, c'est sûr, merci les jeux "gratuits" qu'on n'a pas acheté, et merci aux créateurs qu'on ne rémunère pas, et puis ensuite, je n'ai pas attendu Ouya pour jouer à la Super NES ou à la Megadrive. Enfin, essayer de tout excuser car c'est financé par les utilisateurs, ce n'est pas très honnête. Des promesses ont été faites, et les "utilisateurs" (en fait les "backers" qui ont financé le projet) commencent à l'avoir entre les mains, le produit. Et pour l'instant il n'est pas mensonger de parler d'un certain désenchantement. Il suffit pour cela d'aller lire des "reviews" de sites américains comme Engadget ou The Verge. Alors après c'est sûr, d'avoir cru à toutes les promesses et de s'être monté la tête à penser qu'Ouya allait remplacer les consoles de salon, ce n'est pas très malin. Mais c'est ce qui s'est passé pour beaucoup de monde. La pression, Ouya se l'est mise toute seule.

Répondre au commentaire | Signaler un abus

legaulois
10/04/2013 22h53 - legaulois

Le soucis de la latence est au niveau software, le hardware est définitif. Le software contient des bugs dont ce soucis de latence, mais aussi de lisibilité. Ces derniers devraient être en partie réglé lors de la sortie de la console en Juin grâce justement aux backers. En Mai on devrait déjà avoir des retours de la presse avec des mises à jours de la console. On verra déjà à ce moment donc. Ensuite concernant cette console, je la trouve attractive : Pas chère, proposant des émulateurs et XBMC... J'en demande pas plus. Je trouve dégueulasse de voir ce mouvement destructeur sur ce projet sur le net. Il n'est pas finalisé certes mais en attendant il n'est pas encore sortie officiellement. Donc attendons de voir la tronche du truc à sa sortie. Parce qu'en comparaison, d'autres constructeurs qui ont des moyens énormes, nous vendent des jeux parfois tellement buggés qu'ils sont injouables pendant 2 ou 3 mois après leur sortie... De même pour les constructeurs de consoles qui nous vendent des fonctionnalités qui sont implémentées seulement après la sortie de la console. Ici pour rappel, c'est tout de même un projet financé par les utilisateurs, ils n'ont pas la même capacité qu'une énorme boîte, ils n'ont d'ailleurs pas les même buts (concurrencer avec du matos de mobile, sérieusement ?), donc il serrait peut être judicieux de ne pas trop mettre de pression sur la Ouya.

Répondre au commentaire | Signaler un abus

Bare Knuckles
10/04/2013 15h02 - Bare Knuckles

Euh, si c'est une alternative aux autres, c'est donc une concurrente. Et c'est comme ça qu'elle a été présentée par tout le monde. La presse, les fans/"backers", et Ouya eux-mêmes. Ils parlent d'une "console de salon" et pas d'un hardware bridé qui fait tourner des jeux pour téléphones portés à la va-vite sur un hardware pour lequel ils n'ont pas été conçu, donc ils se positionnent intrinsèquement comme des concurrents. De manière assez comique, il y a même eu à un moment un côté presque menaçant à la chose, du genre "Ouya va mener les grands acteurs à leur perte". Le plus drôle ceci dit c'est de parler de gratuité. Tous les jeux gratuits ? Certainement pas. Oui, certains seront en free-to-play, un modèle bien rôdé sur smartphones. Ledit modèle est monétisé soit par de la pub dans le jeu, soit par des achats "bonus" fortement encouragés, soit par les deux. Mais il y aura aussi des titres payants, et d'ailleurs le "meilleur jeu" disponible sur Outa pour le moment, un portage du remake de Final Fantasy III de Square Enix, coûte 15€. Sacrée gratuité. Ces titres sont disponibles via Google Play, la boutique en ligne de Google. Qui elle, n'est pas "libre". Qu'il est beau le cheval de Troie Android (sans tréma) ! Les vrais titres gratuits seront ceux qui seront installés illégalement, et ça Ouya n'a ni envie de le dire, ni vraiment envie de le laisser faire. Car à terme ils souhaitent que leur boutique soit le coeur de la console, avec des jeux faits (ou du moins adaptés) pour Ouya spécifiquement, et pas juste pour l'écosystème géant d'Android, dominé par les smartphones. Ces jeux Android "de base" ne sont en effet pas compatibles avec les contrôles à la manette, et donc y jouer sur Ouya est une expérience souvent inférieure à celle d'un smartphone. Ce qui est notable au passage, c'est que pour le moment tous les jeux disponibles sont déjà sortis il y a des années sur d'autres plateformes. Ouya reste donc très limité à ce niveau. A voir si cela est appelé à changer. Probablement pas beaucoup. Enfin, niveau hardware... La latence entre la manette et la console est la faute des développeurs desdits jeux et pas du fabricant ? Belle blague. Et belle jambe que cela fait aux joueurs, qui dans ce cas ne risquent pas de voir le problème résolu en masse... Car les développeurs indépendants n'iront pas perdre d'argent pour adapter leurs titres à cette plateforme "de niche", SURTOUT si les jeux sont censés être disponibles "gratuitement" au final. La vérité, c'est qu'une personne intéressée par du jeu vidéo "à pas cher" dans son salon et recherchant une alternative aux grands acteurs (Sony, Nintendo, Microsoft) à beaucoup plus intéret à investir dans un ordinateur, si besoin de petite taille, et d'y faire tourner la plateforme Steam. Ouya, c'est un naufrage que seuls les aveugles n'ont pas vu venir.

Répondre au commentaire | Signaler un abus

Sculder
10/04/2013 14h14 - Sculder

Wow, attention. Jamais OUYA n'a eu l'objectif d'être une concurrente aux géants du marché que sont Nintendo, Sony et Microsoft. Ce que propose OUYA est une alternative, et un produit axé sur le libre et la gratuité. (grande souplesse d'Androïd) En revanche, pour ce qui est des critique technologique, la latence dont parle l'article est, semble-t'il dûe à la programmation des jeux, et non pas au hardware. Ce qui revient à un problème au niveau des développeur et non pas d'OUYA.

Répondre au commentaire | Signaler un abus