Les défis qui attendent Elon Musk en 2023

Peu importe le rôle qu’Elon Musk compte jouer chez Twitter dans les prochains mois, les régulateurs européens comptent bien veiller au grain. Le milliardaire américain, quant à lui, sera peut-être contraint de recentrer son attention sur Tesla, dont l’action en bourse ne cesse de chuter.

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Les défis qui attendent Elon Musk en 2023

C’est un bilan plus que mitigé pour la gouvernance de Twitter par Elon Musk, arrivé à la tête du réseau social fin octobre après l’avoir racheté, un peu malgré lui finalement, pour la somme de 44 milliards de dollars.

Licenciements massifs, décisions polémiques, dysfonctionnements… Les semaines se suivent et se rassemblent pour la plateforme, qui vit au rythme effréné des tweets de son nouveau patron. Et l’année 2023 ne devrait pas non plus être de tout repos.

Partira, partira pas ?

Pour l’heure, tous les regards sont tournés vers Elon Musk, et son possible retrait de la direction du réseau social. Le 19 décembre dernier, le milliardaire américain avait invité les utilisateurs de Twitter à se prononcer sur son sort. 57,5% des 17 millions de personnes sondées ont finalement répondu qu’elles étaient en faveur de son abdication. Musk s’était engagé à “s’en tenir aux résultats de ce sondage”.

Quelques jours plus tard, il a indiqué être en quête de “quelqu’un d’assez fou” pour lui succéder, précisant qu’il jouerait toujours un rôle chez Twitter, en prenant la tête des équipes “logiciel et serveurs”. Mi-novembre, il avait déjà fait savoir qu’il prévoyait de “réduire” son temps chez Twitter et de trouver un remplaçant. “Je ne veux pas être le PDG d’une entreprise, quelle qu’elle soit”, avait-il déclaré à l’occasion d’un procès concernant sa rémunération chez Tesla.

Si rien n’est encore fait, la chaîne CNBC a appris que cette recherche avait été initiée avant même que Musk ne soumette l’idée à la consultation sur son compte Twitter.

Pression des régulateurs

Quoi qu’il en soit, les deux mois passés à la tête du réseau social ont suscité l’inquiétude des régulateurs et des décideurs politiques en Europe. Le mois dernier, l’Arcom (ex-CSA) a même envoyé une lettre au siège européen de Twitter, à Dublin, pour l’interroger sur sa capacité “à maintenir un environnement sûr pour les utilisateurs de son service” et lui demander s’il était toujours “en mesure de faire face aux obligations que la loi lui impose”, notamment en matière de “modération des contenus et pratiques illicites”.

Et le Digital Services Act (DSA), les nouvelles règles européennes en la matière qui doivent entrer prochainement en vigueur, devrait solidifier ce régime d’obligations, tout comme les sanctions qui l’accompagnent en cas de manquement — une amende pouvant aller jusqu’à 6% du chiffre d’affaires mondial annuel pour les très grandes plateformes. Dernièrement, la suspension arbitraire de comptes de journalistes sur Twitter a provoqué l’indignation en Europe. “Il y a des lignes rouges. Et des sanctions, bientôt”, a déclaré la commissaire européenne aux Valeurs, Véra Jourová.

L’année 2023 pourrait également voir Twitter s’exposer à plusieurs amendes pour manquement au RGPD. La semaine dernière, la Cnil irlandaise a décidé d’ouvrir une enquête après la fuite de données personnelles de 5,4 millions d’utilisateurs qui avait conduit à la mise en vente sur le dark net de ces informations cet été. Le même jour, un hacker affirmait avoir mis la main sur les données de plus de 400 millions d’utilisateurs de Twitter grâce, là encore, à une vulnérabilité et invitait Elon Musk à payer 276 millions de dollars, sans quoi cette base de données serait revendue à d’autres acteurs, potentiellement malveillants.

Le ciel s'assombrit chez Tesla

Enfin, le comportement et les frasques du nouveau patron de Twitter n’ont pas été sans conséquence sur l’entreprise Tesla, dont il est aussi le propriétaire. Le fabricant de voitures électriques a perdu près de 70% de sa valeur en bourse cette année, après de très belles performances en 2021.

Les investisseurs sont inquiets de voir Musk privilégier le réseau social, alors que l’homme d’affaires n’a pas hésité à vendre des parts de Tesla à plusieurs reprises pour financer le rachat de Twitter. À cela s’ajoute un contexte économique mondial incertain, qui a déjà poussé l’entreprise américaine à procéder à plusieurs vagues de licenciements. Une nouvelle serait d'ailleurs prévue au premier trimestre 2023, croit savoir le site spécialisé Elektrek.

Sans compter qu’une partie de la valorisation de Tesla est liée à l’autonomisation de ses véhicules, qui a connu quelques déboires. D’après les statistiques de l’agence fédérale américaine chargée de la sécurité routière, Tesla arrive en haut du classement lorsqu’il s’agit du plus grand nombre d’accidents impliquant une technologie d’aide à la conduite.

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