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Les entreprises allemandes appellent les partis à une "offensive numérique"

Alors que la Chancelière Angela Merkel entame un nouveau round de négociations pour former une "grande coalition", les entreprises réclament un plan concret pour les réseaux, l’éducation et l’IA.
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Les entreprises allemandes appellent les partis à une offensive numérique
Le Bundeskanzleramt, le Chancellerie fédérale allemande", à Berlin. © Ansgar Koreng - Wikimedia commons

"Nous avons besoin d’une vision pour l’Allemagne numérique et nous avons besoin d’un plan concret pour l’atteindre rapidement", a martelé Achim Berg, président de Bitkom, l’association allemande pour les technologies de l'information, le 28 novembre à Berlin. Alors que les négociations pour une nouvelle coalition dirigée par la chancelière Angela Merkel reprennent ce 30 novembre, Bitkom a présenté un sondage qui montre que 85% des chefs d’entreprise allemands souhaitent que ce prochain gouvernement fasse de la numérisation une grande priorité. "Il ne s’agit pas d’entrer dans les moindres détails", note Achim Berg, mais de se concentrer sur de grands axes : "la formation, l’administration en ligne, l’infrastructure et un investissement massif dans les technologies du futur comme l’intelligence artificielle".

 

Propriété des données et partage de la valeur

Plus de la moitié des 505 chefs d’entreprises interrogés estiment que les politiques ne comprennent pas ce dont ils ont besoin pour leur transformation numérique. Or, même s’ils considèrent cette transformation comme une "chance" (86%), 60% estiment être "à la traîne" en la matière et 57% craignent la concurrence venue du net pour leur branche.

Concrètement, "les politiques doivent avoir une nouvelle approche sur la propriété des données et la notion de monopole", nous explique Maximilian Viessmann, CDO de l’entreprise de chauffage Viessmann. "Il n’est pas normal que quatre entreprises américaines et deux chinoises aient un quasi-monopole sur les données de nos consommateurs", précise-t-il. Pour son entreprise familiale qui fête cette année son centenaire, il est essentiel développer l’aspect service et d’avoir le contrôle sur "l’expérience client".

 

Manque de personnel qualifié

L’autre grande préoccupation des entreprises allemandes est celle du manque de personnel qualifié. "Avec la régionalisation du système d’éducation, nous n’avons pas de programme unifié, pas de curriculum unique", remarque Achim Berg. En outre, "contrairement aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, les jeunes ne sont pas initiés très tôt à la programmation. Leur compréhension des technologies est limitée".  Une partie du manque est compensé en Allemagne par le système d’apprentissage en entreprise. Viessmann par exemple, forme son personnel en interne qu’il s’agisse des nouvelles architectures pour l’IoT ou de l’accélération des procédures de test.

Le système ne suffira sans doute pas. L’Allemagne devrait manquer de 1,8 millions de personnes qualifiées sur son marché du travail en 2020, selon une étude de l’institut Prognos. "Nous continuons à former des mineurs alors qu’il est clair que nous allons sortir du charbon", remarque Achim Berg. Dans tous les cas, Bitkom appelle les politiques à former rapidement un gouvernement, "la transformation numérique ne va pas attendre l’Allemagne", insiste Achim Berg.

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