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"Les entreprises cherchent des profils expérimentés face aux impératifs de la transformation digitale", estime Rassam Yaghmaei

A l’occasion de la publication de l’étude annuelle des salaires des cadres de professions numériques réalisée par Robert Walters, Rassam Yaghmaei, responsable de la division IT, décrypte pour L’Usine Digitale les évolutions en cours. Pour lui, les entreprises françaises proposent des salaires attractifs. Les codeurs avec une première expérience sont ceux les plus à même de tirer leur épingle du jeu. Pour peu qu’ils parlent anglais couramment.
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Les entreprises cherchent des profils expérimentés face aux impératifs de la transformation digitale, estime Rassam Yaghmaei
"Les entreprises cherchent des profils expérimentés face aux impératifs de la transformation digitale", estime Rassam Yaghmaei

L'Usine Digitale - Quel a été le fait marquant en 2014 pour les salaires des professionnels des technologies de l’information (IT) ?  

Rassem Yaghmaei : Si, globalement, les salaires sont stables, deux types de profils ont profité d’évolutions favorables. D’un côté, ceux que j’appellerai les profils de niches technologiques. Du fait de leur expertise, ils ont vu leurs salaires augmenter. C’est le cas des personnes possédant une expertise de type business intelligence, en big data ou dans le cloud computing. Les programmateurs, les développeurs qui maîtrisent ces expertises afin de mettre en place des plateformes adéquates, sont très recherchés. D’un autre côté, la transformation numérique avançant, les entreprises ont de plus en plus besoin de profils capables de faire le lien entre la technique et les autres fonctions liées au business, à la direction générale.

De manière générale, on observe que les ingénieurs les plus prisés du marché ont 5 à 10 ans d’expérience. En est-il de même dans l’IT ?

Robert Walters intervient pour les profils de middle et de top management. Par conséquent, les clients nous contactent pour de tels profils. Toutefois, pour être en relation avec notre filiale qui s’occupe de postes davantage destinés aux jeunes diplômés, je confirme ce que vous évoquez. Les entreprises recherchent de plus en plus des profils expérimentés, ce qui est logique par rapport aux impératifs de la transformation digitale. Les entreprises ne peuvent pas recruter des jeunes diplômés qu’elles se chargeraient ensuite de former, parce que les formations sont récentes. Elles préfèrent capitaliser sur les compétences d’un senior qui a déjà été confronté aux mêmes problématiques. C’est rassurant.

Vous avez une présence internationale. Comment se placent les salaires français par rapport à d’autres pays ?

La France reste sur un bon niveau de salaire. Les entreprises ont de bonnes capacités de rétention des talents. C’est particulièrement vrai par rapport à l’Italie ou à l’Espagne, alors que les rémunérations sont un cran derrière celles pratiquées en Allemagne ou au Royaume-Uni. Sans parler de la Suisse, dont la situation n’est vraiment pas comparable : tous les salaires y sont nettement plus élevés et il y a un effet lié aux grands projets informatiques des grandes banques.

Pour les salariés expérimentés, y’a-t-il , à l’instar de l’automobile pour les industries de process, un secteur roi qui serait perçu comme celui où il faut être passé pour sa carrière, celui où il y a des méthodes reconnues ailleurs ?   

Pas vraiment. Ce qui est remarquable, c’est que pour certains métiers parmi les plus recherchés, il est nécessaire d’avoir des compétences en mathématiques appliquées, des statistiques, de modélisation. Les doctorants, les jeunes universitaires sont bien placés. Ils peuvent plus facilement qu’avant se convertir dans le monde de l’entreprise s’ils le souhaitent.

A compétences techniques égales, qu’est ce qui peut expliquer une différence de salaires entre deux personnes ?

Le premier facteur très important est la maîtrise de l’anglais. Si d’immenses progrès ont été faits, il y a encore des jeunes qui ont un niveau insuffisant. Aujourd’hui, les serveurs sont virtualisés, les équipes projets sont dans plusieurs pays et l’anglais est la langue de travail de ces groupes de travail internationaux. Deuxièmement, comme pour les autres postes, les savoir-être peuvent aussi faire la différence. Un candidat qui a de bonnes capacités en termes de personnalité, de compréhension du business ou des qualités de communication possède des atouts pour négocier un meilleur salaire.

Propos recueillis par Christophe Bys

 
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