Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Les entreprises françaises plutôt sceptiques sur le potentiel du Big Data

Selon une étude du cabinet EY, seulement 17% des entreprises françaises ont entamé une démarche d’exploitation des données massives. Deux tiers d’entre elles ne voient pas dans le Big Data un levier de croissance. Les freins résident pour l’essentiel dans la culture cloisonnée et pyramidale des sociétés en France  

Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Les entreprises françaises plutôt sceptiques sur le potentiel du Big Data
Les entreprises françaises plutôt sceptiques sur le potentiel du Big Data © Xeni - Flickr - C.C.

Le scepticisme sur le potentiel business du Big Data reste de mise en France. C’est la conclusion de l’étude menée sur le sujet par le cabinet EY (ex-Ernst & Young) auprès de 150 entreprises françaises, allant de la grosse PME aux grands groupes. Deux tiers d’entre elles considèrent la mégadonnée comme un concept intéressant mais encore trop vague pour constituer un levier de croissance. Elles sont 57% à n’avoir même pas entamé de réflexions sur l’exploitation des données massives.

Rien d’étonnant donc à ce que seulement 17% des entreprises françaises aient une démarche mature, voire très mature. L’indice de maturité est plus élevé dans le secteur des technologies, télécoms et média (29%) et celui de la distribution et des produits de grande consommation (20%). Il tombe à 11% dans le secteur de la finance et des assurances et à 9% dans celui des transports et utilities.

LE CLOISONNEMENT DES SERVICES, UN FREIN

"Même dans les cas les plus matures, la situation est loin d’être idéale, estime Karim Ben Djemiaa, directeur associé chez EY France. Les entreprises ne sont qu’au début de la démarche. Il leur reste encore beaucoup à faire pour tirer pleinement profit des données." Et cette limite se voit clairement dans la faible exploration qu’elles font des nouvelles sources de données : réseaux sociaux, données ouvertes, objets connectés ou encore données de géolocalisation. Si 69% des entreprises engagées dans le Big Data explorent les données des réseaux sociaux, elles sont seulement 30% à en faire de même pour l’open data, 23% pour les objets connectés et 12% pour la géolocalisation.

Problèmes de collectes de données, manque de capacités de traitement et d’analyse, pénurie de compétences en interne… Les causes du retard français sont nombreuses. Mais pour EY, elles résident principalement dans la culture d’entreprise en France. "Elles sont liées à l’organisation hiérarchique et par silos typique des entreprises françaises, explique Karim Ben Djemiaa. Les activités métiers attendent que l’initiative vienne d’en haut, alors qu’au contraire il faudrait favoriser les projets issus du terrain. Le cloisonnement entre les différents services rend difficile le croisement des données. Le marketing utilise les données des clients du service, la finance celles du système de facturation, le digital celles du service digital, etc. Or c’est le croisement des données qui donne le plus de valeur."

Un management agile

La situation n’est pas pour autant irrémédiable. Selon EY, les entreprises françaises non seulement doivent mais aussi peuvent rattraper leur retard. Comment ? "En privilégiant un management agile qui privilégie les initiatives sur le terrain et en cassant les silos de données entre les différents services, répond Karim Ben Djemiia. Il faut surtout balayer le scepticisme ambiant en apportant la preuve de l’intérêt économique du Big Data par le biais de projets pilotes bien ciblés. Il ne faut pas avoir peur de l'échec. Il faut essayer et apprendre. Si l'intérêt économique est prouvé par le pilote, l'entreprise peut passer à l'industriaisation. Sinon elle arrête et teste un autre projet."

Les entreprises doivent aussi recruter des data architects, data scientists, data analyts et autres data managers, nécessaires pour tirer de la valeur de leurs données. "Elles sont aujourd’hui très pauvres en compétences sur la donnée puisque 70% d’entre elles disposent de moins de 10 profils de ce type, note Karim Ben Djemiaa. Seulement 6% d’entre elles affichent plus de 50 spécialistes au compteur."

Ridha Loukil


Étude Data EY (2) by L'Usine Nouvelle

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale