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Les Etats-Unis placent huit nouvelles entreprises technologiques chinoises sur liste noire

L’administration américaine a annoncé le 7 octobre 2019 sa décision de placer sur liste noire huit entreprises et vingt organisations publiques chinoises. S’il s’agit officiellement d’une mesure visant à sanctionner Pékin pour son mauvais traitement de la minorité musulmane ouïghoure, elle pourrait également servir les Etats-Unis dans le cadre de la guerre commerciale qui oppose les deux pays, de prometteuses start-up étant concernées.
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Les Etats-Unis placent huit nouvelles entreprises technologiques chinoises sur liste noire
Les Etats-Unis placent huit nouvelles entreprises technologiques chinoises sur liste noire © Wikimedia / Sgt. Mikki Sprenkle

"Le gouvernement américain et le département du Commerce ne peuvent pas et ne toléreront pas la suppression brutale des minorités ethniques à travers la Chine." C’est par ces mots que Wilbur Ross, le secrétaire américain au Commerce, a justifié le choix de l’administration Trump de placer sur liste noire huit entreprises et vingt organisations publiques chinoises ce lundi 7 octobre 2019. Ces dernières, qui sont toutes impliquées dans la campagne visant la minorité ouïghoure d'après le gouvernement américain, ne pourront plus se fournir aux Etats-Unis sans une licence spécifique.

 

Après les mastodontes, les jeunes pousses

Si les Ouïghours sont en effet sous le coup d'une répression violente et systématisée par Pékin pour leur appartenance à la religion musulmane, cette mesure pourrait aussi être motivée par des intérêts économiques. Bloomberg rapporte que parmi les entreprises ciblées par les Etats-Unis se trouvent en effet plusieurs pépites de l'intelligence artificielle, dont SenseTime, présentée comme la plus grande start-up dédiée à l’IA au monde, et Megvii, une société chinoise qui édite des solutions de reconnaissance faciale.

 

Megvii est tout particulièrement touchée, puisque sa prochaine introduction en bourse (à une valorisation attendue d'un milliard de dollars) devait permettre à l’industrie chinoise de faire ses débuts sur la scène internationale. Tout un symbole. Les investissements et partenariats avec des entreprises internationales sont par ailleurs de plus en plus nécessaires à la croissance des jeunes pousses chinoises à mesure que l'économie nationale ralentit.

 

Surtout, ces entreprises ne peuvent pas aujourd'hui se passer des technologies américaines. Le concepteur de puces californien Nvidia est, par exemple, un fournisseur essentiel à l’activité de SenseTime et Megvii. Conséquence des sanctions de la Maison-Blanche, les entreprises chinoises sont toujours plus nombreuses à tenter de développer leurs propres puces électroniques, mais elles n'ont pas de recours dans l'immédiat.

 

Les actions du spécialiste du traitement automatique du langage naturel iFlytek, lui aussi concerné, ont chuté à l’annonce de la mesure ce mardi. La jeune pousse a assuré s’être déjà "préparée à ce genre de situation et avoir un plan d’urgence pour continuer de produire des produits de grande qualité".

 

La guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine se poursuit

Cette sanction de Washington intervient alors que la Chine se montre réticente à signer un accord commercial global. L’étau se resserre un peu plus encore sur l’empire du Milieu, dont les entreprises peinent encore à lever des fonds et à verrouiller des partenariats à l’international.

 

Interrogé par Bloomberg, Isaac Stone Fish, un membre associé du Centre des relations Etats-Unis/Chine de l’Asia Society, a estimé que les investisseurs potentiels "réfléchiront à deux fois avant de travailler avec ces entreprises, même s’il n’y a aucune raison légale qui les en empêche". Au cœur de ces enjeux politiciens depuis plusieurs mois, le géant des télécoms Huawei a été l’un des premiers à avoir été mis en difficulté par les sanctions américaines.

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