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Les Etats-Unis scrutent les investissements étrangers dans la Silicon Valley

Vu ailleurs Les entreprises technologiques américaines sont inquiétées par des enquêtes du gouvernement américain sur leurs investisseurs. Dans la continuité de l'affaire TikTok, les entreprises américaines travaillant sur des technologies de pointe ou impliquées dans des sujets en lien avec la sécurité nationale voient leurs investissements étrangers, et plus particulièrement chinois, scrutés de très près par les autorités américaines. Certains faits remontant à plus de 10 ans.
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Les Etats-Unis scrutent les investissements étrangers dans la Silicon Valley
Vue aérienne de San Francisco. © Tony Webster - Wikimedia commons

Le gouvernement américain analyse et contrôle les investissements chinois dans les entreprises et start-up technologiques américaines. Une série de requêtes sur des accords qui datent parfois de plusieurs années ont été envoyés au printemps 2020, rapporte le Washington Post mardi 29 septembre 2020.

Des douzaines d'entreprises concernées
Des douzaines d'entreprises ont commencé à recevoir des emails au printemps dernier. Cela montre, comme le pensent un certain nombre de législateurs et responsables américains, que les Etats-Unis ont échoué à filtrer les investissements étranger depuis quelques années, notamment ceux provenant de fonds d'investissements discrets, affirme le Washington Post. Ces requêtes surviennent alors que les relations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine sont glaciales. Des entreprises comme ByteDance (propriétaire de TikTok), Tencent (propriétaire de WeChat) ou encore Huawei subissent une forte pression de la part du gouvernement américain.

Les requêtes ont été envoyées par un comité en charge de suivre et contrôler les investissements étrangers et vérifier qu'il n'y a pas de risque pour la sécurité nationale, le Committee on Foreign Investment in the United States (CFIUS). Après avoir récolté des informations auprès des entreprises concernées, le CFIUS peut arrêter son enquête, décider qu'il est nécessaire d'approfondir l'investigation ou imposer des sanctions.

Accès aux données sensibles et informations personnelles
Les questions du CFIUS portent principalement sur les investissements chinois, et parfois sur des investisseurs russes. Il se concentre particulièrement sur les sociétés et applications qui collectent des données sensibles et des informations personnelles sur les utilisateurs, comme la localisation ou les données bancaires, et sur les sociétés impliquées dans des technologies jugées critiques pour la sécurité nationale, comme les biotechnologies ou la recherche sur de nouveaux types de batteries.

Si les entreprises de la Silicon Valley sont désormais beaucoup plus prudentes avant d'accepter des investissements étrangers, cela n'a pas toujours été le cas. Et des demandes concernent parfois des faits qui remontent à une dizaine d'années. A noter que n'importe qui peut envoyer un mail au CFIUS pour l'informer d'une transaction potentiellement à risque. Une saisine du CFIUS peut ralentir le fonctionnement d'une entreprise et des personnes mal intentionnées peuvent donc s'en servir pour entraver leurs compétiteurs, soulève le Washington Post.

L'enquête du CFIUS sur TikTok
Le CFIUS peut agir sur les investissements étrangers qu'il juge à risque : imposer des conditions comme par exemple limiter l'accès de l'investisseur étranger aux informations de R&D de l'entreprise ou exiger que les membres du conseil d'administration soient approuvés par le gouvernement. Dans les cas extrêmes, le CFIUS peut conseiller aux parties d'abandonner un accord ou le rompre et aller jusqu'à demander au président d'adopter une mesure de bannissement ou une ordonnance de désinvestissement. C'est ce qui s'est passé dans le cas de TikTok.

Le CFIUS a ouvert une enquête courant 2019 sur l'acquisition qui a permis à ByteDance de plus facilement s'établir aux Etats-Unis. L'entreprise chinoise s'est emparée de Musical.ly, une application populaire auprès des jeunes américains, en novembre 2017 et l'a rapidement renommée TikTok. ByteDance a alors commencé à contrôler ce qui était visible sur l'application, en se conformant au discours officiel du gouvernement chinois, rapporte le Washington Post.

Dans son enquête, le CFIUS a conclu que l'accès de TikTok aux données des utilisateurs était un problème et a conseillé au président américain d'ordonner à ByteDance la vente de ses activités aux Etats-Unis. La suite des événements est connue : l'interdiction de TikTok a récemment été suspendue in extremis par la justice américaine.

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