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Les Etats-Unis veulent équiper les drones civils d'une "plaque d'immatriculation" électronique

La FAA veut améliorer la lutte contre l'usage illégal de drones en imposant aux engins d'au moins 250 grammes un numéro d'identification électronique lorsqu'ils opèrent dans l'espace aérien américain. Ainsi, forces de l'ordre et agences fédérales pourront identifier chaque aéronef et arrêter plus facilement les pilotes en cas d'infraction.
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Les Etats-Unis veulent équiper les drones civils d'une plaque d'immatriculation électronique
Les Etats-Unis veulent équiper les drones civils d'une "plaque d'immatriculation" électronique © Unsplash/ Goh Rhy Yan

La Federal Aviation Administration (FAA) veut mieux réguler l'utilisation des drones privés qui pullulent dans le ciel américain. Selon son décompte, 1,5 million de drones et 160 000 pilotes ont été enregistrés jusqu'à présent. Le 26 décembre 2019, l'autorité américaine a donc publié une proposition de règles dans le but de mieux identifier les drones à distance et ainsi d'empêcher les activités illégales comme le transport de drogue ou l'espionnage privé. L'autorité américaine s'intéresse particulièrement aux zones à risque comme les stades ou les aéroports.

 

Améliorer la sécurité et la sûreté 

L'idée est simple : équiper les engins d'au moins 250 grammes d'une sorte de "plaque d'immatriculation" électronique qui permettra de les identifier à distance, mais aussi de les géolocaliser. Depuis 2015, les opérateurs de drones pesant plus de 225 grammes sont tenus d'enregistrer leurs appareils, en soumettant leurs noms et adresses emails à la FAA. Mais cette inscription ne permet pas aux autorités de suivre en temps réel les déplacements des aéronefs.

 

"Les technologies d'identification à distance amélioreront la sûreté et la sécurité en permettant à la FAA, aux forces de l'ordre et aux agences de sécurité fédérales d'identifier les drones volant dans leur juridiction", a déclaré Elaine L. Chao, secrétaire aux Transports du gouvernement des Etats-Unis. Le document est disponible sur le site de la FAA sous forme de projet, dans le cadre d'une période de commentaire durant 60 jours. Les opérateurs et fabricants de drones peuvent ainsi laisser leurs avis.

 

Un coût de 584 millions de dollars sur 10 ans

Le fabricant chinois de drones civils DJI a été le premier à réagir. Il salue cette proposition tout en rappelant que ses engins disposent déjà d'une solution d'identification : l'AeroScope. Ce système permet d'identifier les drones dans un périmètre d'une dizaine de kilomètres en interceptant les données de l'aéronef. 

 

Brendan Schulman, vice-président en charge de la politique et des affaires juridiques de DJI, a ainsi indiqué dans un communiqué que "l'identification à distance ne réussira pas si les charges et les coûts pour les opérateurs de drones ne sont pas minimisés". La FAA a d'ailleurs tenté de calculer les frais liés à cette identification. Elle estime que son coût pour le public et l'industrie du drone s'élèverait à environ 584 millions de dollars (524 millions d'euros) sur une période de 10 ans.

 

Créer un vrai système de gestion du trafic

Si elle est adoptée, cette nouvelle législation pourra permettre de créer un vrai système de gestion du trafic des drones sur le modèle du trafic aérien. Et son succès aux Etats-Unis pourrait faire des émules dans le reste du monde, notamment en France. Cela faciliterait l'utilisation de drones commerciaux à plus grande échelle. En effet, jusque-là, ces projets n'ont été autorisés que sous forme d'expérimentation dans de petits périmètres.

 

Par exemple, en octobre 2019 Wing est devenu la première entreprise à effectuer des livraisons commerciales par drone aux Etats-Unis. Les 22 000 habitants de Christiansburg (Virginie) peuvent désormais commander via une application dédiée des produits de la chaîne de pharmacies Walgreens, partenaire de Wing dans ces essais aux côtés du géant de la logistique FedEx.

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