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Les films passeront désormais sur Netflix au bout de 15 mois au lieu de 3 ans

Le nouvel accord sur la chronologie des médias a été signé le 24 janvier. Netflix bénéficiera de deux mois d'avance par rapport à Disney+ et Amazon Prime Video pour diffuser les films sortis en salles. Explications.
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Les films passeront désormais sur Netflix au bout de 15 mois au lieu de 3 ans
Les films passeront désormais sur Netflix au bout de 15 mois au lieu de 3 ans

Les abonnés de Netflix pourront désormais voir les films sur la plateforme 15 mois après leur sortie en salles au lieu de 36. Après des années de négociations, la nouvelle chronologie des médias a été signée au ministère de la Culture le 24 janvier par les chaînes de télévision, la plateforme et les producteurs. En contrepartie de leurs nouvelles obligations de financement de l'audiovisuel, les plateformes de SVOD vont voir leurs délai de diffusion réduits. Canal+, le principal financeur du cinéma français, pourra quant à lui diffuser les films qu'il préfinance passé un délai de 6 mois, au lieu de 8. 

Netflix, le bon élève
Canal+ a accepté en décembre d'investir 190 millions d'euros par an pour obtenir cette nouvelle fenêtre, soit 30 millions de plus qu'auparavant. La chaîne cryptée diffuse chaque année plus de 400 films en première exclusivité. Quant à Netflix, il s'engage à produire au moins dix films par an et à investir en moyenne 40 millions d’euros dans le cinéma.

Disney+ et Amazon Prime Video, qui n'ont pas signé l'accord, devront attendre 17 mois. Disney a fait savoir ce qu'il en pensait : "La nouvelle chronologie des médias ne prend pas suffisamment la mesure des nouvelles attentes du public et des nouveaux modes de consommation et elle n’établit pas un cadre équitable et proportionné entre les différents acteurs de l’écosystème". Aux États-Unis, les films de Disney sortent sur Disney+ 45 jours après leur lancement en salles. Le groupe américain fait peser une épée de Damoclès sur le secteur, car il pourrait très bien décider de ne plus sortir ses propres films en salle, ce qui serait évidemment une perte sèche pour la distribution mais aussi la seule solution pour qu'il puisse les diffuser plus tôt sur sa propre plateforme.

beaucoup de mécontents
Malgré les avancées du nouveau système, le consensus était impossible à trouver en raison des intérêts multiples et antagonistes. Netflix espérait une fenêtre à 12 mois. Les chaînes gratuites comme TF1 et M6, qui investissent une partie de leur chiffre d'affaires dans la production cinématographique, passent derrière les services de vidéo par abonnement en conservant leur fenêtre à 22 mois. Pour compenser, elles ont l'exclusivité de la diffusion jusqu'au 36e mois. Ce qui veut dire que dans cet intervalle, les films disparaissent des plateformes de SVOD.

Le spectateur, lui, qui est quand même le consommateur final, aura toujours autant de mal à s'y retrouver. Si aucune offre de télévision payante n'achète un film, il reste indisponible pendant 15 mois après sa sortie en salles, sauf en VOD à l'acte. Et après, il apparait et disparait au gré de la chronologie selon le type de diffuseur.  

Pour cette raison, la SACD (la société des auteurs) n'a pas signé l'accord. "Cette très longue indisponibilité n’aura malheureusement que deux échappatoires aussi dangereuses l’une que l’autre. En premier lieu certains de ces films risquent tout simplement de ne pas sortir en salles avec des effets financiers immédiats sur la fréquentation et donc les ressources du compte de soutien du CNC alimentées par la taxe sur les recettes de billetterie des salles. En second lieu cette longue durée d’indisponibilité sera une puissante incitation au piratage des films concernés", explique le communiqué de l'organisation professionnelle.

Exception culturelle
Le but de la chronologie des médias consiste à créer un équilibre qui assure à la fois le financement du cinéma français et donc la diversité de l'offre,  la disponibilité des films pour les spectateurs, et qui prenne en compte les nouveaux usages du streaming tout en ne condamnant pas les acteurs historiques.

Le nouvel accord, conclu pour une durée de trois ans, comporte une clause de revoyure au bout d'un an. Le temps de voir si ses imperfections nécessitent ou pas de se lancer une nouvelle fois dans des négociations.

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