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Les Français rassurés par la protection du RGPD mais frileux sur les objets connectés

Étude Une étude menée conjointement par Médiamétrie et la Chaire Valeurs et politiques des informations personnelles de l'Institut Mines-Télécom a été publiée le 31 octobre 2019. Dans un contexte de post-RGPD, les personnes interrogées ont pris conscience de l'importance de ce texte européen. Mais cette confiance n'est pas aveugle et les sondés émettent encore des doutes sur les objets connectés et notamment les assistants vocaux.  
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Les Français rassurés par la protection du RGPD mais frileux sur les objets connectés
Les Français rassurés par la protection du RGPD mais frileux sur les objets connectés © Pixabay/TheDigitalArtist

Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) a été adopté le 14 mai 2018. Un an et demi plus tard, comment ce texte européen a-t-il modifié la perception des données personnelles ? C'est sur cette problématique que s'est penchée une étude* publiée le 31 octobre 2019, conduite conjointement par Médiamétrie et la Chaire Valeurs et politiques des informations personnelles de l'Institut Mines-Télécom (IMT). Ces acteurs avaient déjà produit un rapport similaire en 2017, avant l'adoption du RGPD.

 

Limiter la collecte des données personnelles

Dans ce contexte post-RGPD, l'étude part du constat suivant : ceux qui maîtrisent le mieux les outils de protection sont ceux qui achètent le plus. Globalement, 67% des internautes français sont plus vigilants sur internet par rapport aux années précédentes. Ils étaient 54% en 2017. Cette vigilance accrue se traduit par des actions pour limiter la collecte des données personnelles. Par exemple, 70% des personnes interrogées utilisent des pseudonymes ou une fausse identité sur internet. De plus, 55% d'entre elles utilisent des bloqueurs de publicité "pour contrer les virus et les logiciels malveillants". L'étude en conclut que "la confiance passe aussi par la protection technique des données" en plus de l'encadrement juridique.

 

Concernant le RGPD, 78% des internautes ont déjà entendu parler de ce texte et la moitié déclare savoir ce que c'est. Selon l'étude, 28% des sondés ont "le sentiment que la protection de leurs données s'est améliorée". Cependant 67% estiment que le niveau de protection n'a pas été impacté et 5 % qu'il se serait même détérioré. L'entrée en application du texte n'est donc pas globalement ressentie par les utilisateurs comme un franc succès.

 

Pour la plupart des juristes, le RPDG a été une grande nouveauté car il a placé la notion de consentement au centre des relations dans l'environnement numérique. Or, seulement 38 % des personnes déclarent lire les conditions générales d'utilisation (attentivement ou juste brièvement) avant de donner leur accord. Seuls 7% personnalisent leurs paramètres de navigation. Dans le même temps, 27% des internautes se situent dans une logique de non-acceptation, 10% refusant de donner leur accord ou quittant un site et 17% naviguant sur un site sans donner leur accord lorsque cela est possible.

 

Le droit à la portabilité des données connu par 4 internautes sur 10

Ce texte européen a consacré le droit à la portabilité des données, soit le fait pour un internaute de pouvoir récupérer une partie de ses données soit pour les transmettre à un tiers ou les réutiliser à des fins personnelles. Cette prérogative est désormais connue par quatre internautes sur dix et 15% d'entre eux ont déjà exercé un tel recours. L'étude précise tout de même que ces chiffres sont sûrement dus à l'effet de "découverte".

 

L'étude a choisi d'interroger le panel sur leur rapport aux systèmes de recommandations automatiques basés sur des historiques d'achat ou de navigation. 80% des personnes estiment que "ces algorithmes sont trop intrusifs". Près d'un tiers apprécient ces outils pour "leur pertinence et leur gain de temps". Ces "algorithmes de recommandation" permettent à 20% des sondés de découvrir de nouveaux produits mais ils enferment environ 10% des internautes dans une bulle informationnelle.

 

Une "lente adoption" des objets connectés

L'étude s'attarde aussi sur l'intelligence artificielle. Or elle ne prend pas le temps de définir cette notion, pourtant pas toujours très simple à appréhender. Le document prend l'exemple des assistants vocaux, même si, selon l'étude, c'est "une forme d'IA que peu répandue". Il en ressort que 28% des internautes français disposent d'un objet connecté à commande vocale. Pour cette étude, la raison de cette "lente adoption" serait le manque de confiance des utilisateurs envers ces dispositifs. Une conclusion qui n'est pas étayée. Du côté des possesseurs d'objets, 68% des répondants déclarent avoir conscience de fournir leurs données personnelles lorsqu'ils utilisent des appareils connectés. De ce fait, 62% d'entre eux règlent les paramètres de ces objets.

 

*L'étude a été menée auprès d'un échantillon de 2017 internautes âgés de 15 ans et plus, représentatifs de la population internaute. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, tranche d’âge en 5 classes, CSP en 5 classes et région Paris-Province) sur la base de l’enquête de référence de la population d’internautes en France, l’Observatoire des Usages Internet.

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

naphtes
03/11/2019 14h53 - naphtes

Objets connectés : = le processus d'obsolescence de l'homme, rien ne l'arrêtera, sauf le réchauffement climatique, qui peut nous tuer avant

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