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Les géants technologiques en lice pour développer une plateforme d'analyse pour la surveillance migratoire

Vu ailleurs La très controversée agence américaine de contrôle de l'immigration (ICE) développe une plateforme d'analyse de données dédiée à la surveillance migratoire. Opérationnel depuis 2018, ce dispositif doit faire l'objet d'un nouveau cycle de maintenance. Trois contrats d'une valeur totale de 300 millions de dollars sont en jeu. Plus de 200 entreprises, dont Google, Microsoft, Amazon et IBM espèrent être sélectionnées.
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Les géants technologiques en lice pour développer une plateforme d'analyse pour la surveillance migratoire
Les géants technologiques en lice pour développer une plateforme d'analyse pour la surveillance migratoire © ICE

Plus de 200 grandes entreprises technologiques ont participé à un événement organisé en avril dernier par l'Immigration and Customs Enforcement (ICE), l'agence américaine de police douanière et de contrôle des frontières du Département de la sécurité intérieure, rapporte Business Insider. Elle y présentait le développement d'une plateforme d'analyse des données dédiée à la surveillance migratoire. Google, Microsoft, Amazon, IBM, Cellebrite, Dell, Nokia ou encore Snowflake y étaient présents.

Créée en mars 2003 en vertu du Homeland Security Act à la suite des attentats du 11 septembre 2001, l'ICE a une réputation controversée. Traquant les personnes en situation irrégulière sur le sol américain, l'agence a déployé des méthodes décriées par les associations de défense des droits humains et considérées comme déloyales, comme le révélait un document publié par The Intercept en juillet 2019. Les agents de l'ICE utiliseraient par exemple de faux prétextes pour procéder à des arrestations, comme se faire passer pour les forces de l'ordre locales ou le représentant d'une entreprise.

Collecter et analyser des données
Baptisé RAVEn, pour Repository for Analytics in a Virtualized Environment, ce dispositif est opérationnel depuis 2018. Il a pour objectif de soutenir les missions de l'ICE grâce à une collecte et une analyse d'immenses quantités de données. Il doit également permettre à l'agence de développer de nouveaux outils pour décrypter les tendances de la criminalité.

Les données qui alimentent RAVEn proviennent d'Internet, qu'elles soient publiques ou privées, ainsi que de "partenaires du secteur privé", peut-on lire dans la documentation de l'ICE. Sont concernés les photographies et les vidéos de surveillance, les données biométriques telles que les empreintes digitales, la localisation ainsi que les données financières, diverses informations provenant des réseaux sociaux et des documents officiels d'identité. 

Les agents de l'ICE peuvent utiliser la plateforme pour détecter des fraudes dans les documents d'immigration, identifier des réseaux criminels, cartographier les liens entre des suspects et constituer des dossiers pour de futures mises en accusation. 

Trois contrats pour le développement et la maintenance
Concernant le calendrier, d'ici fin septembre, l'ICE doit attribuer trois contrats d'une valeur totale de 300 millions de dollars pour le développement et la maintenance de RAVEn jusqu'en 2025. Raison pour laquelle de nombreuses entreprises se sont déplacées à la journée consacrée à la présentation de ce futur marché. 

Des employés d'Amazon et de Google ont déjà protesté contre des projets similaires. En 2019, des salariés travaillant chez Amazon ont appelé l'entreprise à cesser de travailler avec Palantir. Accusée de surveillance de masse en particulier aux Etats-Unis, cette entreprise est un partenaire stratégique du gouvernement américain (NSA, CIA, FBI, forces armées...).

En 2020, à la suite de la mort de George Floyd lors d'une interpellation à Minneapolis, 1650 salariés de Google ont signé une lettre ouverte demandant à la société d'arrêter de vendre sa technologie aux forces de l'ordre. Ils visaient en particulier un contrat de cloud computing signé avec le service de police de Clarkstown dans l'Etat de New York.

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