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Les grands chantiers numériques de la Polynésie française

A  l’occasion de la cérémonie d’ouverture du Festival Digital Tahiti, qui se tient jusqu’au 19 octobre 2019 à Papeete, acteurs institutionnels et organisateurs sont revenus sur le chemin parcouru par la Polynésie française en matière de transformation numérique… et sur les défis restant à relever. Des chantiers qui impliquent la collaboration entre pouvoirs publics et acteurs privés sur un territoire aux nombreuses spécificités.
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Les grands chantiers numériques de la Polynésie française
Les grands chantiers numériques de la Polynésie française © Digital Festival Tahiti

C’est la 3e édition du Festival Digital Tahiti. Inauguré le 16 octobre 2019, l’événement a réuni plusieurs acteurs institutionnels pour son premier jour, aux côtés de chefs d’entreprises, de start-uppers et d’étudiants, institutionnels et organisateurs. On comptait notamment Dominique Sorain, Haut-Commissaire de la République en Polynésie française, Edouard Fritch, Président de la Polynésie, Tea Frogier, ministre en charge du Numérique, Olivier Kressmann, président du Festival… mais aussi Vaimua Muliava, membre du gouvernement calédonien en charge du Numérique. Ils ont lancé ensemble cette édition tournée vers la promotion de la #Tech4Islands.

 

Maîtriser les spécificités d'un territoire isolé et fragmenté

Déposé à l’INPI (Institut national de la propriété industrielle), ce nom a vocation à devenir une marque pour les futures technologies ou projets conçus pour apporter des solutions aux enjeux des îles. Que signifie "Tech4Islands" ? Sous cette vision, inspirée du Tech for Good, se cache "une formidable opportunité de désenclaver nos îles, de renforcer leur résilience, pour en faire des Smart Islands interconnectées, créatrices d’emplois nouveaux, inclusives et engagées dans un développement écoresponsable, innovant et solidaire", résume l’association. Une "plus grande ambition", selon Olivier Kressmann, puisqu’il s’agit aujourd’hui de "décliner l’innovation pour les enjeux de nos îles".

 

Incarnation de cette vision : le concours #Tech4Islands Awards, qui a mobilisé 66 candidatures en provenance de dix pays différents. Une première, saluée par Dominique Sorain comme un "bel exemple de rayonnement et de réussite, qui montre la richesse et l’inventivité du territoire".

 

Car dans le monde très dense de la transformation numérique, la Polynésie française occupe une place à part. Territoire insulaire situé à plus de 15 000 km des côtes métropolitaines, elle doit aussi composer avec une configuration fragmentée : 5 archipels, 118 îles, 48 municipalités, pour une surface de 5,5 millions de km2. Une configuration particulière, résumée ainsi par son Président, Edouard Fritch. "Pour la Polynésie française, le tout-digital, c’est avant tout relever le défi de sa géographie". Pour Dominique Sorain, "le numérique permet de combler la discontinuité du territoire, d’affranchir les distances. C’est un formidable levier pour améliorer les conditions de vie".

 

Haut débit et inclusion numérique

La technologie peut considérablement changer certaines problématiques du quotidien - on pense à des applications très concrètes comme la télémédecine, l’éducation et la formation à distance ou encore la dématérialisation des documents, bien utile dans un pays où l’envoi et la réception de courrier est soumis à bon nombre d’aléas. Mais elle demande certains moyens dans sa mise en oeuvre. Infrastructures et réseaux solides, taux d’équipement suffisant pour la population, développement des compétences… "Tech4Islands fait écho à l’égalité, la continuité et l’adaptabilité des services publics", ajoute Edouard Fritch. Autrement dit, à la collectivité de se mobiliser pour mettre le numérique au service des citoyens.

 

Pour ce faire, le Président de la Polynésie a ainsi annoncé une batterie de mesures afin de renforcer l’égalité numérique. Le système de communication à haut débit par câbles sous-marins à fibre optique, Manatua, qui va relier Polynésie à Niue, aux Samoa et aux îles Cook, sera mis en service en juin prochain. Il fait suite au câble Natitua, qui relie les Îles Australes à Tahiti, et Honotua, de Tahiti à Hawaï. "Nous pourrons alors affirmer que l’égalité et la continuité numérique est une réalité", se réjouit-il. Des investissements coûteux, qui permettront aux quelque 280 000 Polynésiens d’accéder au haut débit.

 

Autre annonce : l’Aide à l’inclusion digitale (AID), qui permet de soutenir les associations d’aide à  l’emploi, de soutien de personnes en handicap ou isolées en finançant par exemple l’achat de matériel, sera élargie pour les entreprises de moins de cinq salariés. Les DAD (pour dispositif d'aide au digital) qui visent à soutenir les start-up, vont bénéficier quant à elles d’une réforme structurelle afin de couvrir désormais les sociétés de moins de vingt salariés.

 

Pour se prémunir des comportements numériques malveillants, des campagnes de protection et de sensibilisation vont également être mises en place auprès des petites entreprises et des jeunes Polynésiens. Enfin, la protection des données de l’administration sera renforcée avec une personne dédiée dans chaque service et la nomination d’un délégué.

 

Un chemin encore long

Pour atteindre l’ambition d’un archipel connecté, l’ensemble des acteurs doit travailler main dans la main d'après le Président de la Polynésie française. "Nous pouvons aller plus loin en favorisant le travail collaboratif entre les sphères publiques et privées", poursuit-il. "La mise en place d’un écosystème est un préalable au développement", ajoute Dominique Sorain. 

 

Si la Polynésie française fait aujourd’hui valeur d’exemple pour son dynamisme et son écosystème, le chemin est encore long. "L’impact du numérique est considérable, mais il est loin d’avoir exploré toutes les possibilités", prévient-il. En 2017, 75% des ménages avaient accès à l’Internet fixe et 50% des entreprises étaient connectées à Internet.

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