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Les hôpitaux de Marseille collaborent avec la start-up Poietis pour l'impression 3D de tissus humains

Le laboratoire de culture et thérapie cellulaire de l'AP-HM veut accélérer sur la bio-impression de tissus humains. Elle s'est dotée d'une nouvelle imprimante 3D développée par Poietis, qui commercialise sa peau artificielle. Grâce à cette technologie, les équipes marseillaises souhaitaient en particulier soigner les grands brûlés à partir de leurs propres cellules. 
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Les hôpitaux de Marseille collaborent avec la start-up Poietis pour l'impression 3D de tissus humains
Les hôpitaux de Marseille collaborent avec la start-up Poietis pour l'impression 3D de tissus humains © Poietis

Le laboratoire de culture et thérapie cellulaire (LCTC) de l'Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille (AP-HM) annonce le 24 novembre 2021 s'être équipée d'une imprimante 3D spécialisée dans la fabrication de tissus biologiques implantables. Cette machine a été développée par la start-up Poietis, basée à Pessac près de Bordeaux, avec qui les hôpitaux marseillais collaborent depuis 2020.

Une procédure standardisée 
La plateforme de bio-impression Next Generation Bioprinting (NGB) offre un environnement complètement aseptique et une technologie assistée par laser et impression 3D de biomatériaux par extrusion à partir des cellules du patient. Elle n'a pas été choisie par hasard : elle offre une procédure standardisée, rapide et abordable, d'après l'AP-HM. Ainsi, "le débit d'impression (…) a été augmenté d'un facteur 1000, ce qui permet d'imprimer un substitut de peau de 40cm² en quelques heures", expliquent les partenaires dans leur communiqué.

Aujourd'hui, il n’existe aucune technique en pratique quotidienne permettant de remplacer efficacement la greffe de peau prélevée sur le patient lui-même. Or, ce procédé nécessite un acte chirurgical spécialisé pouvant laisser d’importantes cicatrices. En outre, tous les patients ne peuvent pas bénéficier d’une autogreffe, notamment lorsque les lésions sont trop importantes comme chez les grands brûlés.

Les grands brûlés, traumatismes graves, maladies neurodégénératives...
La bio-impression permet de "reconstruire, avec le minimum de séquelles, les patients nécessitant une greffe comme les grands brûlés ou les victimes de traumatismes graves", détaille Maxime Abellan-Lopez, chirurgien plastique de l'AP-HM. Du côté de Poietis, c'est l'occasion de "d'accélérer le développement de [son] portefeuille de tissus bio-imprimés implantables pour la cicatrisation, dans le domaine ostéo-articulaire et pour le traitement des maladies neurodégénératives", explique Bruno Brisson, co-fondateur et directeur business development de la jeune pousse. 
 


L'équipe du laboratoire marseillais va finaliser la validation du procédé de fabrication du substitut de peau avec la technologie de Poietis. Puis, elle pourra débuter dès 2022 un essai clinique qui sera réalisé avec le soutien du service de chirurgie plastique et réparatrice ainsi que le Centre interrégional des grands brûlés de l'AP-HM.

Mais l'impression de peau humaine n'est qu'une étape, d'après Jérémy Magalon,  pharmacien biologiste au LCTC, qui imagine déjà la fabrication de "tissus plus complexes au plus près du patient". "On peut imaginer que les grands centres hospitaliers soient tous équipés de bio-imprimantes dans le futur", ajoute-t-il.

Le fruit de recherches avec l'Inserm et l'Université de Bordeaux
La technologie de Poietis est le fruit de recherches pendant près de 10 ans au sein de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et de l'Université de Bordeaux. Les premiers travaux ont débuté en 2005 et l'entreprise a déposé son premier brevet en 2010. C'est en 2018 qu'elle a annoncé la première commercialisation de son modèle de peau, baptisé "Poieskin", qui s'adresse à l'industrie pharmaceutique et cosmétique, aux hôpitaux... L'entreprise, qui compte 34 personnes, a réalisé plusieurs campagnes de financement participatif.

La médecine régénérative n'est pas le seul secteur où Poietis opère. Il collabore par exemple avec l'Oréal dans la bio-impression du cheveu, plus spécifiquement d'un follicule pileux (l'organe qui produit le cheveu). L'objectif est d'ouvrir de nouveaux champs dans la connaissance du cheveu et de disposer de tests d'efficacité sur des échantillons de cheveu "imprimés" à partir de cellules.

Poietis a aujourd'hui pour ambition de déployer ses bio-imprimantes dans 80 centres dans le monde d'ici 2025, sur un total d'environ 800 sites pré-identifiés.

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