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Les hôpitaux lyonnais misent sur la télésurveillance pour suivre les patients diabétiques

Un centre dédié au diabète de type 1 vient de s'ouvrir à Lyon en dehors du CHU. En plus des activités traditionnelles de consultation et de recherche clinique, DIAB-eCARE possède un module consacré à la télésurveillance des patients, rendue possible grâce à un partenariat avec la start-up française Diabnext.
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Les hôpitaux lyonnais misent sur la télésurveillance pour suivre les patients diabétiques
Les hôpitaux lyonnais misent sur la télésurveillance pour suivre les patients diabétiques © Pixabay

Pour la première fois en France, un centre de prise en charge dédié uniquement au diabète vient de voir le jour à Lyon. "DIAB-eCARE" est rattaché aux Hospices Civils de Lyon (HCL) mais se trouve à l'extérieur des 13 établissements que composent le deuxième centre hospitalier universitaire de France.

Installé dans la maison de santé Medicina Rockefeller, ce centre mise sur la télésurveillance pour suivre au mieux les patients diabétiques de type 1, maladie auto-immune qui se caractérise par une absence totale et définitive de production d'insuline. DIAB-eCARE comprend également des activités plus classiques de consultation, d’éducation thérapeutique et de recherche clinique. 

Un partenariat avec Diabnext
Le centre a tissé un partenariat avec Diabnext. Cette start-up française commercialise des dispositifs connectés adaptables à tous les stylos et pompes à insuline. Grâce à un transmetteur Bluetooth, les données recueillies par ces capteurs sont directement envoyées dans un "e-carnet" intégré dans une application mobile dédiée.

"Notre centre prend en charge deux types de télésuivi" qui correspondent aux types de traitement de la maladie chronique, explique le Professeur Charles Thivolet, chef de service du centre du diabète DIAB-eCARE et à l’origine du projet. Le premier regroupe les patients ayant une pompe à insuline et le second ceux équipés d'un stylo. Pour être éligible à cette surveillance, un certain nombre de critères doivent être remplis une fois que le patient a donné son accord express.

Une fois mise en place, cette télésurveillance est gérée par une équipe d'infirmiers et infirmières du centre qui suit à distance les données médicales provenant des capteurs Diabnext via une plateforme dédiée. "L'équipe peut par exemple voir le moment où la personne diabétique fait son injection et la dose", explique le médecin. A travers une messagerie, les soignants peuvent échanger avec les patients pour les alerter d'une situation anormale au regard des informations reçues via l'application mobile. "C'est un outil éducatif d'échange", résume-t-il.
 


Mesurer l'insuline et le glucose pour un meilleur suivi
Si ce centre a choisi la solution de cette jeune pousse française et pas une autre, c'est pour une raison bien particulière. En effet, le Professeur indique que la plateforme de Diabnext inclut la courbe de l'insuline et du glucose. "Il est important d'avoir les deux paramètres de façon à conseiller l'adaptation de l'insuline pour améliorer le glucose", précise-t-il.


S'il est indispensable de suivre très minutieusement ces données, c'est parce qu'un taux de sucre dans le sang trop bas peut avoir des conséquences très graves comme la perte de connaissance, des convulsions voire un coma. Sur le moyen terme, une mauvaise gestion de la maladie peut provoquer des complications dans le reste du corps humain "au niveau des yeux et des reins", précise le chef de service du centre.

Intégrer le soin dans la vie des jeunes patients
Le diabète de type 1 peut toucher des personnes de n'importe quel âge. Le choc est d'autant plus violent chez des sujets jeunes qui voient leur quotidien basculé par le diagnostic de cette maladie. Et justement, à ce sujet, la télésurveillance permet de ne pas trop modifier leur vie quotidienne. Avec DIAB-eCARE, "nous sommes dans le soin digital avec la possibilité d'apporter des conseils que d'habitude nous ne donnons qu'à l'occasion d'une consultation tous les six mois, déclare Charles Thivolet. Nous changeons notre façon de suivre les patients par cette technologie". Mais il précise bien que le télésuivi n'est qu'un "maillon du soin" et que pour être vraiment utile, "il doit pleinement s'intégrer dans la prise en charge et dans l'équipe soignante". C'est tout l'intérêt de ce centre car il repose sur une équipe entièrement dédiée au diabète avec des médecins, des infirmiers, des nutritionnistes… qui a été formée pour utiliser les outils connectés.

En tant de crise sanitaire, ce centre permet également aux patients de ne pas se déplacer jusqu'aux hôpitaux où les risques de contamination sont plus élevés. Pendant le pic épidémique, "nous avons vu l'importance des solutions technologiques pour accéder aux données", explique Charles Thivolet qui précise que ce sont désormais aux patients de s'habituer à faire remonter leurs informations médicales vers les médecins.

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