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Tous les indépendants ne veulent pas de l'assurance-chômage obligatoire que le Président leur a promise

Étude Rendre le travail indépendant plus proche du salariat pour que les parcours de vie ne soient pas empêchés par des histoires de statuts, cela semble relever du bon sens.  Mais cela a un coût et il n'est pas sûr que cela soit le souhait des principaux intéressés. Ainsi en est-il de la promesse présidentielle d'une assurance-chômage. Interrogés par la plateforme numérique Malt et le collectif Ouishare, les indépendants ne manifestent pas un grand enthousiasme. 

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Tous les indépendants ne veulent pas de l'assurance-chômage obligatoire que le Président leur a promise
Pôle Emploi va-t-il ouvrir ses portes aux travailleurs indépendants pour les indemniser ? © Pole Emploi Flickr CC

C’était une des promesses du candidat Emmanuel Macron : ouvrir le régime du chômage aux travailleurs indépendants, une proposition qui semblait faire l’objet d’un certain consensus chez les "experts". De nombreux travaux publiés ces dernières années ont insisté sur la nécessité de rapprocher le régime des salariés de celui des indépendants pour créer une continuité de la protection sociale, alors qu’on anticipe à l’avenir de nombreux passages du monde du salariat à celui de l’indépendance.

 

La plateforme numérique Malt et Ouishare, le collectif s’intéressant à l’économie collaborative, ont publié une étude sur les attentes des freelances qui utilisent Malt pour trouver des clients (à moins que ce ne soit l'inverse : les clients qui trouvent des indépendants grâce à la plateforme). L’assurance-chômage ne fait pas vraiment partie de leur priorité. Si la simplification de la protection sociale figure en tête et est citée par 52 % des personnes interrogées, il s’agit de la mutuelle et de la prévoyance. Ex-aequo figure la question du logement pour les indépendants qui ont encore trop souvent du mal à trouver un logement à louer ou à acheter.

 

Une assurance-chômage : oui mais optionnelle

Quant à la question du chômage, une majorité des indépendants (59%) ne veut pas d’une assurance qui deviendrait obligatoire. Autrement dit, ils ne veulent pas d’une cotisation supplémentaire qui viendrait grever leurs revenus. Et ce d’autant plus que la perspective du chômage semble éloigné d’eux. En effet, les métiers liés au code informatique, c’est-à-dire ceux où les free-lances sont les plus demandés, rejettent massivement cette possibilité. 71 % d’entre-eux déclarent préférer une assurance-chômage optionnelle plutôt qu’obligatoire. Les indépendants exerçant des métiers créatifs (designers, graphistes, réalisateurs….) ne sont "que" 61 % à préférer cette option. C’est dire qu’eux-aussi ne sont pas majoritairement favorables à une cotisation obligatoire, alors que depuis quelques années des mécanismes d'assurance privée se sont développés pour couvrir les plus averses au risque.

 

Pour intéressant qu’il soit, ce résultat doit être relativisé. D'abord, les indépendants interrogés sont particuliers : on ne trouve pas de chauffeur de VTC par exemple. En outre, il n’est peut être pas très étonnant que les freelances installés préfèrent un régime optionnel à un régime forcé. Ils savent quels sont leurs revenus et leurs dépenses pour la protection sociale. Ils peuvent donc penser que le chômage "ça n’arrive qu’aux autres". 

 

Des indépendants qui se sentent incompris

Le projet d’assurance-chômage obligatoire n’est peut-être pas destiné en priorité à ce publi- là, mais plutôt à tous les salariés et aux chômeurs qui hésitent à se lancer dans un projet d’indépendant par peur de perdre tous leurs droits. Les annonces de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, sur le sujet, devrait refroidir les ardeurs. Elle a indiqué que l’assurance-chômage des indépendants consisterait en une indemnité de 700 à 800 euros versés pendant six mois. Pas sûr que cela améliore un autre point révélé par l’étude réalisée par Malt et Ouishare : seulement 13 % des indépendants se sentent compris dans le débat public, social et économique. Les optimistes verront qu’ils n’étaient que 3 % dans cette situation l’an dernier.

 

 

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