Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Les industriels, des prises de guerre dans la bataille des réseaux pour objets connectés

Sigfox et LoRa tentent d’attirer des clients industriels pour faire grossir rapidement le parc d’objets qu’ils connectent.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Les industriels, des prises de guerre dans la bataille des réseaux pour objets connectés
Ludovic Le Moan a fondé Sigfox en 2010.

Dans la bataille des réseaux que se livrent Sigfox et l’alliance LoRa, les industriels sont des prises de guerre stratégiques. Les promoteurs des technologies de connectivité bas débit longue portée savent que, en les enrôlant, ce sont des dizaines de milliers d’objets qu’ils pourraient ajouter d’un coup à leur tableau de chasse.

La plupart de ces clients potentiels débutent à peine leurs expérimentations et n’ont pas choisi leur camp. Parfois, le sujet divise en interne. Jean Paoletti, le directeur général Pyrénées Sud d’ERDF, se souvient que son choix de tester la technologie Sigfox près de Toulouse n’a pas fait l’unanimité. "Il y avait des contestataires au sein de l’entreprise qui avaient de gros doutes sur cette technologie, explique-t-il. On a contre-argumenté, certains sont venus voir sur place, et on a réussi à avancer de façon pragmatique". La majorité des entreprises se veulent pour l’instant agnostiques, préférant laisser leurs clients décider. Qowisio, une start-up qui déploie son propre réseau, juge ces batailles technologiques "inutiles" et annonce sa compatibilité avec LoRa. De son côté, Schneider Electric, bien que membre de cette alliance, développe également des capteurs compatibles Sigfox, au cas où.

Sigfox a tout de même réussi à faire entrer les industriels Eutelsat, Air liquide et Engie à son capital. "Une façon de prouver notre crédibilité", résume Ludovic Le Moan, son fondateur. Mais la traduction de cet investissement en synergies et projets concrets se fait attendre. Pour l’instant, seul Engie a décidé de créer une division pour déployer le réseau Sigfox… en Belgique.

 

Archos et M2ocity, les challengers

Frileuses, les grandes entreprises françaises ? Ludovic Le Moan ne manque jamais une occasion de s’en plaindre. "C’est un gros problème dans notre pays, peut-être psychologique. Il est très difficile pour des start-up de travailler avec de gros industriels." Sa critique vise surtout les opérateurs télécoms hexagonaux qui le boudent depuis sa création, alors que Sigfox collabore avec l’espagnol Telefonica et le japonais NTT Domoco. Pour contourner le problème, il mise à fond sur les start-up. Avec l’espoir d’entrer chez les industriels par leur intermédiaire ?

De son côté, l’alliance LoRa, lancée en janvier dernier, compte déjà des industriels français parmi sa centaine de membres : Schneider Electric, Sagemcom, EDF, Kerlink et Eolane. Des réseaux basés sur cette technologie sont actuellement installés par Orange, Bouygues Télécom… et bientôt un nouveau venu dans ce secteur : Archos. Le fabricant de produits électroniques va déployer, d’ici à la fin 2016, 200 000 prises électriques servant de mini-passerelles réseau dans toute l’Europe.

LoRa se veut le champion des usages industriels, comme le télérelevé de compteurs. Sur ce marché est présent un autre acteur méconnu : M2ocity, la coentreprise d’Orange et de Veolia. Sans faire de bruit, il connecte déjà 1,6 million d’objets dans 2 000 villes en France – davantage que ses deux concurrents – et ne cache plus ses ambitions dans le bâtiment intelligent et la smart city. Avec la 5 G, attendue pour 2020, et qui comportera une couche de connectivité pour objets connectés, les industriels vont avoir l’embarras du choix

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media